Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré

Country
Niger
Inscribed in
1991
Criteria
(vii)
(ix)
(x)
The conservation outlook for this site has been assessed as "critical" in the latest assessment cycle. Explore the Conservation Outlook Assessment for the site below. You have the option to access the summary, or the detailed assessment.
C'est la plus grande aire protégée d'Afrique, avec 7,7 millions d'hectares. La zone considérée comme sanctuaire protégé n'en représente que le sixième. Elle comprend le massif éruptif de l'Aïr, îlot sahélien isolé dans le désert saharien du Ténéré par son climat, sa flore et sa faune. Les réserves possèdent un ensemble exceptionnel de paysages, d'espèces végétales et d'animaux sauvages.
© UNESCO
© Peter Howard

Résumé

2020 Conservation Outlook

Finalised on
02 déc 2020
Critiques
Le site est dans une situation critique et a déjà perdu une partie de ses valeurs naturelles avec la disparition de l'Oryx algazelle, de l'Autruche d'Afrique du Nord et probablement de l'Addax. Les principales menaces qui pèsent sur le bien sont le braconnage, la coupe illégale de bois et l'orpaillage qui si elles ne sont pas traitées rapidement avec les moyens nécessaires risquent de compromettre la VUE du bien de manière irréversible. La croissance démographique constitue également une menace potentielle inquiétante sur l'utilisation des ressources naturelles ainsi que l'absence de contrôle des activités d'orpaillage dans et en périphérie du bien. Toutefois, il existe des motifs de satisfaction avec le retour progressif de la sécurité dans la zone qui a permis à l'Etat partie de mettre en place une unité de gestion et en collaboration avec la population locale de reprendre les activités de suivi écologique, de sensibilisation et surtout de lutte anti-braconnage et de protection des ressources naturelles. Toutefois étant donné l'ampleur des menaces, pour y faire face à court et moyen terme, l'Etat Partie devra mettre les moyens humains et logistiques bien plus importants qu'à l'heure actuelle. Le bien aura également besoin du soutien de la communauté internationale pour évaluer avec précision l'état de conservation des principales espèces et de leurs habitats tout en considérant les capacités de résilience importante du bien. Cela permettra de mettre en place des actions de conservation appropriées et des plans de restauration de certaines populations telles que l'addax, la gazelle dama ou encore l'autruche d'Afrique du Nord. Par ailleurs l’assistance international dont dispose le bien pour actualiser son plan de gestion pourrait constituer une opportunité de relancer la gestion opérationnelle du bien à travers un plan d’actions qui intègre les priorités actuelles de gestion en termes de surveillance et de suivi écologique.

Current state and trend of VALUES

Critical
Trend
Deteriorating
Avec la disparition de l’oryx, l'autruche d'Afrique du Nord et probablement de l’addax du bien, l’état des populations de la faune sauvage sahélo-saharienne est très inquiétant. La gazelle dama a quant à elle trouvé refuge sur le massif de Takoulkouzet où l'on retrouve également la gazelle dorcas et le mouflon à manchettes. Les effectifs de principales espèces ont ainsi décliné sur l'ensemble du bien et en dépit des efforts récents de l'Etat partie en matière de suivi écologique, il est primordial d'améliorer le niveau de connaissance actuel sur l'état de conservation des principales espèces en suivant les méthodes de recensement recommandées par la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN, fournissant des données fiables afin de déterminer les activités prioritaires de conservation à réaliser sur une zone restreinte du bien.

Overall THREATS

Very High Threat
Le braconnage est la principale menace pour l'Aïr Ténéré. Gazelles dorcas, mouflons à manchettes et outardes nubiennes et dans une moindre mesure la gazelle dama en raison de sa rareté sont les espèces actuellement concernées par le braconnage. L'insécurité qui règne dans la zone en raison des problèmes en Libye et dans le Sahel en général a eu un impact sur les capacités de gestion et de protection des autorités nigériennes dans la réserve qui sont néanmoins en train d'y remédier mais pas assez rapidement. Le site est aussi menacé par une combinaison d'activités (l’agriculture, le pâturage et la coupe de bois) qui ensemble affectent les valeurs pour lesquelles il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial. La demande croissante des zones périphériques en ressources ligneuses pour les centres urbains et les sites aurifères est également une préoccupation majeure. L'érosion, la désertification, les inondations sont en partie liées à ces activités (auxquelles il faut certainement ajouter les changements climatiques). Elles sont responsables des modifications des attributs paysagers, de la dynamique des écosystèmes et des pertes de biodiversité. La carence en moyens humains, logistiques et financiers joint à la faiblesse du contrôle du site favorise les activités illégales et renforce les pressions. Enfin, les activités d'orpaillage dans le site au niveau du mont Takoulkouzet en sérieuse augmentation depuis 2018 constituent une menace très sérieuse pour la faune et en particulier pour la survie d'une des 3 dernières populations de gazelle dama à l'état sauvage, en danger critique d'extinction.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Serious Concern
L'absence d’un plan de gestion, de financement, et la superficie conséquente du bien de 7,7 millions d’ha ne permet pas la gestion du site. L'efficacité de gestion est faible aussi en raison du faible effectif des agents de l'unité de gestion et de manque d'équipements (véhicule, carburant, communication) des personnels de gestion. Il faut reconnaître les efforts de l'Etat Partie mis en place depuis 2013 mais c'est encore très insuffisant face aux menaces existantes et à la taille du bien à protéger. L'implication des certains leaders locaux dont un ancien chef rebelle dans la conservation du bien et présent à la plupart des missions de l'unité de gestion est cependant un atout très important qui a eu un impact positif sur le braconnage. Il manque encore des moyens importants pour assurer une gestion efficace du bien et assurer l'implication des populations locales dans le modèle de gestion. Des besoins financiers supplémentaires sont essentiels pour consolider les efforts mis en place par l'Etat Partie et la volonté notable de la population à conserver leur patrimoine. (UNESCO 2016, 2017). Par ailleurs, l’assistance internationale du Fonds du patrimoine Mondial accordée au bien pour l’actualisation de son plan de gestion, pourrait être une opportunité pour définir les priorités de gestion et mettre en œuvre un plan d’actions en conséquence (Etat Partie du Niger, 2020).

Full assessment

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Finalised on
02 déc 2020

Description of values

Un assemblage remarquable d'écosystèmes reliques combiné à des paysages exceptionnels d'Aïr

Criterion
(vii)
L'Aïr constitue une enclave sahélienne entourée par un désert saharien, formant ainsi un assemblage remarquable d'écosystèmes reliques combinés avec des paysages de montagnes et de plaines d'intérêt et de valeur esthétique exceptionnels (World Heritage Committee, 2010).

Les dunes vivantes du désert du Ténéré

Criterion
(vii)
Le déplacement et les dépôts de sable des dunes vives modifient rapidement le paysage du Ténéré. Les montagnes de marbre bleu confère à cette région un intérêt esthétique exceptionnel (World Heritage Committee, 2010).

Le dernier bastion de la faune sauvage sahélo-saharienne du Niger, avec une grande variété d'habitats

Criterion
(ix)
La Réserve de l'Aïr et du Ténéré constitue un des derniers bastions de la faune sauvage sahélo-saharienne du Niger. L'isolement de l'Aïr et la très faible présence humaine expliquent la survie dans cette région de nombreuses espèces qui ont été éliminées ailleurs dans le Sahara et le Sahel. Le Bien contient aussi une grande variété d'habitats (dunes vives, dunes fixées, regs, vallées à falaises, canyons, hauts plateaux, points d'eau permanents tels que les gueltas) nécessaires à la conservation de la diversité biologique sahélo-saharienne (World Heritage Committee, 2010).

Faune importante du Sahara

Criterion
(x)
Le Bien contient d'importants habitats naturels pour la survie des 4 espèces d'antilopes du désert saharien placées sur la Liste Rouge de l'UICN: la Gazelle dorcas (Gazella dorcas) VU, la Gazelle Dama (Nanger dama) CR, l'Addax (Addax nasomaculatus) CR et le Mouflon à manchettes (Ammotragus lervia) VU. Environ 1/6 de la Réserve bénéficie du statut de sanctuaire pour la protection de l'Addax bien qu'il n'y ait plus de preuve de présence de l'addax depuis une dizaine d'année. Le Bien contient encore des populations d'ongulés du Sahara et de carnivores comme le Fennec (Vulpes zerda), le Renard de Rüppell (Vulpes rueppellii), la hyène rayée (Hyaena hyaena), le Ratel (Mellivora capensis) et possiblement le Guépard (Acinonyx jubatus) bien qu'aucun signe de présence n'ait été enregistré ces dernières années. Le massif de l'Aïr constitue aussi une zone de passage pour un grand nombre d'oiseaux migrateurs afrotropicaux et paléarctiques. Au total, 40 espèces de mammifères, 165 espèces d'oiseaux, 18 espèces de reptiles et une espèce d'amphibiens ont été identifiées dans la Réserve (World Heritage Committee, 2010; MEDD, 2017).

Flore importante du Sahara

Criterion
(x)
Pour la flore, le site contient des espèces caractéristiques du biome saharien telles que plusieurs espèces d'Acacia (genre recemment remplacé par Vachellia pour les espèces en Afrique; Acacia ehrenbergiana, Acacia raddiana) ou encore les arbres Balanites aegyptiaca et Maerua crassifolia, ainsi que des espèces dites sahéliennes comme le Ziziphus mauritania et le Boscia senegalensis. On remarquera également la présence de plantes caractéristiques de la zone méditerranéenne avec l'olivier sauvage Olea europaea. Dans les vallées plus grandes où l'eau coule et il existe des réservoirs alluviaux abondants, un habitat très spécifique s'est développé, associant une strate dense de ligneux avec notamment le Palmier doum, le Palmier dattier, Acacia albida, Acacia nilotica, Salvadora persica, et une strate herbacée avec par exemple Panicum turgidum et Stipagrostis vulnerans dans les zones plus désertiques (World Heritage Committee, 2010; MEDD, 2017).

Assessment information

Very High Threat
Le braconnage est la principale menace pour l'Aïr Ténéré. Gazelles dorcas, mouflons à manchettes, gazelles dama et outardes Nubienne et Arabe sont les espèces actuellement concernées par le braconnage. L'utilisation abusive des ressources ligneuses (ramassage de bois mort et coupe de bois vert) pour les populations locales et surtout périphériques soient les centres urbains tels qu'Agadez et Arlit ainsi que les sites aurifères constitue une menace grandissante et très préoccupante. La prolifération des espèces envahissantes notamment le Prosopis juliflora ou le Calotropis procera (espèce indicatrice d'anthropisation) affectent aussi les valeurs paysagères et naturelles du bien.
Invasive Non-Native/ Alien Species
(Espèces exotiques envahissantes)
Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
L'arbre Prosopis juliflora est une importante espèce envahissante pour le site. La population locale estime qu'il y a une forte perte de biodiversité liée à cette espèce. L'augmentation rapide des populations de chacal doré et de lièvre du Cap serait liée à cette plante (COGERAT, 2006b). En 2019, 40ha envahis par  cette plante ont été restaurés par des groupements féminins (Etat Partie du Niger, 2020).
Logging/ Wood Harvesting
(Coupes de bois)
High Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
La disponibilité en bois est en fort déclin, due à une demande croissante et à la rareté de la ressource dans et hors du site. On estime qu'environ 94000 tonnes de bois sont extraites du site et de ses environs chaque année pour fournir les centres urbains de la région d'Agadez. Cette activité s'est notamment accrue avec l'explosion des activités d'orpaillage. En effet, bien qu'en dehors de la réserve que ce soit en direction de la Libye ou de l'Algérie, le bien est le seul endroit où l'on peut se procurer des ressources ligneuses pour le bois de chauffe. Un véritable trafic de bois s'est opéré à partir de 2014 et est heureusement en forte régression grâce aux mesures de régulation quant à l'accès des sites d'orpaillage prises par le gouvernement (UICN, 2005; MESUDD, 2015).
Crops
(Empiètements agricoles)
Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
La pression sur la terre est très élevée en particulier dans les vallées d'Iférouane, de Tin Tellous et Zomo, en relation avec l'accroissement démographique, la pauvreté, la rareté des terres agricoles (UICN, 2005).
L'accroissement des cultures vivrières et commerciales (oignon) pourraient avoir un impact négatif à moyen terme sur les ressources ligneuses de ces vallées à travers l'utilisation croissante du bois de chauffe.
War, Civil Unrest/ Military Exercises
(Insécurité)
Low Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Outside site
L'insécurité qui règne dans la zone en raison des problèmes en Libye et dans le Sahel en général a eu un impact sur les capacités de gestion et de protection des autorités nigériennes dans la réserve. Les conditions d'insécurité qui ont eu lieu lors de la dernière rébellion de 2006 à 2009 ainsi que l'insécurité résiduelle actuelle se traduisant par du banditisme armé et des risques liés à la présence de mines, ont rendu difficile la mise en œuvre des activités de gestion et des mesures correctives (UNESCO, 2012). Toutefois ces menaces diminuent année après année et les missions régulières de suivi depuis 2013 l'attestent (UICN, 2015; UNESCO, 2016).
Hunting and trapping
(Braconnage pour commercialisation et pour la subsistance)
Very High Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Outside site
Le braconnage continue d'affecter fortement le site du fait de l'insuffisance ou de l'absence de contrôle liée à la grande superficie du bien. La chasse illégale a décimé les populations d'autruche d'Afrique du Nord, d'addax et de gazelle dama durant les dernières années mais elle menace maintenant d'autres mammifères. Gazelles dorcas, mouflons à manchettes et outardes Nubienne et Arabe sont les espèces actuellement concernées par le braconnage. Le phacochère semble avoir disparu et concernant l'addax, aucun indice de présence n'a été récolté ces dernières années bien qu'il y ait des informations émanant de la population locale indiquant sa présence. D'autres espèces comme le guépard sont devenues très rares. Hormis une observation en 2011 par un éleveur dans la zone d'Away, aucun indice de présence n'a été collecté ces dernières années. Le braconnage a continué après la fin de la rébellion: le manque de surveillance et de contrôle est exploité par les braconniers équipés de matériel de chasse performants. Actuellement le braconnage s'opère surtout à moto et depuis la commune de Tabelot et Iférouane dans les vallées situées autour des monts Taghmert et Takoulokouzet. Le braconnage est essentiellement l'oeuvre des populations locales mais aussi allochtones qui transitent par la RNNAT notamment dans le cadre des activités d'orpaillage. En dépit du braconnage intense, Il existe néanmoins des petites populations notamment de gazelle dama, gazelle dorcas et de mouflons à manchettes sur le mont Takoulkouzet, très difficile d'accès pour les braconniers opérant à moto (UICN, 2005; COGERAT, 2007; MHE, 2013; UNESCO/MESUDD/SCF 2014; MESUDD, 2015).
Livestock Farming / Grazing
(Pâturage lié à la pression démographique)
Data Deficient
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
La pression sur le pâturage est en augmentation, dû à la pression démographique dans la région autour d'Agadez. Cela participe à l'érosion et à la désertification du site. Toutefois, il faut noter qu’à l’heure actuelle il manque des informations fiables sur les densités de cheptel domestique par zone et par espèce. Traditionnellement, l'élevage mobile ne constitue pas une menace en soi car les densités d'animaux domestiques sont relativement faibles et les stratégies des éleveurs reposant sur le nomadisme minimise l'impact sur les ressources végétales pastorales.

Les espèces végétales le plus souvent citées comme en régression sont : Tribulus terrestris, Eragrostis pilosa, Panicum laetum, Lasiurus hirsutus, Stipagrosis uniplumis, et Panicum turgidum. Trois espèces sont considérées comme disparues: Stipagrostis uniplumis, S. ciliata, and Teshil (nom en Tamashek). Le manque de régénération est lié à la disparition des jeunes plantes (surpâturage) et à un déficit de graines (UICN, 2005).
High Threat
L'orpaillage sur le mont Takoulkouzet, effectif durant le deuxième semestre 2016, a généré beaucoup de préoccupations sachant qu'il s'agit d'un refuge pour la faune sauvage (gazelle dama, gazelle dorcas, mouflon à manchettes et carnivores) et habituellement difficile d'accès pour les braconniers. Avec l'avènement des activités d'orpaillage, cette zone a connu une perturbation importante que ce soit à travers le dynamitage ou l'utilisation des ressources ligneuses pour le bois de chauffe. Cette activité d'orpaillage est en forte augmentation depuis 2018 et constitue une menace très sérieuse pour la survie d'une des 3 dernières populations de gazelle dama à l'état sauvage, en danger critique d'extinction.
Mining/ Quarrying
(Orpaillage)
High Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
L'orpaillage sur le mont Takoulkouzet a été effectif durant le deuxième semestre 2016 et a généré beaucoup de préoccupations sachant qu'il s'agit d'un refuge pour la faune sauvage (gazelle dama, gazelle dorcas, mouflon à manchettes et carnivores) et habituellement difficile d'accès pour les braconniers. Avec l'avènement des activités d'orpaillage, cette zone a connu une perturbation importante que ce soit à travers le dynamitage ou l'utilisation des ressources ligneuses pour le bois de chauffe. Ces activités ont été suspendues pendant un temps mais ont repris de manière plus intense en 2018 et elles représentent une réelle menace pour la dernière population de gazelles dama de l'Aïr listée en danger critique d'extinction sur la liste rouge de l'UICN et dont les effectifs à l'état sauvage n'atteignent pas 300 individus. (RZSS & IUCN SSC/ASG, 2014; MEDD, 2016). L'orpaillage illégal constitue une sérieuse menace en expansion dans l'ensemble de la région (Grégoire & Gagnol, 2017). Par ailleurs il est important de noter qu’il y’a trois blocs (Bilma, Kafra, Madaouela) d’exploitation de l’or à la périphérie du bien. Cependant selon les informations reçues, elles ont toutes réalisé une étude d’impact environnementale qui a abouti à un certificat de conformité environnemental leur permettant de mener leurs activités minières sans dommages majeurs sur le bien. L'effort de surveillance et de lutte contre l'orpaillage a été intensifié par des patrouilles sur le terrain (Etat Partie du Niger, 2020). Lors d'une mission de la DGEF/MESUDD en juillet 2019, plusieurs sites d'orpaillage ont été retrouvés actifs sur le massif de Takoulkouzet et autour dans les vallées d'Issawan, d'Azagnaress et de Tchintakadit. Il existe également d'autres sites tels que celui du Plateau à proximité de l'Adrar Madet ou encore le site de traitement de Tchibossey dans la commune de Timia. Les autorités locales, notamment le prefet d'Iférouane oeuvrent pour la fermeture de ces sites mais le manque de moyens ne permet pas un suivi régulier et efficace.
Le braconnage est la principale menace pour l'Aïr Ténéré. Gazelles dorcas, mouflons à manchettes et outardes nubiennes et dans une moindre mesure la gazelle dama en raison de sa rareté sont les espèces actuellement concernées par le braconnage. L'insécurité qui règne dans la zone en raison des problèmes en Libye et dans le Sahel en général a eu un impact sur les capacités de gestion et de protection des autorités nigériennes dans la réserve qui sont néanmoins en train d'y remédier mais pas assez rapidement. Le site est aussi menacé par une combinaison d'activités (l’agriculture, le pâturage et la coupe de bois) qui ensemble affectent les valeurs pour lesquelles il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial. La demande croissante des zones périphériques en ressources ligneuses pour les centres urbains et les sites aurifères est également une préoccupation majeure. L'érosion, la désertification, les inondations sont en partie liées à ces activités (auxquelles il faut certainement ajouter les changements climatiques). Elles sont responsables des modifications des attributs paysagers, de la dynamique des écosystèmes et des pertes de biodiversité. La carence en moyens humains, logistiques et financiers joint à la faiblesse du contrôle du site favorise les activités illégales et renforce les pressions. Enfin, les activités d'orpaillage dans le site au niveau du mont Takoulkouzet en sérieuse augmentation depuis 2018 constituent une menace très sérieuse pour la faune et en particulier pour la survie d'une des 3 dernières populations de gazelle dama à l'état sauvage, en danger critique d'extinction.
Management system
Serious Concern
Le gouvernement du Niger a décidé que les perspectives d'amélioration de la gestion et de la conservation du site devraient être recherchées par un partenariat avec les résidents et usagers locaux. Cette option semble la meilleure pour mettre en œuvre des mesures de gestion effective et pour identifier les modalités permettant de modifier les modèles de consommation en vue de stopper le déclin des valeurs universelles exceptionnelles. Ceci reste à améliorer (UICN, 2005). Depuis 2016, l'unité de gestion a relancé le processus de gestion intégrée en réactivant le réseau des chefs de vallée, ainsi que celui des agents communautaires. Il y a eu un atelier de sensibilisation avec 51 chefs de vallée et deux agents communautaires ont été recrutés au niveau des zones sensibles du bien grâce aux fonds du Patrimoine Mondial Africain (FPMA) et du Sahara Conservation Fund - SCF. En 2019, un atelier a été organisé par l'Association Intercommunale pour la Gestion des Ressources Naturelles pour redynamiser la gestion du bien et faire face aux menaces, avec pour objectif à terme d'élaborer un Plan d'Aménagement et de Gestion (Etat Partie du Niger, 2020). Un autre atelier a été mené au niveau national pour valider la mise en place d'une structure autonome de gestion des Aires protégées du Niger (Etat Partie du Niger, 2020). Toutefois les moyens en ressources humaines, en équipement et les ressources financières restent insuffisantes jusqu'à présent (UNESCO 2016, 2017).
Effectiveness of management system
Serious Concern
L'insuffisance des moyens en ressources humaines et équipements ainsi que l'absence de plan de gestion ne permettent pas une gestion efficace pour le moment. Certes, l'unité de gestion a depuis quelques années accentué ses efforts notamment dans le domaine de l'implication des populations locales et du suivi écologique grâce aux soutiens financiers, de l'UNESCO, du FPMA, du PNFC et de SCF mais cela reste insuffisant étant donné la taille du bien et les enjeux en termes de lutte anti-braconnage. L'Etat doit mettre davantage de moyens pour répondre aux besoins humains et logistiques (UNESCO, 2013, 2016; IUCN, 2015). En 2019, l'Etat partie a réactualisé la Demande d'Assistance Internationale notamment en vue d'élaborer un Plan d'Aménagement et de Gestion, de mettre en oeuvre les recommandations du CPM et un plan d'urgence de surveillance du bien (Etat Partie du Niger, 2020). Cette demande a été acceptée en 2020 et le micro-projet associé sera mis en oeuvre dès cette année.
Boundaries
Some Concern
Les limites sont considérées comme adéquates mais sont mal connues par la population locale car constituées seulement d'éléments naturels (UICN, 2010). Il n'existe pas de définition de la zone tampon.
Integration into regional and national planning systems
Mostly Effective
Avec le projet Gestion Durable de la Biodiversité et des Aires Protégées (PNUD/GEF), anciennement Projet Niger Fauna Corridor PNFC, il existe une approche régionale intéressante qui englobe la RNNAT avec les aires protégées périphériques et les zones connexes, soit la Réserve Naturelle Nationale de Termit et Tin-Toumma RNNTT, la Réserve de Biosphère de Gadabedji, la zone corridor du Tadress, Gadafawa et Taguedoufat. Par ailleurs, l'Union Européenne souhaite également mettre en oeuvre le concept d'approche paysagère telle que mentionnée dans sa stratégie "Larger than Elephant" pour la zone sahélo-saharienne au Niger, y compris le bien, dans le cadre des prochains financements du 11ème FED. (PNUD, 2012; European Union, 2015). Cependant, il faut noter la modification des limites de la RNNTT en 2019 suite à une forte pression du secteur pétrolier.
Relationships with local people
Some Concern
Le partenariat avec les populations locales est issu du projet de conservation et de gestion des ressources naturelles de l'Aïr et du Ténéré qui a abouti à la création de la réserve. Ce projet a développé des accords avec la population locale pour gérer les ressources du bien à travers notamment la mise en place de chefs de vallée. Après la première rébellion, le projet COGERAT PNUD/GEF a eu pour objectif d'appuyer l'établissement d'un accord de cogestion entre l'Etat et les communes récemment créées dans le cadre de la décentralisation, en vue de gérer le site et sa périphérie, de préserver les valeurs prises en compte lors de l'inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Malheureusement ce projet n'a pas eu les résultats escomptés notamment en raison de la deuxième rébellion qui a éclaté en 2007. Depuis le retour au calme et la sécurité retrouvée, les services techniques de l'Etat et l'unité de gestion de la réserve oeuvrent pour restaurer ces accords au sein de la réserve, en témoignent l'organisation des ateliers de sensibilisation et le recrutement des agents communautaires. Toutefois, ces efforts ne sont pas encore suffisants par manque de moyens humains et de ressources financières pour faire fonctionner ces comités de gestion (UICN, 2005; UNESCO 2016, 2017). Le bien a bénéficié d’une assistance du Fonds pour le patrimoine mondial pour actualiser son plan de gestion. Dans ce cadre, il est prévu d’impliquer l’ensemble des parties prenantes en vue de définir un nouveau type de partenariat avec les communautés locales dans le domaine de la surveillance et du suivi écologique. En 2019, un atelier a été organisé par l'Association Intercommunale pour la Gestion des Ressources Naturelles pour redynamiser la gestion du bien et faire face aux menaces, avec pour objectif à terme d'élaborer un Plan d'Aménagement et de Gestion (Etat Partie du Niger, 2020). En 2019, 845ha de terres dégradées ont été restaurées dans le bien notamment avec l'aide des populations locales, permettant à ces dernières d'être sensibilisées à la gestion du bien et d'avoir des revenus dans une région touchée par la pauvreté (Etat Partie du Niger, 2020). 
Legal framework
Some Concern
Les conditions sécuritaires se sont largement améliorées au sein du bien et dans sa périphérie grâce notamment aux accords de paix qui a vu les anciens chefs rebelles être intégrés dans le dispositif de renseignement et sécuritaire de la zone aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité, mais aussi grâce à l'appui des partenaires internationaux, en l'occurrence Africom qui a une base à Agadez et la force Barkhane avec la base de Madama.
Toutefois, l'absence de plan de gestion et d'un comité de gestion intégrant l'ensemble des acteurs constitue un handicap à la conservation et à la gestion du bien.
Law enforcement
Some Concern
L'unité de gestion est composée d'une dizaine d'agents forestiers (12) et la Direction Départementale d'Iférouane ne possède que quelques individus basés à Iférouane et Tin Tellous. C'est donc largement insuffisant pour répondre aux besoins en matière de lutte anti-braconnage et protection du milieu. le manque de moyens financier et logistique mis à la disposition de l'unité de gestion et de la DDE constitue également un problème majeur pour lutter efficacement contre les menaces existantes. Toutefois, la situation sécuritaire étant en nette amélioration, il est attendu que l'Etat Partie augmente ses effectifs sur place et mette davantage de moyens à court terme (UNESCO, 2016, 2017). L’autorité principale actuelle du bien est composée du Conservateur et du Directeur Départemental de l’Environnement, tous les deux basés à Iférouane, ce qui pourrait poser un problème d’efficacité d’intervention sur le terrain étant donné la superficie de la zone à couvrir.  Par ailleurs, le personnel de terrain ne dispose pas de moyens logistiques suffisants pour assurer une surveillance optimale du bien. Par conséquent, la collaboration des chefs de vallées constitue la meilleure alternative pour mettre en place un système de surveillance participatif du fait de l’étendue du bien. L'effort de surveillance et de lutte contre l'orpaillage notamment a été intensifié par des patrouilles sur le terrain (Etat Partie du Niger, 2020). En 2019, 8 procès verbaux ont été dressés pour des infractions notamment liées à l'abattage illégale de bois, alors qu'aucun braconnier n'a été appréhendé malgré les preuves de cette pratique et les efforts de surveillance. La lutte contre l'orpaillage a été intensifiée par des patrouilles sur le terrain (Etat Partie du Niger, 2020). 
Implementation of Committee decisions and recommendations
Some Concern
Les efforts réalisés par l'Etat Partie et ses partenaires depuis le retour de la sécurité au sein du bien en 2013 sont à saluer. Plusieurs missions de suivi écologique ont permis notamment de confirmer la présence des derniers effectifs de la population de gazelle dama sur le mont Takoulkouzet et de connaître les derniers noyaux pour la présence de la gazelle dorcas et du mouflon à manchettes dans la RNNAT et sa périphérie. Cependant le suivi écologique n'est pas encore totalement systématique (hormis sur le mont Takoulkouzet avec le déploiement d'une dizaine de pièges photographiques contrôlés régulièrement par un agent communautaire et l'unité de gestion) et surtout n'est pas couplé avec suffisamment de patrouilles de lutte anti-braconnage et de sensibilisation des communautés locales (UNESCO/MESUDD/SCF, 2014; UNESCO 2015, 2016, 2017; MEDD, 2016, 2017). La mise en œuvre des recommandations du comité reste encore très insuffisante du fait des difficultés de gestion du bien liées à l’insuffisance de ressources financière, humaine et logistique pour une gestion efficace du bien. En 2019, l'Etat partie a réactualisé la Demande d'Assistance Internationale notamment en vue d'élaborer un Plan d'Aménagement et de Gestion, de mettre en oeuvre les recommandations du CPM et un plan d'urgence de surveillance du bien (Etat Partie du Niger, 2020).
Sustainable use
Data Deficient
La coupe de bois représente une menace sérieuse pour l'intégrité du site, toutefois à ce jour il n'existe aucune donnée précise mesurant l'ampleur de cette activité. Les inquiétudes sont fondées mais il est primordial de quantifier et qualifier l'ampleur de ce phénomène surtout en liaison avec les activités d'orpaillage qui se sont développées en dehors et dans le site ces 3 dernières années. La coupe de bois reste encore une préoccupation majeure du fait de son caractère commercial qui engendre un prélèvement de quantités de bois importante pour ravitailler les sites d’orpaillages et autres zones urbaines.
Sustainable finance
Serious Concern
Le financement durable de ce site requiert le renforcement de l'aide technique et financière de l'Etat et le développement de partenariat pour établir une gestion efficace, un cadre de concertation intercommunal et pour la mise en œuvre d'une cogestion des ressources naturelles (UNESCO, 2012). La participation financière de l'Etat est totalement insuffisante jusqu'à présent et le projet COGERAT (2ème phase) n'a toujours pas démarré. Actuellement la RNNAT bénéficie d'appuis ponctuels de la part du projet Niger Fauna Corridors (PNUD/GEF), du FPMA et de SCF pour l'aspect suivi écologique et conservation des autruches d'Iférouane. Un projet de conservation des aires protégées sahélo-sahariennes au Niger a été proposé dans le cadre du Programme Indicatif Régional pour l'Afrique de l'Ouest sous financement UE 11ème FED mais n'est pas encore finalisé et on ne sait donc pas si la RNNAT sera comprise dans le projet ni quel sera le montant alloué. Le financement du bien reste encore en deçà de ses besoins, il ne dispose pas de budget sécurisé pouvant prendre en charge de façon durable la surveillance et le suivi écologique.
Staff capacity, training, and development
Mostly Effective
Quelques agents de l'unité de gestion du bien et surtout le conservateur ont bénéficié d'une formation dans les cadres des missions de suivi écologique menées conjointement par SCF, le PNFC et la Direction de la Faune, de la Chasse et des Parcs et Réserves DFC/PR, sur l'utilisation du Cybertracker, des pièges photographiques, du GPS, des méthodes de recensement ainsi que récemment aux outils Integrated Management Effectivness Tracking Tools (IMET) et "Enhancing Our Heritage" (EOH) (UNESCO/MESUDD/SCF, 2014; UNESCO, 2017).
Education and interpretation programs
Some Concern
Hormis une mission spécifique de sensibilisation en septembre 2016 pour relancer le rôle des chefs de vallée sous la nouvelle appellation d'agents communautaires, il n'y a pas de programme de sensibilisation dédié existant actuellement au niveau du bien. La totalité des missions de suivi écologique, suivi réactif menés par la direction de la faune, de la chasse et des aires protégées a systématiquement intégré le volet sensibilisation avec la visite du Sultan d'Agadez, des autorités administratives et coutumières ainsi que des plus hautes autorités de l'Etat (UICN, 2015; UNESCO, 2016, 2017; MEDD, 2016).
Tourism and visitation management
Some Concern
Il n'y a pas eu de tourisme dans la zone en raison des problèmes d'insécurité jusqu'en 2013. Par la suite, il y a eu quelques petites excursions organisées par des opérateurs locaux, mais pas de manière officielle. Les éléments archéologiques, les paysages étonnants sont des arguments attractifs. En 2002, 46 agences de tourisme existaient à Agadez mais en 2010 aucune d'entre elles ne travaillaient (insécurité). L'Etat a manifesté sa volonté de relancer le tourisme dans la région d'Agadez, en témoignent le festival de l'Aïr organisé chaque année à Iférouane, le marathon du Ténéré et le 10ème festival de mode international africain FIMA en 2016. Le festival de l'Aïr se tient chaque année mais la situation sécuritaire au niveau régional fait que le tourisme demeure très limité.
Monitoring
Mostly Effective
Il y a eu une mission de suivi réactif en mai 2015 qui a pu se rendre dans le bien et avec le retour de la sécurité et la multiplication des missions par l'unité de gestion, il y a davantage d'éléments d'évaluation (UICN, 2015; UNESCO 2016, 2017).
Research
Some Concern
Il existe un programme d'amélioration des connaissances développé par SCF en partenariat avec le PNFC et la DFC/PR sur la distribution de la population relique de gazelle dama (CR) sur le mont Takoulkouzet grâce au déploiement de 13 pièges photographiques en janvier 2017 jusqu'en mars 2020. Toutefois, hormis cette initiative il n'y a aucune autre activité de recherche (UNESCO, 2017). Des comptages annuels des espèces emblématiques sont menés (Etat Partie du Niger, 2020) sans que les chiffrent et les tendances n'aient été communiquées au CPM. En 2019, deux missions de suivi écologiques ont été menées (Etat Partie du Niger, 2020). 
L'absence d’un plan de gestion, de financement, et la superficie conséquente du bien de 7,7 millions d’ha ne permet pas la gestion du site. L'efficacité de gestion est faible aussi en raison du faible effectif des agents de l'unité de gestion et de manque d'équipements (véhicule, carburant, communication) des personnels de gestion. Il faut reconnaître les efforts de l'Etat Partie mis en place depuis 2013 mais c'est encore très insuffisant face aux menaces existantes et à la taille du bien à protéger. L'implication des certains leaders locaux dont un ancien chef rebelle dans la conservation du bien et présent à la plupart des missions de l'unité de gestion est cependant un atout très important qui a eu un impact positif sur le braconnage. Il manque encore des moyens importants pour assurer une gestion efficace du bien et assurer l'implication des populations locales dans le modèle de gestion. Des besoins financiers supplémentaires sont essentiels pour consolider les efforts mis en place par l'Etat Partie et la volonté notable de la population à conserver leur patrimoine. (UNESCO 2016, 2017). Par ailleurs, l’assistance internationale du Fonds du patrimoine Mondial accordée au bien pour l’actualisation de son plan de gestion, pourrait être une opportunité pour définir les priorités de gestion et mettre en œuvre un plan d’actions en conséquence (Etat Partie du Niger, 2020).
Assessment of the effectiveness of protection and management in addressing threats outside the site
Serious Concern
La pression à l'extérieur du site est importante due à la démographie locale et à la migration vers cette région. L'érosion, la désertification, l'absence de couverture végétale, les inondations, les activités d'orpaillage, les moyens en ressources humaines, financières et logistiques, l'inexistence d'un plan de gestion, l'absence d'une zone tampon favorisent le développement d'activités humaines destructrices dans le site lui-même (UICN, 2005; UICN RAPPAM, 2010; MEDD, 2016).
Best practice examples
Data deficient
World Heritage values

Un assemblage remarquable d'écosystèmes reliques combiné à des paysages exceptionnels d'Aïr

High Concern
Trend
Deteriorating
Le pâturage, la coupe de bois et l'agriculture génèrent de l'érosion, de la désertification et des inondations qui changent les caractéristiques du paysage. La pression sur les ressources naturelles augmente et le l'impact potentiel des projets de mines et de forages pourraient rendre la situation plus difficile. (UICN, 2010)

Les dunes vivantes du désert du Ténéré

Good
Trend
Stable
Ces géo-écosystèmes sont fonctionnels, dynamiques et peu sensibles aux menaces qui affectent le bien.  

Le dernier bastion de la faune sauvage sahélo-saharienne du Niger, avec une grande variété d'habitats

Critical
Trend
Deteriorating
Le braconage, ainsi que la coupe de bois, et le pâturage, induisent la transformation des écosystèmes et la disparition de la faune sauvage sahélo-saharienne. L'invasion du site par le Prosopis juliflora est mentionnée comme une des conséquences de l'évolution des écosystèmes au même titre que l'érosion des sols tout comme la prolifération du Calotropis procera, directement lié aux activités anthropiques (UICN, 2010). Les moyens mis en place par l'Etat Partie sont actuellement insuffisants et ne permettent pas de faire face aux menaces existantes. Les missions de suivi réalisées par l'Etat Partie depuis 2013 ont permis de confirmer la présence de plusieurs espèces emblématiques telles que la gazelle dama, la gazelle dorcas, le mouflon à manchettes, le patas, la babouin, la hyène rayée, le renard de Rüppell, le ratel, la genette d'Europe, etc. Un système de suivi non invasif avec l'utilisation de pièges photographiques a également été mis en place sur le mont Takoulkouzet, où l'on retrouve la plupart des espèces dont la gazelle dama. Les efforts de l'Etat Partie ne sont cependant pas suffisants pour contrer les menaces existantes sur le bien en matière de braconnage, de coupes de bois menées par certains autochtones et surtout des allochtones associés aux activités d'orpaillage dans et en dehors du bien (UNESCO/MESUDD/SCF, 2014; UICN, 2015; UNESCO, 2016).

Faune importante du Sahara

Critical
Trend
Deteriorating
Le braconnage a connu son apogée pendant et consécutivement aux périodes de troubles civiles liés aux épisodes de rébellion jusqu'en 2013. Ce braconnage est responsable de la disparition d'espèces importantes comme l'autruche d'Afrique du Nord et l’oryx algazelle ainsi que la raréfaction voire la disparition de l'addax, en dépit de la création du sanctuaire des addax et du phacochère. Avec le retour de la sécurité dans la zone, l'Etat Partie a progressivement mis en place une unité de gestion et a mené des missions de suivi avec ses partenaires pour évaluer le statut de conservation des principales espèces et de leurs habitats au sein du bien. Cela a notamment permis de mettre en évidence la présence d'une petite population de gazelles dama sur le mont Takoulkouzet ainsi que de confirmer l'existence des principales espèces de faune dans leurs aires de répartition connues mais avec des densités très faibles. Les efforts de l'Etat Partie ne sont cependant pas suffisants pour contrer les menaces existantes sur le bien en matière de braconnage, de coupes de bois menées par certains autochtones et surtout des allochtones associés aux activités d'orpaillage dans et en dehors du bien (UNESCO/MESUDD/SCF, 2014; UICN, 2015; UNESCO, 2016).

Flore importante du Sahara

Data Deficient
Trend
Data Deficient
Peu de données disponibles mais le développement d'espèces exotiques envahissantes est une menace pour les espèces locales du Sahara. 
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Critical
Trend
Deteriorating
Avec la disparition de l’oryx, l'autruche d'Afrique du Nord et probablement de l’addax du bien, l’état des populations de la faune sauvage sahélo-saharienne est très inquiétant. La gazelle dama a quant à elle trouvé refuge sur le massif de Takoulkouzet où l'on retrouve également la gazelle dorcas et le mouflon à manchettes. Les effectifs de principales espèces ont ainsi décliné sur l'ensemble du bien et en dépit des efforts récents de l'Etat partie en matière de suivi écologique, il est primordial d'améliorer le niveau de connaissance actuel sur l'état de conservation des principales espèces en suivant les méthodes de recensement recommandées par la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN, fournissant des données fiables afin de déterminer les activités prioritaires de conservation à réaliser sur une zone restreinte du bien.

Informations complémentaires

Tourism-related income
Dans les années 80 et 90, le tourisme saharien dans la RNNAT représentait une source importante de revenus pour la population locales ainsi qu'au niveau régional avec le développement d'infrastructures touristiques à Agadez notamment. Avec l'avènement de l'insécurité, le tourisme a quasiment complètement disparu. On note aujourd'hui un retour progressif des touristes de manière officieuse et la volonté de l'état de sécuriser la zone pour relancer les activités avec notamment les initiatives telles que le marathon du Ténéré, le festival international de la mode africaine ou encore le festival de l'Aïr.
Factors negatively affecting provision of this benefit
Overexploitation
Impact level - High
Trend - Increasing
Invasive species
Impact level - High
Trend - Increasing
Soil stabilisation
Bien que non documenté, il est indéniable que les services écosytémiques du bien sont menacés par la coupe abusive de bois et le développement de l'agriculture commerciale de l'oignon ainsi que par l'envahissement du Prosopis juliflora au niveau des vallées au détriment des espèces locales.
Les activités d'orpaillage constatées dans et en périphérie du bien constituent également des éléments de dégradation des sols non négligeables. (Mission de suivi réactif, 2015) ; (MESUDD, 2015)
Factors negatively affecting provision of this benefit
Climate change
Impact level - Moderate
Trend - Continuing
Overexploitation
Impact level - High
Trend - Increasing
Invasive species
Impact level - High
Trend - Increasing
Habitat change
Impact level - Moderate
Trend - Increasing
Il est indéniable que les services écosystémiques rendus par la RNNAT jouent un rôle clé dans le développement des communautés locales dont les activités sont essentiellement centrées sur l'élevage de camelins et petits ruminants ainsi que sur la culture vivrière dans certaines vallées. La qualité des sols, du pâturage herbacé et aérien constituent donc des éléments essentiels à la survie de la faune et à l'épanouissement de la population locale. Ces éléments sont menacés par l'utilisation non contrôlée des ressources naturelles et par le changement climatique qui peut occasionner des épisodes de sécheresse ou d'inondations plus fréquents et plus intenses qui fragiliseraient la résilience de cet écosystème. Toutefois, il n'existe aucune étude scientifique permettant de mesurer les bénéfices liés aux services écosystémiques du bien ni même la dégradation du milieu depuis la nomination du bien.
Organisation Brief description of Active Projects Website
1 GIZ Le Projet LUCOPTAN vise à atténuer la pauvreté de la population voisine du site.
direction@lucop.org, gtz-niger@gtz.de

Références

Références
1
COGERAT (2006a). Stratégie et développement de l'écotourisme dans la RNNAT et ses zones connexes, 41 p.
2
COGERAT (2006b), Stratégie de contrôle des espèces envahissantes, pp.63.
3
COGERAT (2007). Stratégie et plan d'action pour l'élevage et la réintroduction des espèces menacées de disparition dans la RNNAT.
4
European Union (2015). Larger than elephants. Inputs for an EU strategic approach to wildlife conservation in Africa.112 p.
5
Grégoire E. and Gagnol L. (2017). Ruées vers l’or au Sahara : l’orpaillage dans le désert du Ténéré et le massif de l’Aïr (Niger), EchoGéo, Available at: http://journals.openedition.org/echogeo/14933.
6
IRD/UICN (2005). Conditions écologiques et socio-économiques de la Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr Ténéré et ses zones connexes, 115 p.
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IUCN (2005). Rapport de la mission de suivi réactif UICN, Réserve naturelle nationale de l’Aïr et du Ténéré (République du Niger), 8-20 février 2015. [online] Gland, Switzerland: IUCN, pp.1-42. Available at: https://whc.unesco.org/document/136079.
8
MEDD (2016). Rapport de mission de sensibilisation et de re-dynamisation des structures locales (chefs de vallées / brigadiers communautaires) de gestion, protection et surveillance de la RNNAT. 15 p.
9
MEDD (2016). Rapport de mission de suivi écologique de la RNNAT et ses zones connexes, 24 p.
10
MEDD/PNFC (2017). Rapport provisoire de mission. Exploration et recherche sur la présence de la faune sauvage dans la Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et du Ténéré dans le cadre du Projet Niger Fauna Corridors (PNFC). p.24.
11
MESUDD (2014). Situation des activités illégales, braconnage et coupes illégales de bois dans la Réserve Naturelle de l'Aïr et du Ténéré (RNNAT) de 2013 à 2014. 12 p.
12
MESUDD/DGEF/DFCPR (2019). Rapport de mission de suivi écologique, localisation et évaluations des activités d'orpaillage dans la Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et Ténéré (RNNAT), d'Iférouane. Niamey, 13 p.
13
PNUD/GEF/Niger, 2006, Projet de Cogestion des Ressources Naturelles de l'Aïr et du Ténéré: Stratégie de contrôle des espèces envahissantes, 63 p.
14
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18
UNESCO (2011). Report on the State of Conservation of Air and Ténéré Natural Reserves, Niger. State of Conservation Information System of the World Heritage Centre. [online] Paris, France: UNESCO World Heritage Centre. Available at: https://whc.unesco.org/en/list/573/documents/.
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20
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UNESCO (2016). Report on the State of Conservation of Air and Ténéré Natural Reserves, Niger. State of Conservation Information System of the World Heritage Centre. [online] Paris, France: UNESCO World Heritage Centre. Available at: https://whc.unesco.org/en/list/573/documents/.
22
UNESCO, MESUDD, SCF (2014). Rapport technique. Evaluation de l'état de conservation de la faune, des habitats et des menaces dans la Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et du Ténéré (RNNAT), Niger. 43 p.
23
World Heritage Committee (2010). 34COM 8E - Adoption of retrospective Statements of Outstanding Universal Value (Botswana). In: Decisions Adopted by the World Heritage Committee at its 34th Session (Brasilia, 2010). [online] Paris, France: UNESCO World Heritage Centre, p.253. Available at: https://whc.unesco.org/archive/2010/whc10-34com-20e.pdf.&nb…;

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