Manovo-Gounda St Floris National Park

Country
Central African Republic
Inscribed in
1988
Criteria
(ix)
(x)
The conservation outlook for this site has been assessed as "critical" in the latest assessment cycle. Explore the Conservation Outlook Assessment for the site below. You have the option to access the summary, or the detailed assessment.
The importance of this park derives from its wealth of flora and fauna. Its vast savannahs are home to a wide variety of species: black rhinoceroses, elephants, cheetahs, leopards, wild dogs, red-fronted gazelles and buffalo, while various types of waterfowl are to be found in the northern floodplains. © UNESCO

Résumé

2025 Conservation Outlook

Finalised on
11 Oct 2025
Critiques
Le site est menacé par les activités humaines permanentes en grande partie illégales (braconnage, pâturage, agriculture, feux, extraction de diamants, insécurité) qui ont eu un impact considérable sur la flore et la faune. La combinaison des menaces existantes rend la situation complexe. L’insécurité, ainsi que le manque de moyens de la zone, ne permettent aucun contrôle. La surface est trop vaste pour pouvoir être réellement contrôlée, et les gardes se trouvent trop loin du site-même. Il est urgent d’élaborer un plan d’action d’urgence alors que le dernier recensement aérien montre un déclin de plus de 75% des grands mammifères au cours des 15 dernières années. Les dernières populations de grands mammifères se concentrent désormais à la périphérie du site. Sur la base des inventaires aériens conduits en 2021, on peut conclure que le bien a perdu sa valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, il reste un potentiel de régénération des populations de faune à partir des poches relictuelles de biodiversité et des échanges avec les zones avoisinant le bien, mais ce potentiel est très fragile. Seules des mesures d’urgence, accompagnées de l’assistance internationale et de l’engagement ferme de l’État pourraient maintenir ce potentiel. Il est indispensable que le plan d’urgence soit élaboré rapidement et que la faisabilité de la restauration de la VUE du bien soit évaluée. Le traité de paix signé en 2019 et le partenariat avec le WCS pour la gestion et la protection du bien depuis 2018 devraient permettre d'améliorer la situation mais des actions urgentes sont à mettre en place pour préserver le bien, dont la VUE est largement remise en cause, peut-être même de façon irréversible (IUCN/UNESCO, 2019).

Current state and trend of VALUES

High Concern
L'état actuel des valeurs et attributs du patrimoine mondial du Parc national de Manovo-Gounda St Floris est particulièrement préoccupant , avec une tendance générale à la détérioration. Le parc, qui abrite la plus grande savane d'Afrique centrale et une faune exceptionnellement riche, a subi des pertes massives de biodiversité en raison du braconnage intensif, de la transhumance incontrôlée et de l'exploitation minière artisanale. Les populations de grands mammifères, notamment les éléphants, les girafes et les antilopes, ont considérablement diminué. Les données de biomonitoring récentes montrent que certaines espèces clés, comme l'éléphant, le lion et la girafe, sont au bord de l'extinction dans le parc malgré quelques individus observés au cours de l'inventaire de 2021. Les habitats fluviaux et les plaines inondables, essentiels pour la biodiversité, sont également menacés par les activités minières et les feux de brousse, qui modifient les écosystèmes et réduisent la disponibilité des ressources pour la faune sauvage. Malgré les efforts récents pour renforcer la surveillance et la gestion, la situation reste préoccupante, avec une pression continue sur les écosystèmes et les espèces.

La tendance actuelle est à la détérioration, bien que des efforts de conservation aient permis de stabiliser environs 63% du parc. Les initiatives comme le recrutement de "garde tangos" et d'éco-gardes, ainsi que les patrouilles régulières, ont conduit à des arrestations de braconniers et à la destruction de camps illégaux, montrant une amélioration locale de la protection. Cependant, l'instabilité sécuritaire, la transhumance transfrontalière les activités illégales et une possible exploitation pétrolière continuent de poser des défis majeurs. Les données de biomonitoring indiquent la présence d'espèces clés, mais les méthodologies variées et le manque de suivi cohérent sur plusieurs années rendent difficile l'évaluation précise des tendances. En résumé, bien que des efforts récents aient permis des avancées locales, l'état général des valeurs patrimoniales du parc reste très préoccupant, et une action coordonnée et soutenue est nécessaire pour inverser la tendance à la détérioration et préserver les écosystèmes et la Valeur Universelle Exceptionnelle du parc.

Overall THREATS

High Threat
Le Parc national de Manovo-Gounda St Floris est confronté à des menaces actuelles et potentielles très préoccupantes, qui compromettent gravement son intégrité écologique et ses valeurs patrimoniales. Le faible niveau actuel des populations animales est le résultat de l’exploitation illégale et anarchique de la faune au cours des dernières décennies. La pression continue et la capacité de gestion insuffisante du bien n’ont pas donné aux populations la chance de se rétablir. Les menaces actuelles incluent le braconnage intensif, notamment des éléphants pour l'ivoire, qui a entraîné une réduction drastique des populations de grands mammifères; la transhumance transfrontalière, avec des troupeaux de bétail venant du Tchad et du Soudan, exerce une pression énorme sur les écosystèmes, provoquant un surpâturage et une dégradation des habitats; l'exploitation minière artisanale, bien que localisée, perturbe les habitats fluviaux et contribue à la pollution des cours d'eau. En outre, les feux de brousse, souvent allumés pour l'agriculture ou le pâturage, modifient les écosystèmes et réduisent la disponibilité des ressources pour la faune sauvage. L'insécurité persistante dans la région, liée aux conflits armés et à la porosité des frontières, facilite l'installation de réseaux transfrontaliers d'exploitation illégale des ressources naturelles, aggravant encore ces pressions.

Les menaces potentielles incluent la prospection pétrolière et l'exploitation forestière illégale. Des activités d'exploration pétrolière menées par des entreprises internationales, ont été identifiées à proximité du parc. L'exploitation forestière illégale, ciblant des essences précieuses comme le sapelli, sévit dans les zones tampons et risque de fragmenter davantage les habitats. Les changements climatiques constituent une autre menace potentielle, bien que leurs effets directs sur le parc restent mal documentés. La raréfaction des ressources en eau et en pâturages dans les pays voisins pourrait intensifier la transhumance transfrontalière, augmentant la pression sur les écosystèmes déjà fragilisés. En résumé, les menaces actuelles et potentielles sont multiples, interconnectées et d'une intensité très élevée, nécessitant une réponse coordonnée et soutenue pour préserver la biodiversité dans le parc.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Serious Concern
La protection et la gestion du Parc national de Manovo-Gounda St Floris présentent des lacunes significatives, bien que des efforts récents aient été déployés pour améliorer la situation. Depuis 2018, un partenariat public-privé entre le gouvernement centrafricain et la Wildlife Conservation Society (WCS) a été mis en place pour une durée de 25 ans, visant à renforcer la gestion du parc, l'application de la loi et l'engagement communautaire. La protection et la gestion du bien reposent sur un cadre stratégique détaillé dans le plan de gestion et de conservation 2023-2032. Des initiatives comme le recrutement et la formation de "garde tangos" (agents locaux régulant la transhumance) et d'éco-gardes ont permis d'améliorer la surveillance et de réduire certaines activités illégales. En 2024, 63 % de la superficie du parc était sous contrôle, avec des patrouilles régulières ayant conduit à l'arrestation de braconniers et à la destruction de camps illégaux. Cependant, cela ne semble pas avoir mis fin aux activités illégales dans cette zone. Les défis restent immenses, notamment en raison de l'instabilité sécuritaire et du manque de moyens pour couvrir l'ensemble du vaste territoire du parc.
Le cadre juridique pour la protection du parc est solide, avec plusieurs lois et codes régissant la faune, les forêts et les aires protégées. Cependant, l'application de ces lois reste problématique en raison de la corruption, de la faible présence des forces de l'ordre et de la complexité des conflits armés dans la région. Le parc est intégré dans un complexe d'aires protégées plus large, classé Réserve de biosphère par l'UNESCO, ce qui renforce son importance écologique régionale. Néanmoins, l'intégration du parc dans les plans de développement locaux et nationaux reste limitée, et les initiatives de sensibilisation et d'éducation environnementale sont encore insuffisantes. En résumé, bien que des efforts notables aient été réalisés pour améliorer la protection et la gestion du parc, notamment grâce à des partenariats internationaux et à l'implication des communautés locales, les défis structurels et sécuritaires continuent de limiter l'efficacité globale de ces mesures.

Full assessment

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Description of values

La plus grande savane d’Afrique centrale

Criterion
(ix)
Le Parc national du Manovo-Gounda St Floris recèle de formations naturelles extraordinaires. Le parc est situé à cheval sur les zones biogéographiques soudano-sahélienne et soudano-guinéenne. Il en résulte une variété d’habitats de pleines herbeuses au nord aux savanes arborées avec des forêts galeries au sud.

Ce vaste parc, entouré de zones de chasse et qui a un corridor fonctionnel au Parc National de Bamingui-Bangoran, protège la plus grande savane de l’Afrique centrale. Il représente un exemple unique de ce type d’écosystème, abritant des populations viables de différentes espèces typiques de cette partie d’Afrique et d’autres originaires de l’Afrique orientale et occidentale (Comité du patrimoine mondial, 2011).

Processus et habitats fluviaux (bassin versant de trois grands fleuves)

Criterion
(ix)
Le bien englobe la totalité des bassins versants de trois grands cours d’eau (Manovo, Koumbala et Gounda), avec des plaines d’inondation herbeuses et des zones humides. Les plaines sont entrecoupées de petits inselbergs granitaires, avec au sud le massif de grès accidenté des Bongos. Les plaines sont soumises à la fois aux inondations et aux feux, et cela se reflète dans une certaine mesure dans la végétation. Plus au sud, les zones plus élevées sont recouvertes par une savane de bambou, et des étendues boisées associées aux terrains accidentés des sources des cours d’eau (Comité du patrimoine mondial, 2011).

La faune très riche des savanes soudano-sahélienne et soudano-guinéenne

Criterion
(x)
La faune du parc reflète sa position transitionnelle entre l’Afrique de l’est et de l’ouest, le Sahel et les forêts humides. Il contient la faune le plus riche du pays y compris environ 57 espèces de mammifères qui ont été bien protégés dans le passé. A cet égard, il ressemble aux riches savanes de l’Afrique de l’est (Comité du patrimoine mondial, 2011). Bien que le braconnage ait décimé la faune sauvage depuis les années 1980, la présence de zones mieux protégées au nord (Zakouma) et au sud (Chinko) offre encore des opportunités de reconstitution des populations animales (Consultation de l'UICN, 2025).

Au sein de la région de St Floris, la concentration la plus importante de grands mammifères semble être celle des cobes de Buffon, alors que neuf autres ongulés se trouvent également en nombre plutôt important : le céphalophe de Grimm, le cobe défassa, le bubale roux, l’ourébi, le damalisque, le rédunca, le buffle, et le phacochère. Parmi les autres grands mammifères notables ou remarquables, il faut citer l’antilope rouanne, la girafe, et l’éland de Derby. Le céphalophe à flanc roux, et le céphalophe à dos jaune, comptent parmi les espèces moins communes.

Espèces importantes y compris les grands mammifères clés

Criterion
(x)
Plusieurs espèces mammifères importantes du point de vue de la conservation vivent dans le parc, comme l’éléphant, l’hippopotame, la gazelle à front roux, le lion, le léopard, le guépard, le lycaon, le bec-en-sabot, et le crocodile. Malheureusement, le braconnage continue d’avoir un impact important sur le nombre de rhinocéros et d’éléphants, après avoir affecté déjà le léopard et le crocodile. La gazelle à front roux est également présente, à la limite sud du parc (Comité du patrimoine mondial, 2011). Le rhinoceros noir est disparu depuis les années 1990s (Consultation de l'UICN, 2025).

Quelques 320 espèces d’oiseaux ont été identifiées, dont au moins 25 espèces de rapaces comme le bateleur des savanes et l’aigle pêcheur africain. On y trouve également de vastes populations saisonnières de pélicans et de marabouts, et le parc est susceptible d’être très important pour les oiseaux aquatiques et de rivage.

Assessment information

High Threat
Le Parc national de Manovo-Gounda St Floris fait face à des menaces actuelles très préoccupantes, principalement en raison de l'insécurité persistante dans la région, du braconnage intensif, de la transhumance incontrôlée et de l'exploitation minière artisanale. L'insécurité, liée aux conflits armés et à la porosité des frontières avec les pays voisins comme le Tchad et le Soudan, a facilité l'installation de réseaux transfrontaliers d'exploitation illégale des ressources naturelles. Le braconnage, notamment des éléphants pour l'ivoire, a entraîné une réduction drastique des populations de grands mammifères, certains au bord de l'extinction. De plus, la transhumance transfrontalière, avec des troupeaux de bétail venant des pays voisins, exerce une pression énorme sur les écosystèmes du parc, provoquant un surpâturage et une dégradation des habitats. L'exploitation minière artisanale, bien que localisée, perturbe également les habitats fluviaux et contribue à la pollution des cours d'eau.
D'autres menaces dont il n'a pas assez de données récentes sont les feux de brousse, souvent allumés pour l'agriculture ou le pâturage, modifiant les écosystèmes et réduisant la disponibilité des ressources pour la faune sauvage; et les activités agricoles, bien que limitées, ajoutant une pression supplémentaire sur les zones périphériques du parc.

Malgré les efforts récents pour renforcer la surveillance et la gestion, notamment grâce à des initiatives comme le recrutement de "garde tangos" pour réguler la transhumance, ainsi que les patrouilles anti-braconnage, les menaces restent élevées. La situation sécuritaire en cours de stabilisation et le manque de ressources financières et humaines continuent de limiter l'efficacité des mesures de protection. En résumé, les menaces actuelles sont multiples, interconnectées et d'une intensité élevée, nécessitant une réponse coordonnée et soutenue pour préserver le parc.
Fire & Fire Management
(Feux)
Data Deficient
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Des feux sont fréquemment allumés au gré des diverses activités illégales (chasse, pâturage, et agriculture). Ceux feux contribuent aussi à modifier lourdement les écosystèmes. Selon le relevé aérien de 2010, les feux sont plutôt importants à la périphérie sud du site (zones cynégétiques villageoises, réserves de chasse), et certains sont situés au sein même du parc (dans le sud du parc) (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). La pratique des feux de brousse est d’usage courant et le fait des éleveurs qui brûlent systématiquement les savanes sous prétexte de favoriser la régénérescence de la végétation pour les besoins des troupeaux pendant la saison sèche (UNESCO et UICN, 2019). Les feux de brousse sont aussi pratiqués pour préparer les sentiers et faciliter la circulation des troupeaux d'après le Schéma d’Aménagement Directeur du Territoire.

Bien que le feu fasse naturellement partie des dynamiques des savanes, ses effets actuels sur les écosystèmes du site restent mal connus. Une approche prudente est nécessaire pour limiter les impacts potentiels tout en tenant compte des usages traditionnels.
Mining & Quarrying
(Extraction artisanale de diamants à petite échelle au sein du site)
High Threat
Inside site
, Localised(<5%)
L’extraction à petite échelle de diamants existe, et perturbe la faune et la flore ainsi que les rivières, venant ajouter des problèmes à ceux créés par les autres menaces. L’exploitation de diamants est importante à la périphérie sud du site (zones cynégétiques villageoises, réserves de chasse) et particulièrement dans la reserve de faune de Ouandja-Vakaga qui borde à l'Est du bien avec des possibilités d'impacter directement le bien (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). L’exploitation minière artisanale est toujours en cours (particulièrement sur le nord-est du bien) et fait partie des activités ayant un impact négatif sur la VUE du bien (Etat Partie de la RCA, 2023).
Conflict, Civil Unrest & Security Activities
(Insécurité)
High Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Outside site
La situation d’insécurité rend très compliquée la limitation de toutes les menaces pesant sur le parc. Il constitue donc le problème crucial pour la protection du parc. L’insécurité de la zone Nord Est de la Centrafrique où se trouve le bien est liée à la guerre civile qui touche le pays depuis 2014, aux conflits armés dans les États voisins et à la porosité des frontières avec les pays voisins notamment le Tchad et le Soudan (UNESCO et UICN, 2019). La situation sécuritaire qui a prévalue dans le pays depuis la fin de l'année 2012 s'est progressivement ameliorée depuis 2020 si ce n'est les affrontements interethniques surveus entre les Goulas et les Roungas (Janvier à Avril 2020), les mouvements des combattants rebelles et des pasteurs venant de l'Ouest et du Sud de la zone fuyant l'avancée à partir de janvier 2021 des forces loyalistes (Etat Partie de la RCA, 2023). La situation est aggravée par une militarisation des transhumants et l’absence des forces régaliennes de l’Etat (armée, gendarmerie, police, eaux et forêts) a permis l’installation d’un vaste réseau transfrontalier d’exploitation et de commercialisation illégale de toutes les ressources naturelles du bien. Cependant, la signature d'un Accord politique pour la paix et la reconciliation en RCA entre le gouvernement Centrafricain et les groupes armés en 2019, permet d’espérer une restauration de l’autorité de l’Etat avec l’appui des groupes armés tels que prévu dans cet accord. Cet accord a permis de noter des avancées significatives, parmi lesquels la formation d'un gouvernement inclusif, la mise en place du comité mixte de sécurité, le lancement des travaux du Comité exécutif de suivi de l'Accord, l'organisation d'un séminaire gouvernemental sur la consultation nationale sur la mise en place de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation (Etat Partie de la RCA, 2023). Si la situation sécuritaire s’est améliorée en République centrafricaine grâce aux efforts des autorités appuyées par les forces « bilatérales russes » et les forces de la Mission onusienne (MINUSCA), certaines zones, notamment minières et frontalières, continuent de subir des attaques des groupes armés (UN News, 2024). En 2024, une superficie de 11000 km2 représentant 63% de la superficie du bien est sous contrôle par le personnel de conservation du parc (Etat partie de la RCA, 2024).
Annual & Perennial Non-Timber Crops
(Activités agricoles)
Data Deficient
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
Certaines activités agricoles ont été recensées à l’intérieur du site. Elles ne sont pas très étendues, mais contribuent tout de même aux menaces globales actuelles. Le relevé aérien de 2010 a permis de repérer plusieurs champs à la périphérie sud du site (zones cynégétiques villageoises) et un champ à la limite nord du site (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). Des coupes rases liées à l’agriculture ont également été observées (UNEP/WCMC, 2012). Il n'y a pas des données actuelles sur ce type d'activité.
Terrestrial Animal Farming, Ranching & Herding
(Pâturage)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
L’une des principales menaces, toujours en cours actuellement (UNESCO, 2017), provient des activités de pâturage au sein du site, liées à la transhumance des troupeaux venus de République centrafricaine, du Tchad, et du Soudan. La présence du bétail a un impact sur la végétation qui est préjudiciable à la faune et le passage du bétail contribue à la transmission des zoonoses. Les éleveurs sont également souvent responsables d’incendies car ils brûlent la savane pour encourager la repousse de la végétation pour le bétail, et ils se livrent également au braconnage pour leur propre approvisionnement alimentaire. D’après le dernier relevé aérien (2010), le nombre total d’animaux domestiques au sein du site s’élève à environ 280.000 têtes, mais serait certainement plus élevé si l’inventaire aérien était conduit durant les périodes de grandes migrations lors de la transhumance. Il faut comparer ces chiffres à ceux de la faune sauvage lors de la dernière estimation (2010) : 50.000 (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). La transhumance persiste toujours dans le bien (UNESCO et UICN, 2019). En effet, Dans la région Nord-Est de la RCA d’où se trouve le bien, les transhumants proviennent du Soudan et surtout du Tchad. Il s’agit d’importants troupeaux de plusieurs milliers de têtes qui viennent chercher des aires de pâturages dans la savane humide encadrés par des bergers armés. En 2022, au moins 54000 têtes de boeuf et 2500 têtes de moutons ont été repertoriées uniquement dans les zone prioritaires de conservation à savoir Koumbala, Manovo, Ngounda et Idongo-Ngassa (Etat partie de la RCA, 2024).
Depuis de nombreuses années, les autorités nationales n’ont plus la capacité d’intervenir dans la gestion de cette transhumance. Les éleveurs et leur bétail ont envahi le parc, en particulier dans les régions nord et ouest. Le surpâturage a entraîné une dégradation des habitats, réduisant la disponibilité des ressources pour la faune sauvage. Les images satellites de 2023 montrent une perte significative de végétation dans ces zones, attribuée au surpâturage (Global Forest Watch, 2023).
Hunting, Collecting & Controlling Terrestrial Animals
(Niveau élevé de braconnage des grands mammifères / Niveau important de la chasse de subsistance)
Other targeted species names
éléphant de savane,
High Threat
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
Le braconnage des grands mammifères perpétré par des groupes transfrontaliers lourdement armés a provoqué une grave raréfaction de la faune sauvage en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. L’éléphant de savane comme d’autres grands mammifères ont presque disparu du site. La chasse de subsistance est aussi importante au sein du site. Un relevé aérien de 2010 montre une diminution de 75% des grands mammifères par rapport à l’étude précédente (2005). Le braconage demeure une pression majeure au niveau et la principale cause de l’érosion de la grande faune mammalienne (UNESCO et IUCN, 2019). Il se déroule sous différentes formes. Il existe d’abord le braconnage de subsistance pratiqué par les communautés locales pour se procurer de protéines
animales pour l’autoconsommation. Ce braconnage de subsistance, du fait de la situation extrême de pauvreté des ménages de cette zone Nord Est de la RCA, a pris progressivement des proportions commerciales pour ravitailler les villes comme Bangui en viande de brousse. Le deuxième type de braconnage qui a véritablement décimé la grande faune est souvent appelé le « grand braconnage » et se focalise sur les éléphants pour le commerce d’ivoire. Elle est menée en grande partie par des personnes venant du Tchad et du Soudan en complicité avec certaines autorités de la région (notamment dans la ville de Ndélé) et de certains éléments des groupes armés (UNESCO et IUCN, 2019).
Ce « grand braconnage » se déroule durant la saison sèche d’octobre à mai, à travers des caravanes par
centaine de personnes à dos de chevaux, d’ânes et de chameaux. Ces trafiquants de la faune sont lourdement armés avec des moyens de communication sophistiqués. Il est important de noter que ce « grand braconnage » a considérablement diminué ces dernières années parce que l’éléphant semble au bord de l’extinction dans la zone Nord-Est de la RCA.
Plusieurs actions importantes contre le braconnage ont été menées en 2024 notamment l'arrestation de 382 braconniers, la description de 91 camps de braconnage, la confiscation de 510 câbles de braconnage et la confiscation de 171 armes artisanales, 316 munitions (Etat partie de la RCA, 2024).
Logging, Harvesting & Controlling Trees, Fishing, Harvesting & Controlling Aquatic Species
(Pêche et d'autres activités liées à la pêche )
High Threat
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
Des campements de pêcheurs ont été établis en 2024 le long de toutes les rivières (consultation de l'UICN, 2025). La plupart des pêcheurs viennent du Tchad et s'installent à l'intérieur du parc. Ils coupent des arbres pour le bois de chauffage et le séchage du poisson, et utilisent également les arbres pour construire des pirogues. Les pêcheurs utilisent également parfois des pesticides agricoles pour étourdir les poissons et les rendre plus faciles à attraper. Pour leur propre approvisionnement alimentaire, les pêcheurs chassent également.
Data Deficient
Le parc national de Manovo-Gounda St Floris est confronté à des menaces potentielles significatives, notamment liées à la prospection pétrolière et à l'exploitation forestière illégale. Depuis 2011, des activités d'exploration pétrolière menées par des entreprises internationales, comme la China National Petroleum Corporation (CNPC), ont été identifiées à proximité du parc. De plus, un projet sismique dans le bloc pétrolier A, chevauchant partiellement le parc, pourrait perturber les corridors écologiques et accroître le braconnage. L’absence de transparence sur les autorisations accordées et les impacts environnementaux éventuels aggrave ces inquiétudes. Par ailleurs, l'exploitation forestière illégale, ciblant des essences précieuses comme le sapelli, sévit dans les zones tampons et risque de fragmenter davantage les habitats, tout en exacerbant les conflits entre humains et faune sauvage.

Les changements climatiques constituent une autre menace potentielle, bien que leurs effets directs sur le parc restent mal documentés. La raréfaction des ressources en eau et en pâturages dans les pays voisins (Tchad, Soudan) pourrait intensifier la transhumance transfrontalière, augmentant la pression sur les écosystèmes déjà fragilisés. Bien que le parc ne subisse pas encore de désertification marquée, l’évolution des régimes pluviométriques et des températures pourrait altérer les dynamiques des bassins versants et des savanes, cruciales pour la biodiversité. Enfin, l’absence de données précises sur la vulnérabilité climatique du site et les mesures d’adaptation limite la capacité à anticiper ces risques. Ces menaces potentielles, combinées à l’instabilité sécuritaire chronique, exigent une vigilance accrue et une intégration proactive des enjeux environnementaux dans les politiques régionales et nationales.
Oil & Gas exploration/development
(Prospection pétrolière)
Data Deficient
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Depuis janvier 2011, une compagnie pétrolière chinoise, la China National Petroleum Corporation (CNPC) est présente à Gordil (l’une des bases du parc). Il est possible qu’une prospection pétrolière soit en cours au sein du bien, accompagnée des activités de braconnage associées (UNESCO, 2011). Un projet d’exploration pétrolière sismique de la société chinoise PITAL International Ltd est lancé dans la région Nord Est de la Centrafrique à la frontière du bien (UNESCO et IUCN, 2019). Selon les informations contenues dans l’EIES, la société PTIAL International Ltd a signé en juillet 2011 un « contrat de partage de production du projet de l’exploration et exploitation pétrolière » du Bloc A avec l’Etat Centrafricain. La surface du Bloc A est de 24 910 km2 et la première phase d’exploration a été prolongée au 6 août 2018. Selon l’EIES, le Bloc A est subdivisé en trois zones (Zone I, II et III) d'exploration. et chevauche le parc national de MGSF. La mission de suivi réactif a rencontré le responsable de mission pétrole au Ministère des Mines et de la Géologie pour avoir de plus amples informations sur ce projet mais malheureusement aucune information précise n’a été obtenue lors de cette réunion (UNESCO et IUCN, 2019). L'EIES ne pas fait cas du statut patrimoine mondial du parc national de MGSF. Il est important de rappeler que le code pétrolier à son article 49 soustrait l’exploitation et l’exploration pétrolière dans les parcs et réserves intégrales, mais dans ce même article, il est donné aux Ministres en charge des domaines et du pétrole, la prérogative d’autoriser l’exploitation et l’exploration pétrolière dans ces aires protégées (voire aussi chapitre 2.2). L’article ne prévoit d’ailleurs pas un consentement du Ministre en charge des aires protégées. Il n’est pas claire si cette autorisation a été explicitement donné. Le rapport de l'Etat partie en 2024 renseigne de la mise en place d'une Commission conjointe pour l'identification des limites du bloc pétrolier du nord du PNMGSF (Etat partie de la RCA, 2024).
Logging, Harvesting & Controlling Trees
(Exploitation forestière illégale et empiètement des terres)
Other targeted species names
Sapele
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
En République centrafricaine (RCA), la forêt couvre près de 37 % des 62 millions d’hectares de superficie nationale. Le secteur forestier, qui représente 13 % des recettes d’exportation du pays, est une source majeure de revenus et d’emplois. Cependant, cette abondante forêt est aussi le théâtre d’une vaste criminalité organisée : exploitation forestière illégale, trafic de bois, trafic de bois de chauffe pour produire du charbon. Chaque acte criminel contribue à une déforestation dévastatrice dont le taux annuel avoisine 1 % de la couverture totale de la forêt tropicale. L’essence la plus recherchée est le sapele, un bois dur de couleur brun-rougeâtre couramment utilisé pour la fabrication de meubles, de placages décoratifs et d’instruments de musique. En dehors des limites du parc, l'exploitation forestière illégale et l'expansion agricole ont entraîné une fragmentation des habitats. Cela réduit non seulement l'habitat disponible pour la faune, mais augmente également les conflits entre humains et animaux sauvages. Les rapports de 2023 indiquent que les activités d'exploitation forestière ont empiété sur les zones tampons, en particulier dans les régions Est et Sud.
Changes in Temperature Regimes, Changes in Precipitation & Hydrological Regime
(Changements climatiques)
Data Deficient
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Si la République centrafricaine a jusqu'à présent échappé aux effets directs de la sécheresse et de la désertification induites par le climat, les changements climatiques qui se produisent le long de ses frontières incitent les éleveurs transhumants du Tchad, du Soudan et du Cameroun voisins à empiéter plus fréquemment sur les communautés agricoles de la RCA, exacerbant ainsi la violence civile dans une région déjà en proie à des conflits. La raréfaction des ressources dans les pays voisins, conséquence directe du changement climatique, fait que la RCA devient un lieu de déversement d'animaux venus de l'extérieur pendant une partie de l'année, entraînant une concurrence pour l'eau et les pâturages (Heidi News, 2024). Bien que le changement climatique soit un facteur contribuant à la dégradation de l'environnement, les défis immédiats du parc sont principalement liés à des menaces directes telles que le braconnage, l'exploitation minière artisanale et les incursions de bétail. Très peu d'informations sont disponibles sur les mesures en place pour suivre et évaluer les effets du changement climatique sur la VUE du bien.
Involvement of stakeholders and rightsholders, including indigenous peoples and local communities, in decision-making processes
Some Concern
Ces dernières années, des efforts ont été faits pour identifier et impliquer les principales parties prenantes et les détenteurs de droits dans la gestion du parc national de Manovo-Gounda St Floris. Il s'agit notamment des communautés locales, en particulier des groupes autochtones qui ont des liens historiques avec la terre. Des consultations ont été lancées pour impliquer ces communautés dans les processus de prise de décision, en reconnaissant leurs connaissances traditionnelles et leurs intérêts directs dans la conservation du parc. Cependant, des difficultés persistent pour assurer une participation cohérente et significative de toutes les parties prenantes (Mangabey, 2024).

Les structures de gouvernance du parc ont commencé à reconnaître les droits légitimes des peuples autochtones et des communautés locales. L'importance d'intégrer les coutumes traditionnelles et les pratiques de gouvernance dans le système de gestion du parc est de plus en plus reconnue. Par exemple, en 2024, au total 83 « gardes tango » ont été recrutés, formés et déployés sur le terrain dont 36 dans le parc national Manovo Gounda (Etat partie de la RCA, 2024). Les gardes tango sont des membres locaux des communautés d'éleveurs qui servent de lien vital entre la direction du parc et les éleveurs, car ils utilisent leurs connaissances culturelles et régionales pour négocier pacifiquement les besoins des éleveurs tout en leur demandant de respecter les limites du parc. En démontrant que les pratiques traditionnelles de transhumance peuvent être efficacement conciliées avec les objectifs de conservation de la nature, le système des gardes tango constitue un modèle pour l'adoption d'approches similaires dans d'autres zones protégées d'Afrique.

Cette approche permet non seulement d'atténuer les effets négatifs de la transhumance sur la biodiversité, mais aussi de renforcer le sens de l'intendance au sein des communautés locales, garantissant ainsi la durabilité à long terme des efforts de conservation. Au début des activités de conservation en 2019, les communautés locales ont manifesté un sentiment de résistance à l'égard des initiatives liées à la conservation qui se déroulaient dans la région. Cependant, grâce à des efforts persistants et continus de sensibilisation, les communautés ont maintenant compris l'importance de la conservation et collaborent activement avec les différentes parties prenantes pour sauvegarder le bien. Le processus de sensibilisation a consisté à s'engager auprès des communautés locales et à les sensibiliser à l'importance de la préservation de la biodiversité unique du parc et au rôle vital qu'il joue dans le maintien de l'équilibre écologique. En favorisant un sentiment d'appartenance et en faisant mieux comprendre les avantages à long terme des efforts de conservation, la direction du parc comble le fossé initial entre les communautés et les initiatives de conservation (Mangabey, 2024).
Legal framework
Some Concern
La RCA dispose d’un arsenal juridique et de textes réglementaires qui régissent la gestion et la valorisation des aires protégées. Dans le domaine de la gestion des aires protégées, la RCA dispose d’une ordonnance N° 84.045 portant protection de la faune sauvage et réglementant l’exercice de la chasse. Cette ordonnance est établie sur la base des lois N° 60140 et 60141 du 19 août et 09 septembre 1960. Elle est liée à la protection de la faune sauvage et décrit à son article 5 de la section II la réglementation relative aux parcs nationaux.
En plus de l’ordonnance portant protection de la faune sauvage, il existe également la loi N°08.022 du 17 Octobre 2008 portant Code Forestier de la République Centrafricaine, la loi N°20.019 du 06 août 2020 portant Code de Pêche et de l’Agriculture et la loi N° 07/018 portant code de l’Environnement de la république Centrafricaine. Dans ce code de l’environnement, la protection de la biodiversité a été clairement indiquée notamment aux articles 36-37638 et 39 de la section 4 (UNESCO et IUCN, 2019).
Loi Nº 20.026 du 30 novembre 2020 portant Code de Gestion de la Faune et des Aires Protégées en République Centrafricaine. La présente loi fixe les principes fondamentaux et les conditions générales de conservation, de gestion, de valorisation et de développement de la faune sauvage et de son habitat. Au sense de la présente loi, on entend par "faune sauvage" tout mammifère, oiseau, amphibien, reptile, poisson, et invertébré, sédentaire ou migrateur qui vit ou se reproduit à l'état sauvage en République Centrafricaine, qu'il soit en liberté ou maintenu en captivité, ainsi que les espèces qui se reproduisent à l'état sauvage dont l'introduction est autorité. La loi est composée de 300 articles repartis sept (7) titres, à savoir: des dispositions générales (I); de la protection de la faune sauvage (II); de la valorisation de la faune sauvage (III); de la protection des personnes et des biens contre la faune sauvage (IV); des dispositions diverses (V); des actions et du jugement (VI); et dispositions transitoires et finales (VII). En outre, concernant l'exploitation de la faune sauvage, le titre III contiens des règles sur, notamment: la viande de chasse (art. 95 à 96); l'exercice du droit de chasse et des droits des populations locales et autochtones, y compris les droits coutimiers d'usage (art. 117 à 119); et la pêche sportif (art. 165 à 167).
Par ailleurs, la nouvelle Loi N° 24 008 portant Code Minier de la République Centrafricaine promulguée en 2024, interdit formellement toute exploitation minière dans les zones protégées, parcs nationaux et réserves (Etat Partie de la RCA, 2024).
Governance arrangements
Some Concern
C’est le Ministère des Eaux et Forêts, chasse et Pêche (MEFCP) qui est chargé de la gestion de la faune et de la lutte anti-braconnage (LAB). En réponse à la grave augmentation du braconnage des éléphants et des rhinocéros dans les années 1970 et 1980, a partir de 1988, l’Union européenne a financé la protection du Parc de Manovo-Gounda-Saint Floris (MGSF) et des autres aires protégées du Nord RCA, en autre par l’implication des populations riveraines dans leur conservation et notamment dans la gestion de la chasse sportive à travers la création des ZCV en périphérie du parc. Cette approche a été couronnée de succès mais a été de plus en plus affectée par l’insécurité croissante dans la zone due aux groupes armés, rendant la bonne gestion de la zone plus difficile et réduisant les revenus du tourisme. Les actions de conservation liées à une logique “projet” et à des cycles de financement de court terme, ont montré un peu partout en Afrique leurs limites. Un appui presque constant pendant 35 ans et l’investissement de centaines de millions d’euros, n’ont pas empêché une grande perte de la biodiversité. Ce travail a malgré tout aidé à gagner du temps, évitant la destruction rapide des écosystèmes et la perte complète de la grande faune de cette région. C’est ainsi qu’un nouveau modèle de gestion des aires protégées du nord RCA est adopté: avec le soutien financier de l’UE, un accord de Partenariat Public Privé, d’une durée de 25 ans, entre le gouvernement de la RCA et WCS est signé en 2018 (Etat partie de la RCA, 2020). La mise en place d’un organe de gestion fonctionnel avec la délimitation d’une zone centrale prioritaire à MGSF à sécuriser a été lancée à partir de 2019 (Etat partie de la RCA, 2020). Cet organe de gestion est composé i) d’un conseil d’administration qui a un rôle d’appui conseil, d’orientation et d’aide à la prise de décision; ii) d’un comité de concertation du CAP-PF Nord-Est et iii) Direction du CAP-PF Nord-Est (Etat partie de la RCA, 2020).
Integration into local, regional and national planning systems (including sea/landscape connectivity)
Some Concern
Le parc national Manovo-Gounda St Floris est situé dans un contexte de défis sociopolitiques permanents qui ont compromis son intégration dans les systèmes de planification locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Le site a été intégré dans les systèmes nationaux de conservation, mais l'absence de gouvernance cohérente due à l'instabilité nationale et régionale présente des difficultés importantes pour l'intégrer pleinement dans les processus de planification du développement plus larges. Cependant, le parc national Manovo-Gounda St Floris forme avec le Parc national Bamingui-Bangoran, une Réserve Intégrale, les quatre Réserves de Faunes, et les dix-neuf Secteurs de Chasse ainsi que dix zones Cynégetiques (ZCV) le Complexe des Aires Protégées de la RCA et son Paysage Fonctionnel (CAP--PF Nort-Est), classé Reserve de Biosphère par l'UNESCO d'une superficie totale de 11.5 millions d'hectares. Bien que la République centrafricaine ait tenté d'inclure le parc dans des obligations plus larges liées à la biodiversité et à l'environnement, cette intégration reste limitée dans la pratique, en particulier lorsqu'il s'agit d'aborder les impacts négatifs potentiels des projets de développement.
Boundaries
Some Concern
Les délimitations du site sont claires, mais le site est estimé trop vaste pour être contrôlé (UICN, 2009). La stratégie de gestion des aires protégées du nord-est du parc propose un zonage du bien avec des noyaux centraux entourés de zones cynégétiques villageoises (ZCV) (UNESCO, 2010). Même si cette stratégie a été approuvée par l’État partie (UNESCO, 2011) et que son processus d’élaboration participative a été validé (RCA, 2016) elle n’est toujours pas mise en œuvre. Une nouvelle approche de l'organisation spatiale du complexe, imposée par l'UE, qui s'est éloignée de la structure originale de la ZCV, a conduit à un déclin du soutien local à la protection (UNESCO, 2024). Pour améliorer la protection du site, il est impératif que les autorités de gestion adoptent des mesures d'application plus strictes, y compris une surveillance régulière et des initiatives de sensibilisation communautaire, afin d'assurer que la zone tampon atténue efficacement les impacts externes négatifs. Renforcer ces mécanismes sera essentiel pour atteindre les résultats de conservation envisagés pour le parc (Consultation de l'UICN, 2025).
Pour améliorer la protection du site, il est impératif que les autorités de gestion adoptent des mesures d'application plus strictes, y compris une surveillance régulière et des initiatives de sensibilisation communautaire, afin d'assurer que la zone tampon atténue efficacement les impacts externes négatifs. Renforcer ces mécanismes sera essentiel pour atteindre les résultats de conservation envisagés pour le parc.
Overlapping international designations
Mostly Effective
Le parc national Manovo-Gounda St Floris forme avec le Parc national Bamingui-Bangoran, une Réserve Intégrale, les quatre Réserves de Faunes, et les dix-neuf Secteurs de Chasse ainsi que dix zones Cynégetiques (ZCV) le Complexe des Aires Protégées de la RCA et son Paysage Fonctionnel (CAP--PF Nort-Est), classé Reserve de Biosphère par l'UNESCO d'une superficie totale de 11.5 millions d'hectares. La Réserve de Biosphère du Complexe des Aires Protégées du Nord-Est est située dans la zone de transition entre la zone sahélienne au nord et la zone équatoriale humide au sud. C’est un site qui joue un rôle écologique important car il relie des aires protégées au niveau national et au niveau régional. Il est situé à la convergence des bassins du Congo, du lac Tchad et du Nil. La réserve de biosphère accueille des groupes très diversifiés d’espèces végétales et animales. Elle englobe également des écosystèmes et des paysages caractérisés par des zones forestières le long de rivières bordées de plaines inondables.
En 2018, l’Etat centrafricain a signé avec Wildlife Conservation Society (WCS) un Accord de Partenariat pour 25 ans renouvelable avec multiples facettes, dont la gestion de la faune, l'application de la loi et l'engagement communautaire pour la gestion du Complexe des Aires Protégées de la RCA et son Paysage Fonctionnel (CAP-PF Nord-Est). Ainsi, le gouvernement centrafricain, en partenariat avec des organisations non gouvernementales (ONG) et l’UNESCO, a élaboré et mis en œuvre un nouveau plan de gestion visant à restaurer l’intégrité écologique du parc (Mongabay, 2024). Le plan de gestion et de conservation de la Reserve de Biosphère du Complexe des Aires Protégées du Nord-Est de la RCA et son Paysage Fonctionnel dont fait partir le parc national de Manovo-Gounda est bien structuré pour la période 2023-2032. Néanmoins, un défi demeure également d'améliorer la cohérence et l'efficacité entre les différents cadres organisationnels imposés par les différentes initiatives (UE et UNESCO-Réserve de Biosphère) (Consultation de la UICN, 2025).
Au niveau national le Point Focal pour les différents désignations est la même personne, qui entretien un contact permanent avec les structures impliquées dans la mise en oeuvre des Conventions suivantes: WH, BR, Ramsar, CITES, Convention de la Biodiversité (Etat partie de la RCA, 2021).
Implementation of World Heritage Committee decisions and recommendations
Some Concern
La plupart des décisions du Comité sont mises en œuvre dans le cadre des contraintes liées à la situation sécuritaire qui prévaut dans la région et à la disponibilité des ressources.
Climate action
Data Deficient
Si la République centrafricaine a jusqu'à présent échappé aux effets directs de la sécheresse et de la désertification induites par le climat, les changements climatiques qui se produisent le long de ses frontières incitent les éleveurs tranhumants du Tchad, du Soudan et du Cameroun voisins à empiéter plus fréquemment sur les communautés agricoles de la RCA, exacerbant ainsi la violence civile dans une région déjà en proie à des conflits. La raréfaction des ressources dans les pays voisins, conséquence directe du changement climatique, fait que la RCA devient un lieu de déversement d'animaux venus de l'extérieur pendant une partie de l'année, entraînant une concurrence pour l'eau et les pâturages (Heidi News, 2024). Bien que le changement climatique soit un facteur contribuant à la dégradation de l'environnement, les défis immédiats du parc sont principalement liés à des menaces directes telles que le braconnage, l'exploitation minière artisanale et les incursions de bétail. Très peu d'informations sont disponibles sur les mesures en place pour suivre et évaluer les effets du changement climatique sur la VUE du bien.
Management plan and overall management system
Some Concern
Après son inscription à l’UNESCO en 1988, le parc a bénéficié d’un soutien financier de l’Union européenne pendant une décennie. Cependant avant et depuis l'inscription, il a été confronté à des menaces sévères telles que le braconnage, l’intrusion de bétail et l’exploitation minière artisanale. Ces problèmes ont conduit à son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1997. Au cours de cette période, jusqu’à 80 % de la faune du parc aurait été décimée en raison du braconnage et d’autres activités illégales. La détérioration de la situation sécuritaire a également entravé les efforts de gestion et de conservation (Mongabay, 2024). En réponse à ces défis, des efforts collaboratifs ont été mis en place ces dernières années pour revitaliser le système de gestion du parc. C’est dans ce contexte qu’en 2018, l’Etat centrafricain a signé avec Wildlife Conservation Society (WCS) un Accord de Partenariat pour 25 ans renouvelable avec multiples facettes, dont la gestion de la faune, l'application de la loi et l'engagement communautaire pour la gestion du Complexe des Aires Protégées de la RCA et son Paysage Fonctionnel (CAP-PF Nord-Est). Ainsi, le gouvernement centrafricain, en partenariat avec des organisations non gouvernementales (ONG) et l’UNESCO, a élaboré et mis en œuvre un nouveau plan de gestion visant à restaurer l’intégrité écologique du parc (Mongabay, 2024).
Le plan de gestion et de conservation de la Reserve de Biosphère du Complexe des Aires Protégées du Nord-Est de la RCA et son Paysage Fonctionnel dont fait partir le parc national de Manovo-Gounda est bien structuré pour la période 2023-2032. Il a été élaboré à travers un processus participatif impliquant les communautés locales, les autorités et divers acteurs, et a été validé à l'issue d'une série d’ateliers et de consultations. Le plan de gestion identifie clairement les valeurs, les objectifs de gestion, les résultats souhaités et les principales menaces. Les valeurs incluent la riche biodiversité, le patrimoine culturel et les services écosystémiques fournis par la région. Les objectifs visent à conserver la biodiversité, à promouvoir un développement socio-économique durable et à soutenir les communautés locales à travers des activités éco-compatibles. Les principales menaces identifiées sont le braconnage illégal, la transhumance transfrontalière, la déforestation et les impacts du changement climatique. Le plan propose également des stratégies pour atténuer ces menaces, telles que le renforcement de l’application de la loi, la promotion de pratiques durables d'utilisation des terres et l’amélioration de l'engagement communautaire. Bien que ce plan serve de guide, sa mise en œuvre est freinée par des contraintes financières et logistiques. Un défi demeure également d'améliorer la cohérence et l'efficacité entre les différents cadres organisationnels imposés par les différentes initiatives (UE et UNESCO-Réserve de Biosphère) (Consultation de la UICN, 2025).
Les objectifs définis, tels que le renforcement de la surveillance écologique, l’augmentation des patrouilles de gardes forestiers et l’expansion de la recherche en conservation, nécessitent davantage d’investissements et de renforcement des capacités institutionnelles. Toutefois, les efforts visant à intégrer l’emploi local et des programmes de bien-être communautaire sont notables et cherchent à équilibrer les objectifs de conservation avec le développement socio-économique. A cet effet, en plus des 80 Tangos recrutés dans la communauté locale, 95 membres de groupements bénéficiaires de micro-projets d'utilisation durable de karité ont été identifiés, et 21 d'entre eux formés en 2024 (Etat partie de RCA, 2024). Cependant, le nombre de bénéficiaires de ces activités n’est pas encore significatif, et lors de l’évaluation du projet de l’UNESCO "Sécurisation du parc national de Manovo-Gounda St. Floris" en 2024, il est apparu qu’il y avait beaucoup de méfiance parmi les acteurs locaux concernant l’approche de conservation actuelle (Consultation de la UICN, 2025). Instabilité sécuritaire persistante de la région continue de poser des défis majeurs à la mise en œuvre complète du plan de gestion (Mongabay, 2024).
Law enforcement
Serious Concern
Ces dernières années, les efforts collaboratifs se sont intensifiés pour renforcer l'application de la loi. Depuis 2019, la Wildlife Conservation Society (WCS) a mis en œuvre un programme visant à renforcer la gestion du parc, l'application de la loi et l'engagement des communautés locales au sein des Parcs Nationaux de Bamingui-Bangoran et Manovo-Gounda St. Floris. Cette initiative vise à renforcer la protection sur le terrain et à impliquer activement les populations locales dans les efforts de conservation. Dans l'optique de securiser le Parc et les zones périphériques, 24 Eco-gardes, 56 Eco-surveillants et 80 Tangos (agents régulateurs de la transhumance) et 6 opérateurs de la salle de contrôle des opération ont été formés sur des thématiques spécifiques à leur domaine d'intervention en 2024 (Etat Partie de la RCA, 2024). Toujours en 2024, un total de 17 missions de patrouilles par les Ecogardes, 30 missions par les Eco-surveillants et 156 missions par les Tangos ont permis l'arrestation de 382 braconniers, la destruction de 91 camps de braconnage, la confiscation de 510 câbles de braconnage et la confiscation de 171 armes artisanales, 316 munitions et 02 motos pompes pour l'extraction illégale du diamant. En 2024, une superficie de 11000 km2 représentant 63% de la superficie du bien est sous contrôle par le personnel de conservation du parc (Etat partie de la RCA, 2024).
Cependant, un survol aérien réalisé lors de l'évaluation du projet UNESCO en 2024 a montré que les activités illégales dans cette "zone sécurisée" n'ont pas encore cessé puisque plusieurs campements de pêcheurs ont été observés le long de la rivière Gounda ainsi que des cultures et des implantations dans la zone tampon de 5 km le long de la rivière Manovo. Des traces de motos et de bétail ont été fréquemment observées et la fumée locale a révélé des sites de collecte de miel et de construction de canoës. Le manque de moyens financiers et surtout la situation sécuritaire volatile de la région continue de freiner les progrès. Malgré ces obstacles, l'engagement en faveur de l'application de la loi reste fort, avec des collaborations en cours entre le gouvernement centrafricain, les ONG et les organismes internationaux pour développer des plans de gestion efficaces et des stratégies de conservation durables.
Sustainable finance
Some Concern
Après son inscription au patrimoine mondial en 1988, le parc a bénéficié d'un soutien financier de l'Union européenne pendant environ une décennie. Cependant, au fil du temps, il a été confronté à des menaces majeures telles que le braconnage, l'incursion de bétail, l'exploitation minière artisanale et surtout des problèmes de sécurité persistants.
Ces dernières années, des efforts concertés ont été déployés pour revitaliser le parc grâce à des initiatives collaboratives impliquant le gouvernement de la République centrafricaine, des organisations non gouvernementales (ONG) et l'UNESCO. Ces partenariats ont permis de développer et de mettre en œuvre un nouveau plan de gestion visant à restaurer l'intégrité écologique du parc. Les financements du parc proviennent essentiellement des partenaires internationaux et des bailleurs de fonds pour des projets ponctuels. A ce titre, on peut citer le projet « Ecosystèmes du Bassin Central du Chari : vers une approche intégrée du paysage BC-Chari » pour un montant de 5 millions sur 4 ans (2021-2025) en partenariat avec WCS, le Programme d’Appui à l’Intégration Régionale et à l’Investissement en Afrique Centrale (PAIRIAC) pour un montant de 2 millions d’Euros pour la période de Juin 2022 Décembre 2025, le projet « Natur Africa » pour un montant de 7.5 millions Euros tous financés par la Commission de l’Union Européenne et le projet ARCADIA pour un montant de 218 467 Dollars US (Etat partie de la RCA, 2024).
En 2024, WCS a réussi à lever plus de 37 millions de dollars américains pour couvrir les besoins de la période 2019 à 2026. La disponibilité des fonds semblait élevée, mais les perspectives de financement après 2026 étaient insuffisantes. Depuis la guerre civile de 2012-13, le financement du système ZCV-ALGEST par la chasse sportive au profit des communautés locales n’est plus effectif (Consultation de la UICN, 2025).
Staff capacity, training and development
Serious Concern
Le Comité du patrimoine mondial, lors de sa 33e session en 2009, a souligné la nécessité d'augmenter le nombre et la formation du personnel de terrain, principalement dédié à la surveillance, avec le soutien initial des forces armées. Cette recommandation faisait partie d'un plan d'action d'urgence visant à restructurer la gestion du parc et à renforcer les capacités de supervision pour assurer les principales tâches de gestion, y compris la planification, la surveillance, le suivi écologique, l'administration et la logistique (UNESCO, 2009). Depuis 2009, des efforts ont été déployés pour renforcer les effectifs du parc. Il était prévu que 60 agents des Eaux et Forêts soient affectés aux aires protégées du nord-est, en plus des 60 pisteurs superviseurs déjà en place grâce au programme ECOFAC. Dans l'optique de sécuriser le Parc et les zones périphériques, 24 Eco-gardes, 56 Eco-surveillants et 80 Tangos (agents régulateurs de la transhumance) et 6 opérateurs de la salle de contrôle des opération ont été formés sur des thématiques spécifiques à leur domaine d'intervention en 2024 (Etat Partie de la RCA, 2024). De plus, 21 équipements de communication par satellite ont été acquis en plus de 40 Garmin Inreach, 40 téléphones avec l'application LOCUS, 40 panneaux solaires portables pour recharger le matériel des équipes sur le terrain, 22 tablettes et 40 Power banks (Etat Partie de la RCA, 2024). En 2024, la Wildlife Conservation Society (WCS) a publié une offre d'emploi pour un poste de gestionnaire de parc au sein du Parc National de Manovo-Gounda St. Floris. Ce rôle implique la supervision des opérations quotidiennes, la gestion du personnel et la mise en œuvre de stratégies de conservation, reflétant un effort renouvelé pour renforcer la gestion et les capacités du personnel du parc.
Le nombre d'agent est cependant largement insuffisant face à la taille du bien et aux enjeux critiques de conservation. De plus, la capacité logistique aérienne est insuffisante pour soutenir la gestion de cette vaste zone.
Les conditions de travail du personnel de surveillance sont difficiles en raison des risques de sécurité et de l’éloignement de la zone de travail (Consultation de la UICN, 2025; UNESCO, 2024). De bonnes conditions de travail pour le personnel de surveillance sont donc cruciales pour le fonctionnement de la protection du parc. Lors de l’évaluation de l’UNESCO en 2024, les conditions de travail ont été jugées inadéquates (UNESCO, 2024). Un conflit violent survenu en juin 2024 à la base de Bamingui (à l'extérieur du parc, mais siège de la direction du complexe des aires protégées) entre certains membres du personnel et la direction du parc est lié au mécontentement du personnel et aux relations difficiles avec la population locale où le personnel a été recruté.
Education and interpretation programmes
Some Concern
Le Parc National de Manovo-Gounda St. Floris est inscrit au programme "L'Homme et la Biosphère" (MAB) de l'UNESCO, qui vise à promouvoir une meilleure compréhension et une gestion durable des écosystèmes. Ce programme encourage l'éducation environnementale et la sensibilisation à la conservation au sein des communautés locales et au-delà (UNESCO, 2024).
Cependant, en raison de l'instabilité politique et des défis logistiques, les programmes d'éducation et d'interprétation au sein du parc ont été limités. Les efforts pour développer des initiatives éducatives et des programmes d'interprétation ont été entravés par des ressources limitées et des conditions de sécurité difficiles. Néanmoins, des initiatives ponctuelles ont été menées pour sensibiliser les communautés locales à l'importance de la conservation et aux valeurs écologiques du parc. En 2024, environs 5000 hommes, femmes et enfants pour la plus part des transhumants ont été sensibilisés par les personnels du parc notamment les Tangos (Etat Partie de la RCA, 2024). Actuellement, un projet de sensibilisation des élèves et les enseignants de Mbrés, Bamingui et Ndélé de la réserve de biosphère est en cours pour la période 2024-2025 (UNESCO, 2025).
Bien que le Parc National de MGSF offre un potentiel considérable pour des programmes d'éducation et d'interprétation, la réalisation de ces objectifs nécessite de surmonter des défis importants. La résolution des problèmes de sécurité, l'amélioration des infrastructures et l'obtention de financements adéquats sont essentielles pour développer des initiatives éducatives efficaces et promouvoir la conservation au sein du parc.
Tourism and visitation management
Serious Concern
Pour diverses raisons (notamment le caractère de la végétation, la saison, le niveau des prix, la diversité limitée des attractions touristiques et la limitation imposée au marché par la langue parlée), le tourisme en Afrique centrale et occidentale est moins développé qu’en Afrique orientale et australe. Cependant, la chasse touristique a toujours été une activité économique importante qui a contribué de manière significative au soutien des zones périphériques des aires protégées, notamment celles du nord de la RCA. Plusieurs ONG ont donc soutenu cette activité au cours des dernières décennies afin de renforcer à la fois la conservation de la nature et l’économie locale. Cependant, au cours des dix dernières années, la résistance à ce partenariat entre la chasse et la conservation s’est accrue parmi de nombreux bailleurs (occidentaux) dont l'UE (e.g. FranceInfo, 2015) et cette approche est moins soutenue. Cela est en partie la cause de la diminution de la protection des zones de chasse autour de Manovo-Gounda Saint Floris (Consultation de la UICN, 2025).
Depuis les années '70, le Parc National de Manovo-Gounda St. Floris attirait des chercheurs, des conservateurs et un nombre limité d'écotouristes en raison de son emplacement isolé et des défis d'accès au parc. Cependant, le potentiel touristique du parc a été considérablement freiné par des préoccupations de sécurité continues, telles que le braconnage et l'instabilité politique, qui ont conduit à un déclin dramatique des populations animales et à la suspension des projets de développement. Ces dernières années, des efforts collaboratifs entre le gouvernement de la RCA, des organisations non gouvernementales et l'UNESCO ont visé à revitaliser la gestion du parc et à promouvoir un tourisme durable. Cependant, l'infrastructure touristique du parc reste sous-développée et le nombre de visiteurs demeure minimal. Le manque de financement stable et de ressources aggrave encore les défis rencontrés pour promouvoir le tourisme dans le parc (Mongabay, 2024).
Sustainable use
Some Concern
Malgré son importance écologique, le parc national du Manovo Gounda St. Floris (MGSF) reste confronté à de nombreux défis qui entravent l'utilisation durable de ses ressources naturelles. Depuis sa désignation comme site du patrimoine mondial en 1988, le parc national de MGSF a fait l'objet d'un braconnage intensif, d'un pâturage illégal du bétail et d'une exploitation minière artisanale. Ces activités ont gravement dégradé les écosystèmes du parc et entraîné un déclin spectaculaire des populations d'animaux sauvages. En conséquence, le parc a été ajouté à la Liste du patrimoine mondial en péril en 1997 (African Elephant Journal, 2024).

Les efforts visant à promouvoir l'utilisation durable des ressources naturelles dans le parc ont été entravés par des problèmes de sécurité persistants et une capacité de gestion limitée. La présence persistante de groupes armés et l'instabilité politique dans la région ont rendu difficile la mise en œuvre de stratégies de conservation efficaces. En outre, la gestion du parc a toujours souffert de ressources inadéquates, d'un personnel insuffisant et d'un équipement obsolète, ce qui a encore compliqué les efforts de conservation.
Ces dernières années, des initiatives de collaboration entre le gouvernement centrafricain, la WCS et l'UNESCO ont visé à revitaliser la gestion du parc et à promouvoir l'utilisation durable des ressources. La formulation d'un nouveau plan de gestion 2023-2032 pour le complèxe des aires protégées du Nord-Est de la RCA, conçu pour relever les défis du parc, constitue un développement important. Cependant, la mise en œuvre réussie de pratiques durables reste subordonnée à des améliorations substantielles en matière de sécurité, d'infrastructure et de financement (African Elephant Journal, 2024).

La résolution des problèmes de sécurité, le renforcement des capacités de gestion et l'obtention d'un financement adéquat sont des étapes essentielles pour garantir que les ressources naturelles du parc sont utilisées de manière à préserver la biodiversité et à soutenir les moyens de subsistance locaux.
Monitoring
Some Concern
Grâce à l’assistance internationale, le suivi a été assuré régulièrement jusqu’en 2010 : 1969/1970, 1977,
1978, 1985, 1991, 1998, 2005, 2010 (RCA/ECOFAC/Cites/UE/Mike, 2010). Un programme de biomonitoring bien que discontinue est en place et permet de noter entre autres la présence et la distribution de la faune, l'intégrité des habitats et les facteurs de stress. Les informations générées permettent d'instruire l'orientation des efforts de patrouilles d'une part et de mesurer l'éfficacité des efforts déployés d'autre part. La collecte des données des mammifères se fait le long des transects linéaires. Chaque transect couvrant une distance de 5 km et orienté en position "Est-Ouest" et extraits au sein de grilles régulières de 5x5 km2 superposées à travers chaque bloc. Ce dispositif permet de quantifier l'Indice Kilométrique d'Abondance (IKA) pour les espèces enregistrées notamment le Bongo, l'Elan de Derby, le Cobe defassa, le bubale et le buffle d'Afrique entre autre (Etat partie de la RCA, 2024).
Research
Some Concern
Ces dernières années, le gouvernement centrafricain, des organisations non gouvernementales, dont WCS, et l'UNESCO ont collaboré avec des fonds norvégiens pour revitaliser les stratégies de gestion et de conservation du parc. Une initiative notable est le développement d'un nouveau plan de gestion et de conservation 2023-2032 pour le Complexe des zones protégées du nord-est de la RCA visant à relever les défis du parc. Ce plan a été reconnu par le Conseil international de coordination du programme de l'UNESCO sur l'homme et la biosphère. Malgré ces mesures positives, la capacité de recherche du parc reste limitée en raison de problèmes de sécurité et d'infrastructures (Mongabay, 2024).
Un programme de biomonitoring est en place et permet de noter entre autres la présence et la distribution de la faune, l'intégrité des habitats et les facteurs de stress. Les informations générées permettent d'instruire l'orientation des efforts de patrouilles d'une part et de mesurer l'éfficacité des efforts déployés d'autre part. La collecte des données des mammifères se fait le long des transects linéaires. Chaque transect couvrant une distance de 5 km et orienté en position "Est-Ouest" et extraits au sein de grilles régulières de 5x5 km2 superpossées à travers chaque bloc. Ce dispositif permet de quantifier l'Indice Kilométrique d'Abondance (IKA) pour les espèces enregistrées notamment le Bongo, l'Elan de Derby, le Cobe defassa, le bubale et le buffle d'Afrique entre autre (Etat partie de la RCA, 2024).
En février 2025, l'infrastructure de recherche du parc est toujours en cours de rétablissement. Les problèmes de sécurité persistants dans la région ont entravé la présence constante de chercheurs et de défenseurs de l'environnement. Bien qu'il y ait eu des efforts pour rétablir les programmes de recherche, ceux-ci sont souvent sporadiques et dépendent fortement de la situation sécuritaire qui prévaut. Le manque de financement et de ressources stables exacerbe les difficultés rencontrées pour mener des études scientifiques approfondies dans le parc.
Effectiveness of management system and governance in addressing threats outside the site
Some Concern
Le système de gestion et la gouvernance du Parc National de Manovo-Gounda St Floris rencontrent des défis majeurs pour traiter efficacement les menaces situées en dehors du site. Bien que des initiatives de conservation aient été mises en place, la persistance de l’extraction minière artisanale, de la transhumance incontrôlée et des conflits armés limite l’efficacité des mesures adoptées. L’absence d’un contrôle étatique fort dans les zones périphériques facilite l’exploitation illégale des ressources naturelles, entraînant une dégradation des écosystèmes du parc. La mise en œuvre des mécanismes de surveillance et de répression contenuent dans la Plan de Gestion 2023-2032 est entravée par l’insécurité persistante et l’insuffisance des moyens alloués à la protection du site.

Toutefois, des efforts sont déployés pour renforcer la collaboration avec les communautés locales et les acteurs régionaux. L’implication progressive des communautés locales dans la gestion du parc, notamment par le biais des "gardes tango", illustre une tentative d’intégration des pratiques locales dans la gouvernance du site. De plus, des initiatives telles que la formation des écogardes et la mise en place de patrouilles ciblées visent à renforcer la sécurité du parc et de ses environs. Néanmoins, ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur des menaces externes, et une coordination accrue entre les autorités nationales, les organisations internationales et les communautés locales est essentielle pour garantir une gestion plus efficace du parc et de ses zones adjacentes.
Effectiveness of management system and governance in addressing threats inside the site
Serious Concern
Le système de gestion du Parc National de Manovo-Gounda St Floris fait face à de nombreux défis dans la lutte contre les menaces internes. Parmi celles-ci, le braconnage, l’exploitation artisanale de diamants et la transhumance illégale restent des préoccupations majeures. La persistance de ces menaces s’explique en grande partie par la faiblesse des moyens de surveillance et l’absence d’un contrôle rigoureux du territoire. Bien que le plan de gestion 2023-2032 mette en avant des stratégies pour atténuer ces pressions, leur mise en œuvre est entravée par un manque de ressources et par l’instabilité sécuritaire qui limite l’action des écogardes et des patrouilles de surveillance.

Cependant, des efforts sont réalisés pour renforcer la gouvernance et améliorer la gestion du site. Le partenariat entre l’État centrafricain et la Wildlife Conservation Society (WCS) vise à structurer les actions de conservation, notamment par la formation de nouveaux écogardes et l’amélioration des infrastructures de surveillance​. De plus, l’engagement communautaire est progressivement intégré à la gestion du parc afin de réduire la dépendance des populations locales aux ressources naturelles du site. Toutefois, l’efficacité de ces mesures dépendra de la stabilité de la région, du renforcement des capacités financières et humaines, ainsi que de la coopération entre les parties prenantes pour garantir une application effective des réglementations en vigueur.
L’élaboration de la cogestion dans le cadre de gestion du parc afin d’institutionnaliser la participation des acteurs locaux aux décisions concernant la gestion du PNMGSF est essentielle pour obtenir le soutien local.
La protection et la gestion du Parc national de Manovo-Gounda St Floris présentent des lacunes significatives, bien que des efforts récents aient été déployés pour améliorer la situation. Depuis 2018, un partenariat public-privé entre le gouvernement centrafricain et la Wildlife Conservation Society (WCS) a été mis en place pour une durée de 25 ans, visant à renforcer la gestion du parc, l'application de la loi et l'engagement communautaire. La protection et la gestion du bien reposent sur un cadre stratégique détaillé dans le plan de gestion et de conservation 2023-2032. Des initiatives comme le recrutement et la formation de "garde tangos" (agents locaux régulant la transhumance) et d'éco-gardes ont permis d'améliorer la surveillance et de réduire certaines activités illégales. En 2024, 63 % de la superficie du parc était sous contrôle, avec des patrouilles régulières ayant conduit à l'arrestation de braconniers et à la destruction de camps illégaux. Cependant, cela ne semble pas avoir mis fin aux activités illégales dans cette zone. Les défis restent immenses, notamment en raison de l'instabilité sécuritaire et du manque de moyens pour couvrir l'ensemble du vaste territoire du parc.
Le cadre juridique pour la protection du parc est solide, avec plusieurs lois et codes régissant la faune, les forêts et les aires protégées. Cependant, l'application de ces lois reste problématique en raison de la corruption, de la faible présence des forces de l'ordre et de la complexité des conflits armés dans la région. Le parc est intégré dans un complexe d'aires protégées plus large, classé Réserve de biosphère par l'UNESCO, ce qui renforce son importance écologique régionale. Néanmoins, l'intégration du parc dans les plans de développement locaux et nationaux reste limitée, et les initiatives de sensibilisation et d'éducation environnementale sont encore insuffisantes. En résumé, bien que des efforts notables aient été réalisés pour améliorer la protection et la gestion du parc, notamment grâce à des partenariats internationaux et à l'implication des communautés locales, les défis structurels et sécuritaires continuent de limiter l'efficacité globale de ces mesures.
Good practice examples
Une bonne pratique réussie est l’utilisation de « Tangos », recrutés parmi les communautés pastorales, qui soutiennent la communication entre la direction du parc et les pasteurs et dispensent la sensibilisation sur la conservation et l’utilisation durable des ressources. Cette approche a été développée dans la zone protégée adjacente « Chinko » et reproduite à Manovo. Cette pratique a considérablement amélioré la coopération entre les groupes pastoraux et le parc.

La plus grande savane d’Afrique centrale

High Concern
Trend
Data Deficient
L’élevage bovin et le braconnage sont les principaux facteurs qui menacent la nature de la savane. L’insécurité de la région rend très difficile la lutte contre ces facteurs. L’ampleur dans laquelle ces facteurs modifieront la savane est le résultat d’un processus écologique complexe, difficile à déterminer, dans lequel le changement climatique et éventuellement les influences démographiques peuvent également jouer un rôle à long terme. Un effort constant sera nécessaire pour améliorer la tendance, ainsi qu’une assistance internationale solide combinée à un engagement ferme de la part de l’État.

Processus et habitats fluviaux (bassin versant de trois grands fleuves)

High Concern
Trend
Data Deficient
Il existe très peu de données sur l'exploitation minière ainsi que leurs impacts à l'intérieur et dans la périphérie du bien. Cependant, les activités minières artisanales entraînent la dégradation des sols, la pollution des cours d'eau et la destruction des habitats naturels, affectant ainsi la biodiversité exceptionnelle du parc.

La faune très riche des savanes soudano-sahélienne et soudano-guinéenne

High Concern
Trend
Data Deficient
Un relevé en 2010 montre que certaines espèces ne sont pas loin de l’extinction au sein du site (éléphants, girafes). Par rapport au relevé précédent (2005), la densité de la faune a été réduite de 75%. Une grande majorité de ces espèces se trouvent en-dehors du site, dans les zones cynégétiques villageoises.

Les données de biomonitoring collectées par 16 éco-surveillants pour le compte du second semestre de 2021, ont permis de collecter 3.695 indices de présence de la faune (empreintes, crottes, contacts visuels) representant une quarantaire d'espèces. Des espèces clés notamment l'éléphant (30), la girafe (14), le Bongo (152) Babouin doguera, le Phacochère (415), le Potamochère (418), le Guib harnaché, le Céphalophe à flanc roux (104), l'Hippotrague (248), le Céphalophe à dos jaune (229), le Céphalophe de grimme (58), l'Ourébi (16), le Céphalophe blue (34), l'Elan de Derby (53), le Cobe defassa (164), le bubale (125) et le buffle d'Afrique . A ces espèces viennent s'ajouter des observations par caméra pièges de Lion, guépard, lycaon, hyène, entre autres (Etat partie RCA, 2023).

En 2024, une superficie de 11000 km2 représentant 63% de la superficie du bien est sous contrôle par le personnel de conservation du parc (Etat partie de la RCA, 2024). Dans cette zone, un programme de biomonitoring est en place et permet de noter entre autres la présence et la distribution de la faune, l'intégrité des habitats et les facteurs de stress. La collecte des données des mammifères se fait le long des transects linéaires. Chaque transect couvrant une distance de 5 km et orienté en position "Est-Ouest" et extraits au sein de grilles régulières de 5x5 km2 superpossées à travers chaque bloc.
Le dispositif de biomonitoring en place en 2024 a permis de quantifier l'Indice Kilométrique d'Abondance (IKA) pour 16 les espèces enregistrées notamment le Babouin doguera, le Phacochère, le Potamochère, le Guib harnaché, le Céphalophe à flanc roux, l'Hippotrague, le Céphalophe à dos jaune, le Céphalophe de grimme, le Bongo, l'Ourébi, le Colobe de guereza, le Céphalophe blue, l'Elan de Derby, le Cobe defassa, le bubale et le buffle d'Afrique. Ces espèces presentent des IKA variant de 0.02 pour le Céphalophe blue à 1.19 pour le Babouin doguera (Etat partie RCA, 2024).

Les deux inventaires fournissants des informations difficilement comparables du fait des méthodologies différentes, il est par conséquent pas évident de tirer des conclusions sur le status et les tendances d'espèces clés dans le bien. Tout en notant la possible présence relictuelle d’espèces clés dans le bien, la mise en place d’un programme cohérent de suivi faunique, fondé sur une méthodologie comparable sur plusieurs années, est essentielle pour identifier clairement les tendances — d’autant que la présence actuelle de certaines espèces suggère un potentiel de rétablissement de l’écosystème, sous réserve d’une protection efficace.

Espèces importantes y compris les grands mammifères clés

High Concern
Trend
Data Deficient
Les données de biomonitoring collectées par 16 éco-surveillants pour le compte du second semestre de 2021, ont permis de collecter 3.695 indices de présence de la faune (empreintes, crottes, contacts visuels) representant une quarantaire d'espèces. Des espèces clés notamment l'éléphant (30), la girafe (14), le Bongo (152) Babouin doguera, le Phacochère (415), le Potamochère (418), le Guib harnaché, le Céphalophe à flanc roux (104), l'Hippotrague (248), le Céphalophe à dos jaune (229), le Céphalophe de grimme (58), l'Ourébi (16), le Céphalophe blue (34), l'Elan de Derby (53), le Cobe defassa (164), le bubale (125) et le buffle d'Afrique . A ces espèces viennent s'ajouter des observations par caméra pièges de Lion, guépard, lycaon, hyène, entre autres (Etat partie RCA, 2023). En 2024, une superficie de 11000 km2 représentant 63% de la superficie du bien est sous contrôle par le personnel de conservation du parc (Etat partie de la RCA, 2024). Dans cette zone, un programme de biomonitoring est en place et permet de noter entre autres la présence et la distribution de la faune, l'intégrité des habitats et les facteurs de stress. La collecte des données des mammifères se fait le long des transects linéaires. Chaque transect couvrant une distance de 5 km et orienté en position "Est-Ouest" et extraits au sein de grilles régulières de 5x5 km2 superpossées à travers chaque bloc. Le dispositif de biomonitoring en place en 2024 a permis de quantifier l'Indice Kilométrique d'Abondance (IKA) pour 16 les espèces enregistrées notamment le Babouin doguera, le Phacochère, le Potamochère, le Guib harnaché, le Céphalophe à flanc roux, l'Hippotrague, le Céphalophe à dos jaune, le Céphalophe de grimme, le Bongo, l'Ourébi, le Colobe de guereza, le Céphalophe blue, l'Elan de Derby, le Cobe defassa, le bubale et le buffle d'Afrique. Ces espèces presentent des IKA variant de 0.02 pour le Céphalophe blue à 1.19 pour le Babouin doguera (Etat partie RCA, 2024).
Les deux inventaires fournissants des informations difficilement comparables du fait des méthodologies différentes, il est par conséquent pas évident de tirer des conclusions sur le status et les tendances d'espèces clés dans le bien. Tout en notant la présence éventuelle d'une population relique d'espèces clés dans le bien, un programme cohérent de suivi de la faune doit être mis en place avec une méthodologie comparable sur plusieurs années afin de determiner clairement les tendances fauniques dans le bien.
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Deteriorating
L'état actuel des valeurs et attributs du patrimoine mondial du Parc national de Manovo-Gounda St Floris est particulièrement préoccupant , avec une tendance générale à la détérioration. Le parc, qui abrite la plus grande savane d'Afrique centrale et une faune exceptionnellement riche, a subi des pertes massives de biodiversité en raison du braconnage intensif, de la transhumance incontrôlée et de l'exploitation minière artisanale. Les populations de grands mammifères, notamment les éléphants, les girafes et les antilopes, ont considérablement diminué. Les données de biomonitoring récentes montrent que certaines espèces clés, comme l'éléphant, le lion et la girafe, sont au bord de l'extinction dans le parc malgré quelques individus observés au cours de l'inventaire de 2021. Les habitats fluviaux et les plaines inondables, essentiels pour la biodiversité, sont également menacés par les activités minières et les feux de brousse, qui modifient les écosystèmes et réduisent la disponibilité des ressources pour la faune sauvage. Malgré les efforts récents pour renforcer la surveillance et la gestion, la situation reste préoccupante, avec une pression continue sur les écosystèmes et les espèces.

La tendance actuelle est à la détérioration, bien que des efforts de conservation aient permis de stabiliser environs 63% du parc. Les initiatives comme le recrutement de "garde tangos" et d'éco-gardes, ainsi que les patrouilles régulières, ont conduit à des arrestations de braconniers et à la destruction de camps illégaux, montrant une amélioration locale de la protection. Cependant, l'instabilité sécuritaire, la transhumance transfrontalière les activités illégales et une possible exploitation pétrolière continuent de poser des défis majeurs. Les données de biomonitoring indiquent la présence d'espèces clés, mais les méthodologies variées et le manque de suivi cohérent sur plusieurs années rendent difficile l'évaluation précise des tendances. En résumé, bien que des efforts récents aient permis des avancées locales, l'état général des valeurs patrimoniales du parc reste très préoccupant, et une action coordonnée et soutenue est nécessaire pour inverser la tendance à la détérioration et préserver les écosystèmes et la Valeur Universelle Exceptionnelle du parc.

Additional information

Organisation Brief description of Active Projects Website
1 Wildlife Conservation Society (WCS), Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Préservation de la biodiversité et des écosystèmes fragiles d’Afrique centrale (ECOFAC), Commission européenne, Lion Recovery Fund (LRF), Ministère des Eaux et Forêts (RCA). Ce projet vise à maintenir la biodiversité et les services écosystémiques fournis aux populations par les aires protégées et les zones riveraines des frontières du Tchad et de la République centrafricaine dans le paysage du bassin central du Chari. Il vise également à gérer l’atténuation des conflits et la conservation dans le paysage du bassin central du Chari, dans la zone transfrontalière du sud-ouest du Tchad et du nord du Cameroun.
https://landscapesfuture.org/fr/tchad-et-republique-centrafricaine/
2 Wildlife Conservation Society, Commission Europeenne. Dans la zone d'intervention du projet, la transhumance transfrontalière et la mobilité pastorale sont sécurisées dans le cadre de développement régulé, spécifique, respectueux de l'environnement, des droits humains et de l'égalité de genre, et contribuant à la resilience des communautés pastorales face aux aléas climatiques.
https://pairiac.africa/
3 Wildlife Conservation Society, Commission européenne. L'objectif du projet est la conservation de la faune et des écosystèmes pour la compréhension des problèmes critiques, une élaboration des solutions scientifiques et des mesures de conservation qui profitent à la nature et à l'humanité.
https://international-partnerships.ec.europa.eu/policies/programming/programmes/naturafrica_en
4 UNESCO Sensibiliser les élèves et les enseignants de Mbrés, Bamingui et Ndélé sur les enjeux de la conservation de la Réserve de Biosphère du Nord-Est (Complexe des Aires Protégées du Nord-Est) en vue d'impacter la population toute entière
https://core.unesco.org/fr/project/3240115431

Références

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UNESCO (2017). Rapport sur l’état de conservation du parc national de Manovo-Gounda Saint Floris. Republique centrafricaine. Système d'information sur l'état de conservation du Centre du patrimoine mondial. [en ligne] Paris, France: Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Disponible à https://whc.unesco.org/fr/soc/3841 [Consulté le 16 mai 2025]
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UNESCO (2024). Project "Securing Manovo-Gounda St. Floris National Park" - Final Evaluation
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UNESCO (2025). Sensibilisation sur la Réserve de Biosphère du Nord-Est de la RCA. [en ligne] N° du projet 3240115431. Disponible sur: https://core.unesco.org/fr/project/3240115431 [Consulté le 21 juillet 2025]
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22
UNESCO et IUCN (2019). Rapport de la Mission conjointe Centre du patrimoine mondial-UICN de suivi-réactif au Parc national de Manovo-Gounda, RCA, du 28 mars - 2 avril (2019). [En ligne] Paris, France et Gland, Suisse: UNESCO Centre du patrimoine mondia et UICN, pp 1-45. Disponible à https://whc.unesco.org/en/list/475/documents/

Indigenous Heritage values

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