Complexe W-Arly-Pendjari

Country
Benin,
Burkina Faso,
Niger
Inscribed in
1996
Criteria
(ix)
(x)
The conservation outlook for this site has been assessed as "significant concern" in the latest assessment cycle. Explore the Conservation Outlook Assessment for the site below. You have the option to access the summary, or the detailed assessment.
© IUCN/Thierry Lefebvre

Résumé

2025 Conservation Outlook

Finalised on
11 oct 2025
Préoccupation élevée
Les valeurs qui justifient la VUE restent présentes dans la composante béninoise. Cependant, les informations et documentation disponibles dans les composantes burkinabé et nigérienne ne permettent pas d’évaluer à ce stade l’ampleur de l’impact de la présence des groupes armés et des activités illégales sur les valeurs qui justifient la VUE dans ces composantes, y compris sur les populations fauniques. En 2024, l’inventaire aérien basé sur la méthodologie de 2019, et s'est exclusivement réalisé au Bénin en raison de la menace sécuritaire au Burkina Faso et au Niger. La situation sécuritaire s'est également considérablement détériorée dans les composantes béninoise du bien avec les attaques sporadiques et meurtrières qui ont coûté la vie à plusieurs éléments des Forces de Défense et de Sécurité et des Eco-gardes entre 2024 et 2025. Malgré les efforts individuels et collectifs du Benin, Burkina Faso et du Niger, la dégradation dramatique de la situation sécuritaire dans la zone du Complexe W Arly-Pendjari fait que le bien soit confronté à des menaces graves qui pourraient avoir des effets nuisibles sur ses caractéristiques essentielles, et que la VUE du bien soit sujette à une mise en péril conformément au paragraphe 180 b) iii) des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.

Current state and trend of VALUES

High Concern
Les valeurs et les attributs du bien font faces à une diversité de menaces à la fois internes et externes et plus particulièrement la situation sécuritaire dans la zone du bien. Les valeurs qui justifient la VUE restent présentesmmalgré l’ampleur de l’impact de la présence des groupes armés et des activités illégales. En 2024, l’inventaire aérien basé sur la méthodologie de 2019, et s'est exclusivement réalisé au Bénin en raison de la menace sécuritaire au Burkina Faso et au Niger (UNESCO, 2024). La situation sécuritaire s'est également considérablement détériorée dans les composantes béninoise du bien avec les attaques sporadiques et meurtrières qui ont coûté la vie à plusieurs éléments des Forces de Défense et de Sécurité et des Eco-gardes entre 2024 et 2025. La dégradation dramatique de la situation sécuritaire dans la zone du Complexe W Arly-Pendjari fait que le bien soit confronté à des menaces graves qui pourraient avoir des effets nuisibles sur ses caractéristiques essentielles, et que la VUE du bien soit sujette à une mise en péril conformément au paragraphe 180 b) iii) des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.

Overall THREATS

Very High Threat
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) est confronté à une insécurité généralisée qui représente une menace critique pour la gestion du site et la conservation de sa Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE). Depuis les années 2010, l’expansion des groupes armés dans la région du Sahel a considérablement réduit l’accès aux zones clés du complexe pour les équipes de surveillance et les gestionnaires du site. En 2019, une attaque contre un convoi près du parc d’Arly a causé la mort de 37 personnes, et entre 2021 et 2024, plusieurs gardes forestiers ont été tués au Niger et au Benin. Plus récemment, en janvier 2025, une attaque a fait une trentaine de morts parmi les forces de défense et de sécurité au Bénin. Cette instabilité a entraîné une recrudescence du braconnage, notamment d’éléphants pour l’ivoire, avec au moins 10 individus tués en 2020. La persistance de cette insécurité, ainsi que la crise entre le Bénin et le Niger, met en péril les capacités de gestion et de protection du site et nécessite une action urgente pour garantir la viabilité du complexe à long terme.
Par ailleurs, la dégradation écologique s’accentue sous l’effet de plusieurs facteurs, notamment l’utilisation illégale des terres et l’expansion agricole. L’inventaire aérien de 2024 au Bénin a révélé la présence de plus de 32 000 têtes de bétail à l’intérieur du site, illustrant l’ampleur de la transhumance illégale et ses impacts sur les écosystèmes. Bien que des mesures aient été prises, comme la création de couloirs de passage pour le bétail, le problème persiste et se déplace en périphérie, exacerbant la pression sur les ressources naturelles. Enfin, les projets d’infrastructures et les industries extractives représentent une menace croissante pour la préservation du bien. L’essor des activités minières et le développement des infrastructures de transport comme la route Banikoara – Kérémou – Frontière du Burkina-Faso risquent d’accroître la pression sur les écosystèmes fragiles, entraînant une déforestation accrue, une pollution des sols et des cours d’eau, ainsi qu’une perturbation des corridors écologiques. Ces projets ouvrent également de nouvelles voies d’accès qui favorisent l’exploitation illégale des ressources naturelles et le braconnage. L’ensemble de ces menaces nécessite une approche intégrée, associant sécurisation du site, engagement des communautés locales et renforcement des politiques de conservation, afin de préserver la résilience écologique du complexe et sa valeur en tant que site du patrimoine mondial.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Some Concern
En tant que site transfrontalier, le système de gestion du complexe WAP repose sur un accord tripartite signé en 2019, qui vise à harmoniser les efforts de conservation et à coordonner la gestion des différentes composantes du bien au Benin, Burkina Faso et au Niger. Cependant, malgré ce cadre de coopération, la protection et la gestion du bien, en plus d'être entravées par des différences dans les capacités institutionnelles, sont confrontées à des défis majeurs qui dépassent le contrôle des autorités de gestion. Les menaces externes incluent principalement le braconnage, qui cible les éléphants et les lions, ainsi que les impacts du changement climatique, comme la variabilité des précipitations et la hausse des températures qui affectent les écosystèmes du complexe, perturbant à la fois la flore et la faune. De plus, l'instabilité politique et les conflits dans la région, notamment l'extrémisme violent ainsi que la crisi entre Bénin et Niger compliquent la gestion du site et la sécurité des opérations de surveillance. Depuis 2010, des attaques généralisées de groupes armés ont perturbé les activités de surveillance dans toutes les composantes du bien et limitant l’accès des éco-gardes à certaines zones avec mort d'hommes dans les rangs à la fois des Forces de Défense et de Sécurité et des éco-gardes. Sur le plan interne, des problèmes de déforestation, de dégradation des sols et de conflits avec les communautés locales sur l'utilisation des ressources naturelles exacerbent les défis de conservation. La pression démographique et les activités humaines telles que l'agriculture illégale et le pâturage dans les zones protégées contribuent également à la dégradation des habitats et à la perte de biodiversité. Ces défis mettant en lumière les limites du système face aux menaces internes et externes, rendent difficile la mise en œuvre d’une gestion cohérente et efficace à l’échelle du complexe.

Full assessment

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Description of values

Une grande diversité et un continuum d'écosystèmes aquatiques et terrestres

Criterion
(ix)
S’étendant sur trois pays, le Complexe W-Arly-Pendjari est le plus vaste et le plus important continuum d’écosystèmes terrestres, semi-aquatiques et aquatiques de la ceinture de savanes d’Afrique de l’Ouest. Situé dans le bassin de la Volta, il comprend un système dynamique où le flux et le reflux de l’eau, au fil de saisons humides et sèches alternées, créent une riche diversité de communautés de plantes avec la faune associée. L’importance des zones humides (fleuve Niger, rivières, mares semi-permanentes et permanentes) pour la survie d’espèces migratrices a motivé l’inscription du parc sur la liste Ramsar (1987). Le Complexe est une vaste étendue de savane soudano-sahélienne intacte comprenant des types de végétation nombreux et divers tels les prairies, brousses, savanes boisées, forêts ouvertes, vastes forêts-galeries et forêts riveraines, sans oublier la rare forêt semi-décidue de Bondjagou, dans le Parc national de la Pendjari (Comité du patrimoine mondial, 2017, Ramsar, 2005).

Une riche biodiversité avec des espèces menacées

Criterion
(x)
Le Complexe W-Arly-Pendjari a une importance particulièrement cruciale pour la conservation des dernières populations viables de mammifères appartenant aux domaines sahélien et soudanien. Le Complexe accueille la population d’éléphants la plus grande et la plus écologiquement sûre d’Afrique de l’Ouest, représentant 85% des éléphants de savane de la région. Il protège aussi l’assemblage quasi complet de la flore et de la faune caractéristiques, offrant un habitat crucial à la plupart des espèces de grands mammifères typiques d’Afrique de l’Ouest telles que le lamantin d’Afrique, le guépard, le lion, le léopard et le damalisque. Il abrite la seule population viable de lions de la région et probablement la seule population de guépards d’Afrique de l’Ouest. Le bien présente des taux d’endémisme particulièrement élevés pour les espèces de poissons et l’on y trouve sept des neuf espèces de poissons endémiques décrites dans le bassin de la Volta (Comité du patrimoine mondial, 2017). Dans le parc national du W (Niger) 367 espèces d'oiseaux, 120 espèces de poissons (représentatifs de la faune du fleuve Niger), 112 espèces de reptiles et d’amphibiens, 73 espèces de mammifères et 500 espèces végétales on été recensées (Comité du patrimoine mondial, 2010).
Représentativité de la région biogéographique de forêts claires/savanes d'Afrique de l'Ouest
Le parc du W du Niger se trouve dans un secteur de transition entre savanes et forêts claires et représente une partie de l'écosystème caractéristique et important de la région biogéographique de forêts claires/savanes d'Afrique de l'Ouest. Cette représentativité a justifié la création d’une réserve de biosphère (1996), devenue transfrontalière avec l’extension au Burkina Faso et au Bénin (2002).
Interactions entre les ressources naturelles et l’homme
Le site reflète les interactions entre les ressources naturelles et l'homme, depuis le néolithique, et représente l'évolution de la diversité biologique dans cette zone (Comité du patrimoine mondial, 2010). La végétation est notamment marquée par l'utilisation des feux précoces (survie des espèces pyro-résistantes). En l’absence de feu, les milieux de savane évolueraient vers des forêts sèches (ligneux), conduisant à la disparition des grands ongulés.

Assessment information

Very High Threat
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) est confronté à de multiples menaces qui affectent considérablement son intégrité écologique et sa Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE). L’un des problèmes les plus préoccupants est l’instabilité sécuritaire due à la montée des mouvements jihadistes dans la région du Sahel. Depuis le début des années 2010, les conflits armés et l’activité terroriste ont gravement entravé les efforts de conservation, limitant l’accès des équipes de gestion du parc et intensifiant le braconnage. Les attaques de 2024 et 2025 contre les forces de sécurité et les gardes forestiers illustrent encore davantage les risques majeurs liés à cette insécurité. De plus, le déplacement des populations locales en raison de la violence continue a accru la pression sur les ressources naturelles de la réserve, entraînant la dégradation des habitats et des conflits homme-faune. Malgré les efforts de coopération transfrontalière et le renforcement des mesures anti-braconnage, l’incapacité à garantir la sécurité dans la région demeure l’une des menaces les plus critiques pour la durabilité du complexe WAP. De plus, l’exploitation illégale des ressources naturelles, comme l’abattage non durable des arbres et le braconnage commercial du gibier et de l’ivoire, continue de menacer les populations clés de la faune, y compris les éléphants et les lions. Le braconnage s’est intensifié en raison de la crise sécuritaire, avec des groupes armés exploitant les ressources fauniques pour financer leurs activités. Bien que les relevés aériens de 2024 dans la composante béninoise du bien aient montré une augmentation de certaines espèces, d’autres, comme les damalisques et les antilopes rouannes, ont connu un déclin de leur population. Sans un renforcement des mesures de surveillance et une meilleure gestion de l’occupation des terres, ces menaces pourraient à long terme compromettre l’intégrité écologique du bien.
Invasive Non-Native/ Alien Species
(Plantes invasives)
Low Threat
Outside site
Le développement d’espèces invasives a été constaté dans les deux zones tampon, en particulier les jacinthes d'eau et Typha dans la réserve de Dosso (aggrave le phénomène d’ensablement des plans d’eau), et Sida cordifolia dans la réserve totale de faune de Tamou.
Fire & Fire Management
(Brûlis pratiqués en périphérie du site)
Low Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Des feux tardifs sont déclenchés en périphérie par des éleveurs (pour favoriser les repousses afin de faire face à la période de soudure) ou des braconniers. Parfois, des feux incontrôlés peuvent se propager à l'intérieur du site. Dans le bien et dans la réserve de Dosso (zone tampon), des feux de brousse sont également observés mais ils seraient de moindre importance (UICN/PAPACO, 2010).
Les feux précoces et tardifs continuent en 2017 : la végétation du Complexe W-Arly-Pendjari est fortement marquée par l’utilisation des feux de végétation. L’impact des feux de brousse précoces et du broutage entretient un équilibre qui est reflété par la présence des formations végétales actuellement connues (savane herbeuse, savane boisée, forêt claire, galerie forestière en régression) (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017). Dans la stratégie de gestion des habitats du bien, les feux d’aménagement constituent une approche de gestion bien connue en zone de savane. En effet ils permettent de contrôler et de maintenir l’écologie des milieux propices aux différentes espèces animales. En respect aux recommandations du CPM, le suivi des feux d’aménagement a été renforcé en ce qui concerne le respect des zones à brûler, le renforcement des capacités du personnel chargé de faire les mises à feu (États parties du Bénin, Burkina Faso et Niger, 2019).
Recreational Activities, Conflict, Civil Unrest & Security Activities, Other Human Disturbances
(Insécurité généralisée dans la zone suite aux mouvements Djihadistes)
Very High Threat
Inside site
, Widespread(15-50%)
L’insécurité au Sahel, marquée par une montée en puissance des groupes armés et des conflits communautaires depuis les années 2010, entraîne des répercussions sur le bien Complexe W-Arly-Pendjari (WAP). Ces violences ont entraîné une réduction drastique du tourisme, une source de revenus essentielle pour la conservation du site, et ont compliqué l’accès des équipes de gestion aux zones critiques du complexe.
Les impacts sur la biodiversité sont également préoccupants. Le braconnage, facilité par l’instabilité, a augmenté, menaçant des espèces emblématiques comme les éléphants et les lions. En 2021, des attaques contre des postes de gardes forestiers au Niger, dans la zone du parc W, ont causé la mort de plusieurs agents, affaiblissant les capacités de surveillance (UICN, 2021). Ces incidents illustrent les défis opérationnels auxquels font face les gestionnaires du site. De plus, les déplacements de populations fuyant les violences, comme ceux observés au Burkina Faso depuis 2018, ont accru la pression sur les ressources naturelles du complexe, exacerbant les conflits homme-faune et dégradant les habitats (UNHCR, 2020).
Malgré ces défis, des efforts d’inventaire, de coopération transfrontalière et de mobilisation internationale ont été renforcés pour préserver la Valeur universelle exceptionnelle du Complexe WAP (UNESCO, 2024). L’inventaire aérien de 2024, basé sur la méthodologie de 2019, et exclusivement réalisé au Bénin, montre une augmentation des populations d’éléphants (4641), de buffles (8464) et de bubales (425), mais une baisse des damalisques et des hippotragues. En 2017, les trois pays (Bénin, Burkina Faso, Niger) ont signé un accord pour une gestion commune du site (UNESCO, 2017). Cependant, l’insécurité persistante, comme attesté par les différentes attaques en 2024 ayant coûté la vie à plusieurs membres des Forces de Défense et de sécurité et des rangers de African Parks, ainsi que l’attaque de janvier de 2025 ayant fait une trentaine de morts dans les rangs des Forces de Défense et de sécurité essentiellement au Benin rappelle l’urgence d’agir (BBC, 2025). Cette insécurité est extrêmement préoccupante et risque de menacer considérablement la gestion globale du bien et sa valeur universelle exceptionnelle à court et moyen terme si les problèmes de sécurité ne sont pas résolus. La préservation du Complexe WAP nécessite une approche intégrée, combinant renforcement de la sécurité, implication des communautés locales et soutien international, pour garantir la survie de ce patrimoine naturel unique face aux menaces croissantes.
Annual & Perennial Non-Timber Crops, Terrestrial Animal Farming, Ranching & Herding
(Envasements et ensablements)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
L'envasement (conséquence de l'effet du piétinement des bovins aux abords des points d'eau) et l'ensablement des plans d'eau et du fleuve (conséquence du déboisement effectué en périphérie favorisant l'érosion des sols) sont constatés dans le bien. Ces phénomènes persistent malgré la mise en place d’actions de sensibilisation auprès des populations locales (UICN/PAPACO, 2010). Dans la périphérie du Complexe W-Arly-Pendjari, les populations sont essentiellement des agriculteurs. Les pratiques agricoles sont sources de pollution par ruissellement (surtout à partir des champs cotonniers), d’érosion et de dégradation des terres. Le ruissellement des produits agrochimiques a un impact direct sur la biodiversité aquatique et sur d’autres espèces. L’érosion affecte directement la biodiversité en provoquant l’envasement des rivières et des mares (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017).
Annual & Perennial Non-Timber Crops, Terrestrial Animal Farming, Ranching & Herding
(Utilisation illégale des terres)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
L'utilisation illégale des terres est due à l'extension de terres agricoles ainsi qu'au pâturage croissant en péripherie.
L’extension de terres agricoles liée à l'agriculture itinérante et au développement des cultures de rente (coton, mil, sorgho) exercent une pression sur la périphérie immédiate du bien. Elle a des conséquences sur la conservation du site (feux, chasse, pêche, coupe de matériaux non ligneux) (UICN/PAPACO, 2010; Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017) et certaines cultures (coton) entrainent la dégradation et la salinisation des sols. L’utilisation illégale des terres s'est traduite par l'occupation des différentes îles de la zone de Karey Kopto, et des tentatives de mise en culture des lits et bas fonds de la rivière Tapoa et de certaines parties sud du terroir du village de Baniguitti, qui sert de frontière naturelle entre le Niger et le Burkina Faso. La réserve totale de faune de Tamou, qui sert de zone tampon au bien, a subi un grignotage important du fait de l’avancée du front agricole (implantation de cultures et de villages). Le front agricole n'a pas progressé de manière significative du fait du renforcement des actions de surveillance et de sensibilisation (Consultation de l'UICN, 2016),
Le pâturage illégal est caractérisé par la présence de pasteurs sédentaires ou transhumants exerçant de façon illégale l'exploitation des ressources fourragères et de points d’eau. La transhumance annuelle de centaines de milliers de bovins dans la région s’exerce pendant la saison sèche. Mais cette pression est en régression (plusieurs dizaines de milliers d'animaux passaient dans le bien il y a 10 ans) du fait des aménagements de zones pastorales à la périphérie, du balisage et de la création de couloirs de passage (à l’Est du bien), des actions de sensibilisation, de l'intensification de la surveillance particulièrement pendant la saison sèche, impulsés par le programme ECOPAS et d’autres partenaires tels que Africa 70 (WHC/Fonds Italie, 2003) (UICN/PAPACO, 2010) et PAPE (UE/PNUD, 2011-2016).
En revanche, ce phénomène tend à augmenter en périphérie, en lien avec la croissance du cheptel bovin dans les pays de la CEDEAO (Consultation de l'UICN, 2020). La biodiversité du Complexe W-Arly-Pendjari continue à etre menacée par divers facteurs dont les empiètements agricoles, la transhumance non contrôlée, les feux non contrôlés, et enfin la récolte non durable du bois et des produits forestiers non ligneux avec une population qui augmente et des sols de moins en moins fertiles (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017). Afrique de l’Ouest en matière de gestion des ressources naturelles et de réduction des conflits liés à l’utilisation de celles-ci, des cadres de collaboration et d’échanges sont établis entre les administrations en charge des aires protégées, de l’élevage, de l’agriculture et ses organisations régionales. En 2019, les États parties rapport qu'une rencontre de niveau ministériel regroupant les ministres en charge de la gestion du bien, de l’élevage, de l’agriculture et du tourisme des trois pays s’est déroulée le 24 janvier 2017 (États parties du Bénin, Burkina Faso et Niger, 2019). L’inventaire aérien de 2024, basé sur la méthodologie de 2019, et exclusivement réalisé au Bénin, montre une importante présence de bétail domestique (32663 têtes) à l'intérieur des limites du bien. le Comité du patrimoine mondial a encouragé les Etats parties à mener des réflexions régionales pour identifier les causes de la transhumance et trouver des solutions durables avec l’implication des communautés locales et des éleveurs transhumants (UNESCO, 2025).
Hunting, Collecting & Controlling Terrestrial Animals
(Braconnage commercial et braconnage pour la viande de brousse)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Le braconnage dans le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP), est exacerbé par la crise sécuritaire qui frappe le Sahel depuis les années 2010. Cette instabilité, marquée par la présence de groupes armés et de conflits communautaires, a des impacts directs et indirects sur la conservation du site. Les zones reculées du complexe sont devenues inaccessibles aux équipes de gestion en raison des risques sécuritaires, facilitant ainsi les activités de braconnage. En 2021, une attaque de braconnage dans le parc national de la Pendjari au Bénin a tué deux gardes forestiers et des attaques contre des postes de gardes forestiers au Niger ont entraîné la mort de plusieurs agents, affaiblissant les capacités de surveillance (UICN, 2021). En 2024, cinq gardes forestiers d'African Parks ont été tués dans le parc national du W au Bénin, ainsi que sept soldats des forces armées béninoises (Mukpo, 2024). Les groupes armés exploitent souvent le braconnage comme source de financement, ciblant notamment les éléphants pour leur ivoire. En 2020, au moins dix éléphants ont été tués dans la zone du parc du W au Niger, illustrant l'ampleur du problème (UICN, 2020). De plus, le braconnage alimente les réseaux criminels transnationaux, exploitant les populations locales pauvres et perpétuant un cycle de pauvreté et d’insécurité. Ces pertes menacent non seulement la biodiversité, mais aussi l’équilibre écologique du complexe, compromettant sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE).
Malgré ces défis, des efforts ont été déployés pour renforcer la protection du complexe. En 2022, une opération conjointe entre les forces de sécurité du Bénin, du Burkina Faso et du Niger a permis de démanteler un réseau de braconniers, saisissant des armes et des produits illégaux (UNESCO, 2022). De plus, les efforts de surveillance des équipes de lutte anti-braconnage appuyées par les Forces de Défense et de Sécurité, et le renforcement des capacités humaines et matérielles des équipes sur le terrain s’est poursuivi en 2024.
Par ailleurs des travaux de renforcement au niveau des infrastructures de surveillance sont réalisés et d’importants équipements individuels et collectifs de patrouille (tentes, GPS, Talking-Walking, drones, ULM, etc...) sont mis à la disposition des unités de gestion des différents parcs du Complexe (Les Etats parties, 2024)

Gathering, Harvesting & Controlling Terrestrial Plants & Fungi
(Prélèvement de produits forestiers non-ligneux (PFNL))
Low Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Le prélèvement des produits forestiers non ligneux (plantes médicinales, fruits, etc.) et le ramassage de bois s'effectuent dans le site sous le contrôle des forestiers, ce qui explique la faible proportion des prélèvements. Toutefois, l'activité de cueillette dans le site couvre une faible proportion des besoins des populations (UICN/PAPACO, 2010). En 2017, le phénomène continue: la biodiversité du Complexe W-Arly-Pendjari est menacée par divers facteurs dont la récolte non durable du bois et des produits forestiers non ligneux en croissance régulière du fait de l'accroissement de la population (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017, 2019). Depuis 2018, les Etats parties ont renforcés les actions de la lutte anti-braconnage à l’échelle du complexe par i) le renforcement des effectifs en charge de la gestion du Bien, soit un effectif supplémentaire de cent trente-neuf (139) agents de surveillance, ii) le renforcement des capacités du personnel en stratégie de LAB et iii) à la gestion du renseignement des agents de surveillance (États parties du Bénin, Burkina Faso et Niger, 2019).
Oil & Gas exploration/development
(Construction d'un oléoduc entre le Niger et le Bénin)
Low Threat
Outside site
Un projet d'oléoduc traversant 38 km de la zone tampon de l'élément béninois du bien est en phase opérationnelle depuis novembre 2023. Quoique le rapport préliminaire de l'ESIA sur le projet révèle un certain nombre d'impacts négatifs importants sur la faune et la flore à tous les stades du projet et sur l'ensemble de son tracé, il n'y a pas eu d'analyse spécifique des impacts négatifs potentiels du projet sur les attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien (UNESCO, 2024). L'ESIA de ce projet n'ait pas été soumise au Centre du patrimoine mondial avant la mise en œuvre du projet. En 2024, la Comité du Patrimoine mondiale a fait demande aux États Partie de soumettre informations détaillées sur le tracé de l'oléoduc par rapport au bien, ainsi que sur les mesures prises pour éviter tout impact négatif potentiel et les mesures prises en prévision d'éventuels accidents afin d'éviter les dommages dus à la pollution et les incendies (UNESCO, 2024)
Roads, Trails & Railroads
(Développement des infrastructures de transport)
High Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Le projet d'aménagement et de bitumage de la route Banikoara - Kérémou - frontière du Burkina Faso présente une menace significative pour l'environnement, notamment en traversant le parc du W au Bénin (UNESCO, 2024). Le projet pourrait avoir des impacts négatifs majeurs sur le sol, la végétation, les eaux souterraines et l'air, ainsi que sur la faune et les habitats du parc, avec des risques accrus de collisions avec des animaux, de braconnage, de pollution sonore et de fragmentation des habitats. De plus, l'impact sur la partie burkinabé du parc, contiguë à celui du Bénin, n'a pas été suffisamment pris en compte. Le choix de cette route, plutôt qu'une autre plus éloignée, semble reposer sur des considérations économiques. Face à la mise en œuvre déjà en cours du projet, il est recommandé d'arrêter les travaux et d'exiger des informations détaillées sur les mesures prises pour préserver la valeur universelle exceptionnelle du parc avant de continuer (UNESCO, 2024).
Low Threat
Les principales menaces potentielles sont liées aux projets hydrauliques et miniers. Bien que le Niger ait décidé de renoncer aux projets susceptibles d'impacter le bien, il est possible que ces sujets reviendront à l'ordre du jour. La pollution des eaux du fleuve Niger liée aux activités minières à l'extérieur du bien constitue une autre menace potentielle qui devrait faire l'objet d'une attention particulière. L'augmentation des épisodes de sécheresse liée aux changements climatiques impacte les populations floristiques et fauniques mais des mesures adaptatives sont mises en œuvre.
Dams & Water Management/Use
(Barrage de Dyondyonga)
Low Threat
Outside site
Le Niger a renoncé au projet de construction du barrage électrique de Dyondyonga sur la Mékrou, qui aurait eu pour effet de faire disparaître la forêt galerie de la Mékrou, de perturber la dynamique des populations de faune et d’inonder des sites archéologiques majeurs à l’échelle nationale (UNESCO, 2005).
Mining & Quarrying
(Projets miniers)
Low Threat
Outside site
Le Niger a renoncé à l’exploitation d’une mine de phosphate dans le périmètre du bien (UNESCO, 2005) et il n’existe à ce jour aucun projet connu d’exploration ni d’exploitation minière. Cependant, du fait de la crise sécuritaire en cours dans la zone, des activités minières illégales pourraient se dérouler dans le bien.
Other Human Disturbances
(Pression anthropique)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Le déplacement des populations de la Tapoa lié au bitumage de la route Say/Tapoa a engendré une avancée du front agricole vers le bien, risquant d'accroître les déséquilibres déjà existants au niveau des villages riverains de l'aire protégée. (UICN/PAPACO, 2010).
En 2017, la situation est stable ou évolue lentement : La présence de la zone tampon permet de contenir l’avancée du front agricole, les incursions des transhumants et l’avancée des habitations. De ce fait, les restrictions d’usage des ressources induites par l’existence du Complexe W-Arly-Pendjari sont acceptées par les populations riveraines (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017).
Water-borne & other effluent Pollution
(Pollution)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
La pollution issue des prospections minières et des ordures ménagères des villages environnants impacte le bien en contaminant les eaux du fleuve Niger (UICN/PAPACO, 2010). La présence d’ordures ménagères au niveau de la base Tapoa constitue une menace potentielle importante en raison de l’augmentation de la population (agents forestiers, écogardes, guides touristiques et employés de l’hôtel Tapoa) si des dispositions ne sont pas prises pour freiner le phénomène de peuplement incontrôlé de la Tapoa (Consultation de l'UICN, 2014).
En 2017, le phénomène s'amplifie : l’agriculture extensive augmente les effets néfastes de l’érosion par le vent et par l’eau, provoquant l’envasement progressif des ruisseaux et des rivières à l’intérieur des aires protégées. Ce phénomène a un impact sur la capacité de rétention des points d’eau, provoquant un déficit hydrique au cours de la saison sèche. L’assèchement précoce des mares contraint la faune sauvage à se regrouper autour des points d’eau, facilitant ainsi le braconnage. De plus, les eaux de surface deviennent de plus en plus polluées par les pesticides et autres produits agrochimiques, menaçant la flore et la faune des terres humides (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017).
Changes in Precipitation & Hydrological Regime
(Stress hydrique)
Low Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Outside site
La perturbation du régime des précipitations est observée localement. Elle se traduit par une augmentation des épisodes de sécheresse (certaines mares s'assèchent dès le mois de décembre, les grands arbres situés près des fleuves meurent en raison de trop faibles niveaux d'eau), à laquelle s’ajoute l’érosion de l'Harmattan qui conduit à l’ensablement de certains points d’eau. Ce stress hydrique a un impact négatif sur les populations fauniques et floristiques. Toutefois, des réponses adaptatives sont mises en place avec l’implantation de mares et de forages solaires qui permettent de pallier les effets de la sécheresse (Consultation de l'UICN, 2016).
Garbage & Solid Waste
(Ordures ménagères)
Low Threat
Outside site
Le problème des ordures ménagères subsiste à Tapoa malgré la mise en place d’un système de collecte (Consultation de l'UICN, 2016)
Involvement of stakeholders and rightsholders, including indigenous peoples and local communities, in decision-making processes
Some Concern
L’implication des parties prenantes et des détenteurs de droits, y compris les peuples autochtones et les communautés locales, est essentielle pour la gestion et la conservation du Complexe W-Arly-Pendjari (WAP). Ces dernières années, malgré la crise sécuritaire en cours, des efforts ont été déployés pour les identifier et les consulter, mais des défis persistent. Par exemple, au Bénin, des consultations régulières avec les communautés locales ont été organisées pour discuter des stratégies de conservation et des projets de développement, comme l’initiative d’écotourisme communautaire dans le parc de la Pendjari, qui a généré des revenus pour les populations locales. Cependant, au Burkina Faso, des conflits ont émergé en raison de l’exclusion perçue des communautés dans les décisions de gestion du parc, notamment concernant l’accès aux terres de pâturage (UNESCO, 2021). Ces tensions montrent que la consultation n’est pas toujours inclusive ou équitable.

Les droits des peuples autochtones et des communautés locales sont reconnus dans les structures de gouvernance du WAP, mais leur respect est inégal. Au Niger, par exemple, les éleveurs pastoraux ont signalé des restrictions d’accès aux zones de pâturage traditionnelles, malgré leurs droits coutumiers (RFI, 2021). Bien que des programmes de conservation communautaire aient été mis en place, comme la participation des populations locales à la surveillance anti-braconnage, les conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles restent fréquents. Par ailleurs, les pratiques et connaissances traditionnelles, bien que valorisées dans certains projets, ne sont pas systématiquement intégrées dans les processus de décision. Par exemple, au Bénin, les savoirs locaux ont été utilisés pour restaurer des habitats dégradés, mais cette intégration reste limitée dans d’autres zones du complexe (UNESCO, 2020).

Les relations avec les parties prenantes et les détenteurs de droits sont cruciales pour la conservation du WAP, mais elles sont parfois tendues. Les initiatives d’écotourisme et de partage des bénéfices, comme celles menées au Bénin, montrent que des relations positives peuvent favoriser à la fois la conservation et le développement local. Cependant, des conflits persistent, notamment au Burkina Faso et au Niger, où les communautés estiment que leurs besoins ne sont pas suffisamment pris en compte. Par exemple, en 2021, des tensions ont éclaté au Niger entre les autorités du parc et les éleveurs locaux, qui réclamaient un meilleur accès aux ressources (RFI, 2021).
Legal framework
Mostly Effective
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) dispose d’un cadre juridique pour protéger sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE). Cependant, son efficacité dépend de son intégration dans les structures de gouvernance, de son adéquation aux défis actuels et de sa capacité à respecter les droits des communautés locales.
Le cadre juridique du Complexe WAP est bien défini, avec des législations nationales au Bénin, au Burkina Faso et au Niger, ainsi que des accords transfrontaliers et des conventions internationales. Par exemple, au Bénin, la loi n°93-009 de 1993 régit la gestion des parcs nationaux, interdisant strictement le braconnage, l’exploitation illégale des ressources et les activités nuisibles à la biodiversité. Au Burkina Faso, le code forestier de 2011 renforce la protection des espèces menacées et prévoit des sanctions sévères pour les infractions. Au Niger, la loi n°98-07 de 1998 sur la faune et les aires protégées établit un cadre juridique pour la conservation, incluant des peines d’emprisonnement et des amendes pour le braconnage. Ces législations sont essentielles pour préserver la VUE du complexe, mais leur application est souvent entravée par le manque de ressources et l’insécurité croissante. Par ailleurs, son intégration dans les structures de gouvernance et de gestion reste inégale. Par exemple, bien que les trois pays aient signé un accord tripartite en 2017 pour harmoniser leurs efforts de conservation (UNESCO, 2017), la coordination entre les administrations nationales et locales est parfois limitée. De plus, la crise sécuritaire dans la région, notamment les attaques de groupes armés, complique l’application des lois sur le terrain. Depuis 2021, des attaques contre des postes de gardes forestiers au Niger et au Benin ont mis en lumière les lacunes dans la mise en œuvre des mesures de protection (UNESCO, 2021).

Les questions foncières constituent un défi majeur pour la gestion du Complexe WAP. Bien que les aires protégées soient officiellement délimitées, les conflits fonciers avec les communautés locales persistent. Par exemple, les déplacements de populations fuyant l’insécurité, comme ceux observés au Burkina Faso depuis 2018, ont accru la pression sur les terres aux abords du complexe, entraînant des conflits homme-faune et une dégradation des habitats (UNHCR, 2020). De plus, les communautés locales, dont certaines dépendent des ressources naturelles pour leur subsistance, se sentent parfois exclues des processus de décision. Bien que des efforts aient été faits pour impliquer ces communautés, comme les programmes de développement durable et de sensibilisation, les droits d’accès aux ressources ne sont pas toujours clairement définis ou respectés. Par exemple, dans la zone Pendjari au Bénin, des tensions ont été rapportées entre les gestionnaires du parc et les communautés locales concernant l’accès aux zones de pêche et de pâturage (RFI, 2021).
Governance arrangements
Some Concern
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) est géré par un système de gouvernance transfrontalier impliquant le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, basé sur un accord tripartite signé en 2017. Cet accord vise à harmoniser les efforts de conservation et à coordonner la gestion des trois parcs nationaux composant le complexe (UNESCO, 2017). Une feuille de route actualisée a été adoptée pour la mise en place du Secrétariat Exécutif du Complexe W-Arly-Pendjari (SE-WAP). L’installation du SE-WAP est prévue la fin du premier semestre 2025 (États Partie du Bénin, Burkina Faso et Niger, 2025). Cependant, la crise sécuritaire qui frappe la région, notamment les attaques de groupes armés et l’instabilité politique, a considérablement affecté la gouvernance du site. Par exemple, au Burkina Faso et au Niger, les activités de gestion et de surveillance sont souvent entravées par l’insécurité, limitant l’accès des éco-gardes et des gestionnaires à certaines zones du complexe. En 2021, des attaques contre des postes de gardes forestiers au Niger ont entraîné la mort de plusieurs agents, affaiblissant les capacités de surveillance et de gestion (UNESCO, 2021). Cette insécurité compromet la mise en œuvre effective des politiques de conservation et la coordination transfrontalière. Les structures de gouvernance locales et nationales jouent un rôle clé dans la gestion du Complexe WAP, mais leur efficacité est parfois limitée par des conflits d’intérêts et un manque de ressources. Au Bénin, par exemple, les comités locaux de gestion impliquent les communautés dans la prise de décision, ce qui a permis de réduire les conflits homme-faune et de promouvoir des pratiques durables (UNESCO, 2020). Cependant, au Niger, les communautés locales signalent un manque de consultation et des restrictions excessives sur l’accès aux ressources, ce qui crée des tensions (RFI, 2021).
Integration into local, regional and national planning systems (including sea/landscape connectivity)
Mostly Effective
Le Parc national du W de Niger est contigu avec les parc nationaux du W du Bénin et du Burkina Faso, et l’ensemble forme avec les parcs nationaux d’Arly et de Pendjari le complexe WAP (W-Arli-Pendjari). Le développement d’un plan de gestion concerté du complexe à l’échelle des trois pays a permis de mener des actions de gestion conjointes entre les trois pays (LAB, inventaire aérien et pédestre de la grande faune, réunions de concertation entre gestionnaires et autorités administratives et politiques etc.) (Consultation de l'UICN, 2014). Le projet d’inscription du complexe WAP sur la liste du patrimoine mondial, comme une extension du parc national du W du Niger, a également contribué à renforcer la coopération entre les équipes de gestionnaires (Consultation de l'UICN, 2016). En 2017, l'extension du site du Patrimoine Mondial renforce la confiance des bailleurs et des gestionnaires (World Heritage Committee, 2017; Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017).
Boundaries
Some Concern
Depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 1996, les limites du Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) ont évolué pour renforcer la protection de ses écosystèmes et améliorer sa gestion. À l'origine, le site comprenait uniquement le Parc National du W, partagé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Son extension en 2017 a intégré les parcs nationaux d’Arly et de la Pendjari, augmentant ainsi sa superficie et consolidant son importance en tant que plus grande aire protégée transfrontalière d'Afrique de l'Ouest​. le Complexe WAP y compris sa zone tampon, jouent un rôle crucial dans la gestion et la protection de ses valeurs naturelles exceptionnelles. Cependant, leur efficacité est parfois compromise par des défis pratiques et contextuels. Les limites du complexe ont été définies pour englober les écosystèmes clés et les habitats des espèces emblématiques, mais leur tracé ne correspond pas toujours à la répartition spatiale des menaces actuelles, telles que le braconnage et l’expansion des activités humaines. Par exemple, au Burkina Faso, l’empiètement agricole et pastoral aux abords du parc d’Arly a entraîné une dégradation des habitats en dehors des limites officielles, mettant en péril la connectivité écologique du complexe (UICN, 2021). Le marquage des limites du Complexe WAP est partiellement réalisé, mais il reste insuffisant pour assurer une protection optimale. Dans certaines zones, comme au Bénin, les limites du parc de la Pendjari sont clairement indiquées par des panneaux et des barrières naturelles, ce qui facilite la surveillance et la gestion (UNESCO, 2020). Cependant, dans d’autres secteurs, notamment au Niger et au Burkina Faso, les limites sont mal délimitées ou non matérialisées, ce qui rend difficile le contrôle des activités illégales, telles que l'empiètement, le braconnage et l’exploitation forestière. En 2021, des opérations de surveillance ont révélé que des braconniers exploitaient des zones frontalières mal définies pour échapper aux patrouilles (UICN, 2021).
Overlapping international designations
Data Deficient
Le Site Ramsar transfrontalier, le "Complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari" a été déclaré en 2018 et comprend les Sites suivants: le Site Ramsar du Complexe W (Bénin, 2007, 275 500ha); la Zone Humide de la Rivière Pendjari (Bénin, 2007, 1 500ha); Zone Humide de la Rivière Mekrou (Bénin, 2007, 1 500ha) ; le Parc National d'Arly et le Parc National du W (Burkina Faso); le Parc national du W (Niger, 1987, 220 000ha) et la Zone humide du moyen Niger.

Les réserves de biosphère W region, Arly, et Pendjari se chevauchent avec le site WH.
Implementation of World Heritage Committee decisions and recommendations
Mostly Effective
Malgré la crise securitaire actuellement en cours dans le sahel et affectant gravement la zone du bien, les Etats Parties du Burkina Faso, du Benin et du Niger ont toujours collectivement produit les rapports sur l'état de conservation du bien comme demandé par le Comité. Dans chacun de ses rapports, les Etats Parties présentent leurs efforts ainsi que les défis qu'ils rencontrent dans la mise en œuvre des recommandations du Comité pour la protection de la Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE) du bien.
Climate action
Mostly Effective
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) dispose de plusieurs systèmes pour mesurer et atténuer les effets du changement climatique. Le projet Adapt WAP, financé par le Fonds d’Adaptation et mis en œuvre par l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), vise à renforcer la résilience des écosystèmes et à améliorer les conditions de vie des populations locales face aux impacts climatiques (OSS, 2023). Ce projet inclut notamment l’établissement d’un Système d'Alerte Précoce (SAP) multirisques, qui surveille les inondations, sécheresses et feux de forêt, afin d'améliorer l’adaptation et la gestion proactive des risques (BRLi, 2023).

Par ailleurs, un Plan d’Adaptation au Changement Climatique (PACC) a été élaboré pour le complexe WAP afin d’intégrer les considérations climatiques dans la gestion concertée du site (OSS, 2023). Ce plan repose sur une analyse des risques climatiques actuels et futurs, identifiant les vulnérabilités des écosystèmes et des communautés locales. Il sert de guide pour adapter les stratégies de conservation, en s’appuyant sur des données scientifiques et des observations locales (OSS, 2023).

Enfin, des initiatives de reboisement et de restauration durable des terres ont été réalisées dans les communes riveraines des Parcs Nationaux de la Pendjari et du W-Bénin, afin de renforcer la résilience des écosystèmes face au changement climatique (PAPBio, 2023). Ces actions impliquent activement les populations locales pour limiter la déforestation et préserver les ressources naturelles essentielles au site. Ces efforts combinés permettent ainsi une meilleure compréhension et gestion des impacts climatiques dans le complexe WAP tout en garantissant un équilibre entre conservation et bien-être des communautés locales (PAPBio, 2023).
Management plan and overall management system
Mostly Effective
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) dispose d'un Schema Directeur Regional d'Aménagement et de Gestion Concertée (2014-2033) visant à harmoniser la conservation et le développement durable sur ce site transfrontalier. Il met l’accent sur la protection des espèces emblématiques comme les éléphants et les lions, ainsi que sur la préservation des écosystèmes uniques du complexe. Les menaces clés, telles que le braconnage, l’expansion agricole et la crise sécuritaire, sont également prises en compte. En 2019, un accord tripartite a été signé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger pour renforcer la gestion concertée du complexe. Cet accord a conduit à l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Aménagement (SDA) et de Plans d’Aménagement et de Gestion (PAG) pour les parcs concernés, qui identifient les valeurs écologiques du site, les objectifs de conservation, les résultats attendus ainsi que les principales menaces pesant sur le complexe. Ces plans prennent également en compte l’adaptation au changement climatique, un enjeu majeur pour la résilience des écosystèmes et des communautés locales (OSS, 2023). Par exemple, le projet Adapt WAP, mis en œuvre par l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), intègre des mesures spécifiques d’adaptation aux changements climatiques dans la gestion du site, favorisant une approche de gestion adaptative face aux menaces identifiées (OSS, 2023). Cependant, bien que ce Shéma Directeur existe, sa mise à jour et son application effective varient selon les pays. Par exemple, au Bénin, le plan de gestion du parc de la Pendjari a été révisé en 2020 pour intégrer de nouvelles priorités, telles que la lutte contre le braconnage et le développement de l’écotourisme (UNESCO, 2020). En revanche, au Burkina Faso et au Niger, les plans de gestion locaux sont moins fréquemment mis à jour, et leur mise en œuvre est souvent entravée par l’insécurité et le manque de ressources (UNESCO, 2021).
Law enforcement
Some Concern
Le contexte sécuritaire actuel a amené les unités de gestion à adapter leurs stratégies de surveillance et de l’application des lois dans le bien. Ainsi, les patrouilles pédestres, motorisées et aériennes ont été mises en œuvre en fonction de la faisabilité dans chaque zone du bien, y compris dans sa périphérie. Les patrouilles de surveillance réalisées à l’intérieur et à la périphérie du bien par les équipes de lutte anti-braconnage se résument à un effort de 1 702 patrouilles pour 63 037 hommes-jour en 2024. Cet effort a permis d’appréhender 260 personnes présumées auteurs d’activités illégales. De plus, les efforts continus de sécurisation menés par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) des trois Etats à l’intérieur et en périphérie du bien ont permis d’inverser la tendance des événements violents comparé aux années précédentes (UNESCO, 2024). Plusieurs autres initiatives sont en cours pour améliorer les capacités en terme d'application des lois notamment : le renforcement de capacité en gestion de renseignement, de technique de surveillance et de traitement judicaire des scènes de crime au profit des unités de gestion du W-Burkina et W-Niger, le renforcement des effectifs de rangers avec la formation en cours de 90 nouveaux rangers et le renforcement des capacités des rangers à l’utilisation des drones et appareils de surveillance à vision nocturne et thermique et des détecteurs de métaux (détection des EEI) au Benin (UNESCO, 2024).
Sustainable finance
Some Concern
La mobilisation des ressources financières au profit du bien se poursuit à travers les principales actions ci-dessous récapitulées.
1) La dotation de la Fondation des Savanes Ouest Africaines (FSOA) a été renforcée par la contribution de l’Agence Française de Développement (AFD), avec un apport de 12 millions d’EUR pour le fonctionnement du guichet régional. La FSOA est le principal mécanisme de financement durable du bien et de sa zone périphérique. Les guichets du Bénin, du Burkina Faso et du Niger sont déjà opérationnels au niveau de la FSOA. L’opérationnalisation du guichet régional permettra de financer les activités transfrontalières à travers le secrétariat exécutif du bien.
2) Le financement du crédit carbone dans la partie béninoise du bien apparait comme un des mécanismes de financement durable du bien. Il vise à renforcer la durabilité écologique (paiements basés sur les résultats liés au travail sur le terrain et à la manière dont ils se traduisent au niveau des habitats et écosystèmes protégés), sociopolitique (collaboration entre les différentes parties prenantes, y compris le partage des bénéfices au niveau du gouvernement et des communautés), et financière (une nouvelle opportunité d’améliorer la capacité d’autofinancement des aires protégées).
D’autres actions visant à renforcer le dispositif de financement durable du bien ont été menées et on peut citer les principales actions ci-dessous :
a) La Stratégie de Mobilisation des Ressources (SMR) du PACC-WAP élaborée par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) à travers le Projet Adapt-WAP dont une partie des ressources mobilisées à cette fin a été reversée au niveau des fonds nationaux pour la microfinance de chaque pays, pour soutenir les initiatives locales au niveau des communautés riveraines du bien. L’autre partie du financement a servi à la mise en œuvre d’un système d’alerte précoce multirisques (SAP-MR) sécheresse, inondation et incendies ainsi que le renforcement de capacité des acteurs.
b) Le Projet RBT-WAP a obtenu des fonds additionnels d’un montant de 15. 100.000 Euros pour renforcer la résilience des communautés riveraines et promouvoir des aires communautaires de conservation pour la sauvegarde des biotopes des terroirs riverains.
c) La contribution financière des bailleurs mobilisés par African Parks Network dans le cadre de la délégation de gestion des parcs nationaux de la Pendjari et du W-Bénin pour un montant annuel d’environ 10.000.000 USD. Ces principaux bailleurs sont le Gouvernement béninois, la fondation Wyss, la fondation Wildcat, le Lion Recorvered Fund, Elephant Crisis Fund, INL, USFWS, Programme NaturAfrica de l’Union Européenne.
d) Le Projet « Améliorer la GIRE, la gestion et la gouvernance fondées sur la connaissance du bassin du Niger et du système aquifère d’Iullemeden - Taoudéni/Tanezrouft, financé à hauteur de 13 500 0000 USD, vise l’amélioration de la gestion, la gouvernance et la conservation des ressources basées sur les connaissances du Bassin du Niger et des systèmes aquifères de la région NB-ITTAS, à l’intérieur et à la périphérie du bien.
e) L’Initiative d’Appui à la Gestion Durable du Complexe WAP financée par le Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO se poursuit et vise la mobilisation des ressources additionnelles pour contribuer à la gestion durable du bien face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire (UNESCO, 2024).
Par ailleurs, tous les financement des projets à durée de vie limitée mentionnés ne constituent pas des financements durables.
Staff capacity, training and development
Some Concern
Le contexte sécuritaire actuel a amené les unités de gestion à adapter leurs stratégies de surveillance et de sécurisation du bien. Plusieurs initiatives sont en cours pour améliorer les capacités des éco-gardes et des Forces de Défense et de Sécurité actuellement déployés dans le cadre de la sécurisation du bien.
Au Burkina Faso : recrutement massif sur mesure spéciale de 1 275 agents des Eaux et Forêts sur une prévision de 4 000 agents d’ici 2025 pour renforcer le dispositif de protection de la biodiversité, notamment des parcs nationaux d’Arly et du W-Burkina Faso ; la création d’un groupement des unités combattantes des Eaux et Forêts de la région de l’Est au profit des parcs nationaux d’Arly et du W Burkina Faso ; le renforcement de capacité en gestion de renseignement, de technique de surveillance et de traitement judicaire des scènes de crime au profit de l’unité de gestion du W-Burkina.
Au Niger : l’organisation des patrouilles mixtes à l’intérieur du bien et sur la frontière avec le Burkina Faso, en collaboration avec les FDS (Armée, Gendarmerie Nationale, Garde Nationale) ; la mise en place d’un Bataillon Inter Armes entre Tamou et Alambaré (la construction du camp devant abriter le bataillon de militaires à la Tapoa (Parc W Niger) est en cours); la poursuite des actions d’une compagnie amphibie des Forces Armées Nigériennes à Boumba en collaboration avec l’unité de gestion du bien, qui sécurise le secteur du fleuve dans la composante nigérienne du bien avec 12 vedettes motorisées ; le renforcement de capacité en gestion du renseignement, technique de surveillance et de traitement judicaire des scènes de crime au profit de l’unité de gestion du W-Niger.
Au Bénin : le renforcement des capacités opérationnelles des FDS opérant à l’intérieur et en périphérie du bien, par l’acquisition de 12 autogyres et de 02 ULM Tetras ; le maintien de la présence des FDS dans et autour du bien par l’occupation des Bases opérationnelles et de Postes Avancés Fortifiés ; le renforcement des effectifs de rangers avec la formation en cours de 90 nouveaux rangers ; le renforcement des équipements de surveillance, de transport et de communication des unités de gestion avec l’acquisition de drones, de deux (02) ULM et la construction d’un sixième pylône VHF ; le renforcement des capacités des rangers à l’utilisation des drones et appareils de surveillance à vision nocturne et thermique et des détecteurs de métaux notamment les Engins Explosifs Improvisés (UNESCO, 2024).
Education and interpretation programmes
Mostly Effective
Des émissions radios et des projections de films sont réalisées occasionnellement afin de sensibiliser les populations locales aux problématiques de securité, de conservation, de braconnage et de pâturage illégal.
Tourism and visitation management
Serious Concern
Le complexe WAP dispose d'un potentiel touristique significatif en raison de sa biodiversité unique. Jusqu'à pas longtemps encore, des randonnées pédestres, en véhicule ou en canoë, étaient encore possibles. Il existe des conventions entre les gestionnaires et les communautés locales pour l'exploitation des sites éco-touristiques, mais la coopération reste limitée. Une infrastructure d'accueil a été réalisée à Molli. Elle a été construite grâce à
l'aide du programme ECOPAS. Trois concessions d’exploitation touristique ont été octroyées pour la construction d’écolodges dans le parc national du W, dont deux sont mises en exploitation (Rapport SOC 2015, Niger). Au Bénin, des initiatives comme l’écotourisme communautaire dans le parc de la Pendjari ont été développées pour générer des revenus tout en impliquant les populations locales dans la gestion des activités touristiques. Par exemple, des lodges écologiques ont été construits selon des normes de durabilité environnementale, et des guides locaux sont formés pour accompagner les visiteurs (UNESCO, 2020). Cependant, au Burkina Faso et au Niger, les infrastructures touristiques sont moins développées. Cependant, depuis 2010 avec l'éclatement de la crise securitaire au sahel affectant le bien, le tourisme est pratiquement en arrêt. En 2021, des attaques de groupes armés près du parc d’Arly ont dissuadé les touristes, affectant les revenus des communautés locales (UICN, 2021). L'entièreté de la zone reste à éviter selon le Ministère des affaires Etrangères français, depuis la prise d'otages de 2 touristes français en 2019 (France diplomatie, 2024).
Sustainable use
Some Concern
L’utilisation durable des ressources dans le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) reste un défi complexe. Des évaluations ont été menées pour déterminer les types et les niveaux de ressources pouvant être exploités sans compromettre la conservation du site. Par exemple, des études récentes au Bénin ont évalué la capacité de charge des zones de pâturage et des ressources en eau pour garantir que leur utilisation n’affecte pas les écosystèmes fragiles (UNESCO, 2020). Cependant, ces évaluations ne couvrent pas toujours l’ensemble du complexe, et des lacunes subsistent dans la compréhension des impacts cumulatifs de l’exploitation des ressources, notamment dans les zones frontalières entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger.
Des mécanismes ont été mis en place pour promouvoir une utilisation durable des ressources, mais leur efficacité est variable. Au Bénin, des initiatives d’écotourisme communautaire ont été développées pour générer des revenus tout en limitant l’impact sur l’environnement. Par exemple, les communautés locales participent à la gestion des lodges et des activités touristiques, ce qui réduit la pression sur les ressources naturelles (UNESCO, 2020). Cependant, dans certaines zones, comme au Niger, l’exploitation illégale du bois et le braconnage persistent, malgré les efforts de surveillance. En 2021, des opérations conjointes entre les trois pays ont permis de saisir des armes et des produits illégaux, mais la crise sécuritaire limite l’efficacité de ces mesures (UICN, 2021).
L’utilisation actuelle des ressources représente parfois une menace pour la conservation du site. Par exemple, au Burkina Faso, l’expansion des activités agricoles et pastorales aux abords du complexe a entraîné une dégradation des habitats et des conflits homme-faune (UICN, 2021). De plus, certaines communautés locales signalent des restrictions excessives sur l’accès aux ressources, comme l’eau et les pâturages, ce qui crée des tensions.
Monitoring
Serious Concern
Les Etats parties se sont accordés sur la nécessité de poursuivre la réalisation régulière d’inventaires aériens couvrant la totalité du bien, en utilisant une même méthodologie qui permet la comparaison des résultats et la détermination des tendances de l’évolution des populations fauniques. Toutefois le suivi régulier est entravé par la situation sociopolitique dans la région. L’inventaire aérien réalisé en 2024 n’a couvert que la partie béninoise du bien en raison de la ménace sécuritaire. La méthodologie utilisée est identique à celle de 2019 pour faciliter l’analyse des tendances des populations d’animaux. Le programme de suivi télémétrique du damalisque du bubale et du lion s’est poursuivi dans la composante béninoise du bien (UNESCO, 2024).
Research
Some Concern
Des programmes de recherche ont été menés dans le cadre du programme ECOPAS et les données fournies ont été partiellement utilisées par les gestionnaires (UICN/PAPACO, 2010), mais une approche stratégique en matière de recherche scientifique fait défaut. Ces dernières années, du fait de la crise securitaire en cours dans la zone du bien, les programmes de recherches sont difficiles. Néanmoins, au Benin, des projets de réintroduction d'espèces localement disparues sont envisagés au sein des parcs de la Pendjari et du W-Bénin, avec pour objectif à long terme de renforcer l'intégrité écologique de ces zones et du complexe WAP dans son ensemble. Ces projets, précédés d'études de faisabilité, seront mis en oeuvre une fois les conditions de sécurité assurées et les prérequis en place, apportant un bénéfice notable à l’écosystème du WAP. Les espèces concernées sont l'Eland de Derby, le Rhinocéros, la Girafe, le Lycaon, l'Autruche à cou rouge, le Guépard, le Damalisque, le Cobe de Buffon et le Cobe de defassa et les Hippopotames.
Par ailleurs, un inventaire aérien en 2024, basé sur la méthodologie de 2019, et exclusivement réalisé dans la composante béninoise du bien, en raison de la menace sécuritaire au Burkina Faso et au Niger, a montré une augmentation des populations d’éléphants (4641), de buffles (8464) et de bubales (425), mais une baisse des damalisques et des hippotragues (UNESCO, 2024).
Effectiveness of management system and governance in addressing threats outside the site
Serious Concern
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) est confronté à plusieurs menaces externes, notamment l’expansion agricole, le braconnage transfrontalier, les pressions pastorales et les impacts de la crise sécuritaire dans la région. Bien que le système de gestion et de gouvernance du complexe dispose d’un cadre transfrontalier solide, établi par l’accord tripartite de 2017 entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, son efficacité pour faire face à ces menaces externes reste limitée. Par exemple, l’expansion agricole et l’exploitation illégale des ressources aux abords du complexe continuent de menacer la connectivité écologique et les habitats clés. Les efforts de coordination entre les trois pays, bien que louables, sont souvent entravés par des différences dans les capacités institutionnelles et les contextes sécuritaires (UICN, 2020).

Le système de gestion du WAP inclut des mesures pour atténuer les menaces externes, telles que des patrouilles conjointes anti-braconnage et des initiatives de sensibilisation des communautés locales. Cependant, ces mesures sont souvent insuffisantes pour contrer des menaces à grande échelle, comme le braconnage organisé et les déplacements de populations fuyant l’insécurité. Par exemple, en 2021, des attaques de groupes armés près du parc d’Arly au Burkina Faso ont exacerbé les pressions sur les ressources naturelles du complexe, avec des impacts négatifs sur la faune et les écosystèmes (UICN, 2020). De plus, la crise sécuritaire limite l’accès des gestionnaires à certaines zones, rendant difficile la surveillance et la mise en œuvre des mesures de protection.
Effectiveness of management system and governance in addressing threats inside the site
Serious Concern
Le Complexe W-Arly-Pendjari (WAP) est confronté à plusieurs menaces internes, notamment le braconnage, la dégradation des habitats, les espèces invasives, les impacts du changement climatique, et surtout l'insécurité dans la region du bien. Le système de gestion et de gouvernance du complexe, basé sur un accord tripartite entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, a mis en place des mesures pour atténuer ces menaces. Par exemple, des patrouilles anti-braconnage régulières et des programmes de surveillance ont permis de réduire les activités illégales dans certaines zones. Cependant, l’efficacité de ces mesures est limitée par des défis tels que l’insécurité, le manque de ressources et les différences dans les capacités de gestion entre les trois pays. Depuis 2010, des attaques généralisées de groupes armés ont perturbé les activités de surveillance dans toutes les composantes du bien avec mort d'hommes dans les rangs à la fois des Forces de Défense et de Sécurité et des éco-gardes, mettant en lumière les limites du système face aux menaces internes.
En tant que site transfrontalier, le système de gestion du complexe WAP repose sur un accord tripartite signé en 2019, qui vise à harmoniser les efforts de conservation et à coordonner la gestion des différentes composantes du bien au Benin, Burkina Faso et au Niger. Cependant, malgré ce cadre de coopération, la protection et la gestion du bien, en plus d'être entravées par des différences dans les capacités institutionnelles, sont confrontées à des défis majeurs qui dépassent le contrôle des autorités de gestion. Les menaces externes incluent principalement le braconnage, qui cible les éléphants et les lions, ainsi que les impacts du changement climatique, comme la variabilité des précipitations et la hausse des températures qui affectent les écosystèmes du complexe, perturbant à la fois la flore et la faune. De plus, l'instabilité politique et les conflits dans la région, notamment l'extrémisme violent ainsi que la crisi entre Bénin et Niger compliquent la gestion du site et la sécurité des opérations de surveillance. Depuis 2010, des attaques généralisées de groupes armés ont perturbé les activités de surveillance dans toutes les composantes du bien et limitant l’accès des éco-gardes à certaines zones avec mort d'hommes dans les rangs à la fois des Forces de Défense et de Sécurité et des éco-gardes. Sur le plan interne, des problèmes de déforestation, de dégradation des sols et de conflits avec les communautés locales sur l'utilisation des ressources naturelles exacerbent les défis de conservation. La pression démographique et les activités humaines telles que l'agriculture illégale et le pâturage dans les zones protégées contribuent également à la dégradation des habitats et à la perte de biodiversité. Ces défis mettant en lumière les limites du système face aux menaces internes et externes, rendent difficile la mise en œuvre d’une gestion cohérente et efficace à l’échelle du complexe.

Une grande diversité et un continuum d'écosystèmes aquatiques et terrestres

High Concern
Trend
Deteriorating
Une partie des écosystèmes est sévèrement dégradée. Les valeurs de la zone humide pourraient être mises en danger si l'envasement et l'ensablement se poursuivent (UICN/PAPACO, 2010).
Les périodes de sécheresse sont responsables de la dégradation des paysages, de la modification des biotopes et des taux de mortalités élevés de la faune et de la flore. Tous les écosystèmes dans la sous-région sont confrontés à de tels phénomènes climatiques qui augmentent régulièrement (Etats parties du Bénin et du Burkina Faso, 2017).

Une riche biodiversité avec des espèces menacées

High Concern
Trend
Deteriorating
Malgré les fortes pressions qui s'exercent sur les ressources naturelles et malgré la faiblesse de l'implication des populations dans la gestion des ressources naturelles, ainsi que l'insuffisance des moyens financiers et matériels, le parc conserverait encore ses espèces phares (Eléphant, Lion, Guépard, Buffles, Lamantin) (UICN/PAPACO, 2010).
L’inventaire aérien de 2024, basé sur la méthodologie de 2019, et exclusivement réalisé au Bénin en raison de la menace sécuritaire au Burkina Faso et au Niger, montre une augmentation des populations d’éléphants (4641), de buffles (8464) et de bubales (425), mais une baisse des damalisques et des hippotragues. Les effectifs d’éléphants, de buffles et de bubales sont encourageants et réaffirment que les composantes béninoises servent de refuges des attributs clés de la valeur universelle exceptionnelle (VUE). Cependant, la baisse des damalisques et des hippotragues, et l’importante présence de bétail domestique (32663 têtes) sont inquiétantes (États parties du Bénin, Burkina Faso et Niger, 2024, 2025).
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Deteriorating
Les valeurs et les attributs du bien font faces à une diversité de menaces à la fois internes et externes et plus particulièrement la situation sécuritaire dans la zone du bien. Les valeurs qui justifient la VUE restent présentesmmalgré l’ampleur de l’impact de la présence des groupes armés et des activités illégales. En 2024, l’inventaire aérien basé sur la méthodologie de 2019, et s'est exclusivement réalisé au Bénin en raison de la menace sécuritaire au Burkina Faso et au Niger (UNESCO, 2024). La situation sécuritaire s'est également considérablement détériorée dans les composantes béninoise du bien avec les attaques sporadiques et meurtrières qui ont coûté la vie à plusieurs éléments des Forces de Défense et de Sécurité et des Eco-gardes entre 2024 et 2025. La dégradation dramatique de la situation sécuritaire dans la zone du Complexe W Arly-Pendjari fait que le bien soit confronté à des menaces graves qui pourraient avoir des effets nuisibles sur ses caractéristiques essentielles, et que la VUE du bien soit sujette à une mise en péril conformément au paragraphe 180 b) iii) des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.
Assessment of the current state and trend of other important biodiversity values
High Concern
Deteriorating
La situation du cœur de la Réserve de la biosphère n'est pas distincte de celle du site puisqu'il s'agit du même territoire. La zone tampon (réserves de Tamou et de Dosso) fait l'objet de revendications importantes des populations qui pourraient engendrer des risques importants en l'absence d'une surveillance rendue difficile par la faiblesse des moyens du site.

Additional information

Outdoor recreation and tourism
La réalisation des structures touristiques communautaires (infrastructures hôtelières) a permis de créer de l'emploi et des salaires pour les personnes qui y travaillent. Le développement du tourisme a facilité la mise en place d'une taxe de visite qui est reversée aux différentes communes riveraines des parcs et réserves au plan administratif. Les communautés ne jouissent pas des droits d'utilisation de certaines ressources de l'aire protégée. Elles reçoivent une part des taxes de visites et des taxes sur les infractions sanctionnées par les gestionnaires. Chaque campement touristique communautaire est géré par un comité de gestion villageois autonome et les revenus issus de l'hébergement des touristes reviennent entièrement aux communautés. (UE/ECOPAS, 2005) (UICN/PAPACO, 2010).
En 2019, le secteur touristique a dû subitement se restreindre. Toute la zone de l'aire protégée est "Formellement déconseillée" dans les 3 pays. A suivre. (Benin, 2020 & Burkina, 2020).
Legal subsistence hunting of wild game,
Fishing areas and conservation of fish stocks
La pêche n'est pas autorisée dans le bien.
Le système des AVIGREF permettaient aux populations des villages riverains de bénéficier au Bénin de grandes quantités de viandes anciennement réservées à quelques personnes. Cette initiative a permis de renforcer les actes de la population en faveur de la protection effective du parc. 
Access to drinking water
Données insuffisantes
Data deficient
History and tradition
Il existe des sites archéologiques dans le site, tels que Natangou, Bata, Ngnafaru, George de la mékrou, Tchiba, parmis d'autres. Toutefois, ces valeurs culturelles sont peu valorisées.
Wilderness and iconic features
Il existe des sites rituels dans le site et dans sa zone tampon.
Collection of genetic material
Données insuffisantes
Data deficient
Contribution to education
Des émissions radios, des projections de films, sont réalisées occasionnellement et traitent de la conservation, du braconnage et du pâturage illégal. Le
dernier programme d'éducation environnementale a été effectué en juin 2009. (UICN/PAPACO, 2010)
Pollination
Données insuffisantes
Data deficient
Sustainable extraction of materials (e.g. coral, shells, resin, rubber, grass, rattan, etc)
Le prélèvement des produits forestiers non ligneux (plantes médicinales, fruits, etc.) s'effectue dans le site sous le contrôle des forestiers, et reste quantitativement faible. Toutefois, l'activité de cueillette dans le site couvre une faible proportion des besoins des populations.
Soil stabilisation
La région du W constitue une barrière naturelle contre l’avancement de la désertification depuis le Nord.
Les communautés villageoises de la périphérie du site reçoivent des revenus provenant du tourisme et des amendes liées aux infractions. Les communautés locales sont directement impliquées dans la gestion des campements touristiques et en tirent des bénéfices financiers. Le site a permis le recrutement des écogardes au sein des populations locales pour la surveillance. Il offre également des opportunités d'emploi, directement au cours des travaux d'entretien, et indirectement par les services de guidage dans le site. Face à la pression externe qui s'exerce sur le bien, ces bénéfices jouent et joueront un rôle capital dans la conservation du site. A suivre. 
Organisation Brief description of Active Projects Website
1 Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) Le projet AdaptWAP vise à renforcer la résilience des écosystèmes et à améliorer les moyens de subsistance des populations du complexe WAP face au changement climatique. Ses objectifs incluent l'intégration des enjeux climatiques dans les documents stratégiques, la mise en place d'un Système d'Alerte Précoce Multirisque (SAP-MR), et la réalisation de mesures d'adaptation concrètes telles que l'aménagement de points d'eau pastoraux et la formation des acteurs locaux.
oss-online.org
2 Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) Le PAPBio englobe plusieurs paysages prioritaires de conservation, dont le complexe WAP. Il vise à promouvoir des modèles de gouvernance participative, impliquant les communautés locales dans la préservation des espaces et la gestion durable des ressources naturelles. Le programme met l'accent sur le partage d'expériences et la coopération régionale pour lutter contre la criminalité environnementale.
papbio.org
3 Agence Française de Développement (AFD) Le PASOA soutient la Fondation des Savanes Ouest-Africaines dans ses efforts de conservation du complexe WAP. Le projet vise à renforcer la gouvernance stratégique du complexe, à assurer un financement pérenne pour la conservation de la biodiversité, et à contribuer au développement économique des communautés locales en réduisant les conflits et en mettant en place des mécanismes de concertation inclusifs.
afd.fr
4 OSS le projet a pour objectif d’améliorer la gestion, la gouvernance et la conservation des ressources du bassin du fleuve Niger (NB) et des Systèmes aquifères d’Iullemeden-Taoudéni/Tanezrouft (ITTAS), pour soutenir la GIRE au profit des communautés et pour améliorer la résilience des écosystèmes.
https://www.oss-online.org/fr/eau/ittas
5 BMZ Le projet a pour objectif de promouvoir un développement économique endogène, durable et inclusif, répondant aux défis du changement climatique. - Avec un objectif d’impact est de mettre en œuvre de façon adaptée à la situation sécuritaire, les éléments essentiels de l’accord tripartite sur la Réserve de Biosphère Transfrontalière W-Arly-Pendjari (RBT-WAP) notamment la coopération transfrontalière institutionnalisée et le renforcement de la résilience des populations des zones périphériques : - Les conditions de la coopération politique transfrontalière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger pour la protection de la RBT-WAP sont améliorées - Les conditions d’une utilisation rentable, durable, inclusive et préservant la biodiversité des terres gérées de façon communautaire dans la périphérie de la RBT WAP sont améliorées - Le système de soutien au développement de chaînes de valeur ajoutée (CVA) pour les populations des zones périphériques de la RBT-WAP est renforcé.
6 Union européenne (UE) Nature Africa
7 Fondation des Savanes Ouest Africaines (FSOA ) Créée en 2012, Fonds Fiduciaire pour la Conservation de la biodiversité, dédié au financement durable des activités de conservation et de développement durable des RBT du WAP; Mécanismes financiers mobilisant des capitaux importants pour générer des revenus réguliers sur le long terme; Guichets Bénin (24,25 M€ + 20 M€ KfW 2022-23) et BF (10,5 M€) opérationnels, Guichet Niger en cours d’ouverture avec dotation KfW de 20 M€; Guichet régional qui accompagnera des actions régionales du SE-WAP et des activités transfrontalières, en voie d’ouverture avec dotation AFD de 8 M€. Projets « PASOA » de l’AFD/FFEM et d’Appui à l’opérationnalisation du Guichet Niger par la KfW

Références

Références
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