Niokolo-Koba National Park

Country
Senegal
Inscribed in
1981
Criterion
(x)
The conservation outlook for this site has been assessed as "significant concern" in the latest assessment cycle. Explore the Conservation Outlook Assessment for the site below. You have the option to access the summary, or the detailed assessment.

Located in a well-watered area along the banks of the Gambia river, the gallery forests and savannahs of Niokolo-Koba National Park have a very rich fauna, among them Derby elands (largest of the antelopes), chimpanzees, lions, leopards and a large population of elephants, as well as many birds, reptiles and amphibians. © UNESCO

© Remco Van Merm

Résumé

2025 Conservation Outlook

Finalised on
11 Oct 2025
Préoccupation élevée
La perspective de conservation actuelle du Parc national du Niokolo-Koba est jugée préoccupante. La Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE) du bien, notamment au titre du critère (x), reste sérieusement menacée par des activités humaines telles que l’agriculture, le pâturage, le braconnage et la prolifération de plantes envahissantes, qui continuent de dégrader les habitats et les écosystèmes. Toutefois, le renforcement des patrouilles et du nombre de gardes depuis 2012 a permis une stabilisation des populations fauniques, sans extinction d'espèce à ce jour. Certaines espèces emblématiques, comme le buffle, le bubale et l’hippotrague, montrent des signes de reconstitution. Les grands carnivores, notamment le lion et le lycaon, voient également leurs effectifs augmenter, bien qu’ils demeurent faibles. La situation de l’éléphant reste particulièrement critique, avec peu de données disponibles.
Sur le plan de la gestion, des avancées sont notables, avec l’élaboration en cours d’un Plan d’Aménagement et de Gestion actualisé (2026–2035) et d’un plan de suivi écologique. Néanmoins, de nouvelles menaces émergent, notamment l’intensification de l’exploitation minière industrielle à l’est du parc, dont les impacts sur la biodiversité et les ressources en eau sont encore mal connus mais potentiellement préoccupants. Les zones périphériques du bien sont soumises à une forte pression démographique et agricole, et le rôle peu défini de la zone tampon complique les relations avec les communautés locales. Douze réserves naturelles communautaires ont été créées, mais elles manquent encore d’une gouvernance efficace et d’une réelle appropriation locale.
En résumé, malgré des signes encourageants de rétablissement de certaines espèces et des efforts de gestion renforcés, les menaces persistantes et les défis de gouvernance continuent de compromettre la conservation à long terme du bien.

Current state and trend of VALUES

High Concern
Un certain nombre de problèmes liés aux activités humaines à l'intérieur du site menacent les habitats et des plantes envahissantes endommagent les écosystèmes terrestres aussi bien que les mares. Les valeurs concernant le critère (x) sont aussi sérieusement menacées dans le site. La faune a diminué dans des proportions dramatiques même si le déclin semble être enrayé. Récemment le fort déclin de la faune semble être stabilisé, en réponse à l’augmentation du nombre de gardes et de patrouilles depuis 2012. Un point important est qu’aucune espèce n’a disparu du bien, même si la présence de l’Eléphant est particulièrement critique. Un suivi par photo-piège systématique qui couvre le parc entier clarifie le statut démographique de certaines espèces emblématiques qu’on prédisait sur le déclin et qui se reconstituent numériquement comme le buffle, le bubale et l’hippotrague. La taille de populations de grands carnivores est également connue, et en croissance, même si les effectifs des espèces les plus menacées, lions et lycaons, restent faibles. Les menaces subsistent mais en forte réduction pour la plupart. Hormis l’éléphant (en situation critique, et sur lequel peu de données sont disponibles), les autres espèces caractéristiques de la VUE, notamment le lion, l’éland de Derby, le bubale et le lycaon, semblent être dans un bon état de conservation. Les plantes envahissantes, les activités humaines et la gestion des feux posent des problèmes moins difficiles à circonscrire avec le temps. Néanmoins, l’extraction minière est en cours d’intensification dans la périphérie Est du bien et ses conséquences sur la biodiversité locale et la ressource en eau (qualité et quantité) à l’aval sont encore peu connues et peuvent affecter les valeurs du site.

Overall THREATS

High Threat
Le site est très menacé en raison d'une combinaison d'importantes activités humaines (agriculture, pâturage, braconnage) et la présence de plantes envahissantes. Les menaces subsistent mais en forte réduction pour la plupart. L'orpaillage illégal, bien que considérablement réduit, reste, avec le braconnage et le bétail errant, l'une des principales infractions observées pour la plupart à la périphérie du Bien. L’intensification de l’exploitation minière contrôlée (industrielle) à proximité du bien et le développement d’infrastructures à l’intérieur et à proximité du bien sont préoccupants. Les plantes envahissantes, les activités humaines et la gestion des feux posent des problèmes moins difficiles à circonscrire avec le temps.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Some Concern
Actuellement il est important de préciser qu’un Plan d’Aménagement et de Gestion du bien est en cours de réactualisation pour la période 2026-2035 intégrant un ensemble de mesures correctives. Un draft de ce plan existe accompagné d’un draft de plan de suivi écologique comme recommandé lors de la dernière décision 46 COM_7A.54.
La zone à l'extérieur du site est sous forte pression (démographie, agriculture) et le rôle peu clair de la zone tampon du bien ne facilite pas les relations avec la population locale. Les projets socio-économiques réalisés n'ont pas eu les effets prévus mais 12 réserves naturelles communautaires, représentant environ 150 000 ha, ont été créées dans la périphérie du bien et font partie de la réserve de Biosphère. Leur mise en place a fait l’objet de délibération dans le cadre de la loi sénégalaise (sept-1996) n’ont pas fait l’objet d’une mise en œuvre correcte par le PGIES et d’une appropriation efficiente par les collectivités qui les ont acceptées. Il reste à les doter d’une réelle gouvernance et à les faire fonctionner pour la gestion des ressources naturelles. Une étude portant « Actualisation de l'étude d'impact sur la biodiversité et les milieux naturels du projet d'aménagement hydroélectrique de Sambangalou (PAHS) » et adossée à un Plan d’action de la biodiversité – Parc National du Niokolo-Koba, a été faite en 2021.

Full assessment

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Description of values

Ecosystèmes exceptionnels de la zone bioclimatique soudano-guinéenne.

Criterion
(x)
Le Parc national du Niokolo-Koba contient tous les écosystèmes exceptionnels de la zone bioclimatique soudano-guinéenne comme des cours d'eau majeurs (la Gambie, le Niériko, le Niokolo, la Koulountou), des forêts-galeries, des plaines inondables de savane herbacée, des mares, des forêts sèches denses ou claires, ou claires à sous-bois, des pentes et collines rocheuses, et des "Bowés" dénudés (Comité du patrimoine mondial, 2010), soutenants une diversité remarquable de faune et de flore.

Diversité remarquable de faune et de flore.

Criterion
(x)
Le parc a une diversité remarquable de faune et de flore, unique dans la sous-région. Il compte plus de 70 espèces de mammifères, 329 espèces d'oiseaux, 36 espèces de reptiles, 20 espèces d'amphibiens et un grand nombre d'invertébrés. Les lions constituent une attraction particulière, tout comme l'Eland de Derby, la plus grande antilope existante. D'autres espèces importantes sont aussi présentes, comme le Léopard, le Lycaon et le Chimpanzé. Il faut mentionner également l'éléphant quoique en situation critique (UNESCO & UICN, 2024.) La richesse des habitats doit être soulignée, ainsi que la diversité de la flore, avec plus de 1,500 espèces de plantes importantes (Comité du patrimoine mondial, 2010).
Valeurs culturelles
Les sites de Damantan (mausolée d’un érudit marabout), Tabadian (mausolée), Badi (site rituel) et Missirah Diaka, Niongani, Kénioto (mausolée) représentent des lieux sacrés d'adoration pour les communautés riveraines. La présence du Mont Assirik, de formations de pierres en marbre et de sites caractéristiques comme la « marmite des géants » contribue à donner au site une valeur esthétique et culturelle.
Valeurs éducatives
Lieu de formation et de recherche de centres et Universités nationale et étrangères. Destination pour voyages d’études d' écoles de formation et établissements scolaires du primaire et du moyen secondaire.

Assessment information

High Threat
La combinaison de beaucoup de types de pressions (braconnage, pâturage, exploitation minière, présence d'espèces envahissantes, coupe de palmier rônier) mène à une détérioration des habitats et de la conservation de la faune. La répétition de feux mis en œuvre par l'administration du parc sans planification participe aussi à la détérioration. L'orpaillage illégal, bien que considérablement réduit, reste avec le braconnage et le bétail errant l'une des principales infractions observées pour la plupart à la périphérie du Bien. Néanmoins, l’extraction minière est en cours d’intensification dans la périphérie Est du bien. Dans le cas de la carrière de basalte de Mansadala, il est inquiétant de constater qu'alors que l'État du Sénégal s'était déjà engagé en 2020 sur une date de fermeture, la carrière est toujours en activité. L’État parti a communiqué que la carrière de basalte sera définitivement fermée à compter du mois d’Août 2025. Les sociétés exploitantes ont engagé une société d'audit environnemental pour évaluer les impacts causés et proposer des plans de restauration pour les sites déjà exploités. Le projet de barrage, bien qu'à l'extérieur du site, menace la vue et l'intégrité paysagère du Bien. Les préoccupations concernant le pâturage et les espèces invasives restent récurrentes.
Logging, Harvesting & Controlling Trees
(Coupe et Récolte illicites de vins de palmier rônier)
Other targeted species names
Palmier rônier (Borassus aethiopum)
Low Threat
Inside site
, Scattered(5-15%)
Aucune coupe récente de palmier rônier n'est rapportée et cette pression est peu importante en 2020 (IUCN Consultation, 2020). Dans le passé, la DPN l'a signalé encore dans la partie Ouest du bien, malgré une forte diminution de l’espèce sur cette partie du site (UICN/Sénégal, 2011a; UICN, 2015).
Fire & Fire Management
(Feux)
Low Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Les mises à feu organisées depuis longtemps par l'administration du site ne sont pas reliées à un plan approprié. La répétition de ces feux favorise l’augmentation des ligneux aux dépens des herbacées qui constituent l’alimentation des espèces herbivores (APC/Sénégal, 2006 ; UICN, 2015). Outre ces feux de gestion, les feux incontrôlés provoqués par les braconniers ou autres utilisateurs illicites des ressources du parc représentent une ultérieure menace. Un plan de gestion des feux à l’intérieur du site et à la périphérie est cependant prévu, avec l’appui du service forestier américain (IUCN Consultation, 2025).
Mining & Quarrying
(Mines et carriers)
High Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
La carrière de basalte de Mansadala est en activité à l'intérieur du site sur plus de 40 hectares depuis 2007/2008, liées à la construction d'une route à l'extérieur du site (DPN, 2017). Le rapport soumis par l’Etat partie en 2024 précise que l’exploitation actuelle de la carrière n’a pas d’impact majeur négatif sur la présence et la diversité de la faune (État Partie du Sénégal, 2024). Néanmoins elle répresente une grande menace sur la VUE du bien, notamment sur son intégrité. La pollution sonore due aux explosifs et celle de l'air avec la poussière ainsi que les fosses béantes ne sont pas de nature à préserver la VUE du bien. En plus des menaces propres à la carrière, des pistes d'accès augmentent le risque du braconnage (UICN/Sénégal, 2011a). Quoique l'État du Sénégal s'était déjà engagé en 2020 sur une date de fermeture, la carrière est toujours en activité et les efforts de réhabilitation des puits d'excavation n'ont pas encore commencé. L’État parti a communiqué que la carrière de basalte sera définitivement fermée à compter du mois d’Août 2025 (État Partie du Sénégal, 2025).

Un permis d’exploitation d’or a été attribué en 2017 en limite Est du bien (Mako) et les activités d’extractions ont commencé, malgré les études mentionnant les atteintes à la VUE en particulier en ce qui concerne les chimpanzés (UICN, 2015). Il existe aussi des activités minières dans le secteur de Mako, Kedougou et Kanoumeri qui peuvent avoir des conséquences environnementales néfastes sur le parc (IUCN Consultation, 2017; 2020).

Les modalités de l’exploitation industrielle ont récemment été négociées sur des bases vertueuses (offset) qui fait école désormais auprès d’autres sociétés minières, plus éloignées du PNNK, qui décident d’y adhérer. Une EIES a été réalisé par la société Barrick Gold en lien avec l’exploration menée en vue d’exploitation minière dans la périphérie Est du bien. Le litige avec la société Sabadola Gold Opérations (SGO) concernant le permis du projet Massawa a été résolu lorsque Barrick Gold, n’ayant pas exploité le périmètre, a cédé le permis à SGO Endeavour. L’exploitation a donc démarré sur site après l'obtention de l'approbation environnementale des autorités compétentes (État Partie du Sénégal, 2025). Selon certaines sources, l’exploitation minière dans ces deux permis de Sabobala et de Massawa, qui sont situés sur les sources du fleuve Niokolo, pourraient avoir un impact négatif sur le parc.

Actuellement, la mine SGO et PNNK sont en train d’engager des ententes de collaborations dans des actions de conservation de la biodiversité dans les domaines du suivi écologique, de l’analyse de la qualité des eaux (État Partie du Sénégal, 2025).
Les populations de chimpanzés et la faune en général sont suivis à proximité de la mine mais les populations demeurent faibles. Avant l’établissement de ces sites miniers, lions et lycaons ont été détectés dans les permis lors de la première EIES. Le suivi écologique conjoint a montré la présence de certaines espèces clés notamment le lion, l’éléphant, l'éland de derby, et le chimpanzé autour de la mine (PMC, 2023).
En 2019, la lutte contre l’orpaillage et les activités minières illégales dans le bien et à sa proximité a mené à l’arrestation d’une vingtaine de personnes. Données récentes obtenues entre 2020 et 2022 montrent une réduction considérable de (63,33%) du nombre de délits d’orpaillage illégal (État Partie du Sénégal, 2024). Le poste de Tambanoumouya a été construit et le poste de Mako renforcé par du personnel dans le but de maîtriser complément cette problématique sur le Bien (État Partie du Sénégal, 2024).
Invasive Non-Native/ Alien Species
(Espèces envahissantes)
Invasive/problematic species
Mimosa pigra
Mesosphaerum suaveolens
Other invasive species names
Mitragyna inermis
High Threat
Inside site
, Scattered(5-15%)
Outside site
L’assèchement des mares et leur encombrement par une plante envahissantes (Mimosa pigra) et la propagation de Mitragyna inermis (plante non-exotique) dans les plaines herbeuses inondables, sont des menaces imminentes et cruciales, affectant même la valeur universelle exceptionnelle et la pérennisation de l’extraordinaire diversité de la flore et de la faune du bien. Cette menace semble être concentrée dans la partie Ouest du bien, et dans certains lieux ; un retour de la grande faune, notamment de buffles, semble avoir un effet positif, à travers une destruction mécanique des plantes invasives.
Mimosa pigra demeure la principale espèce envahissante. L’élimination mécanique et manuelle des plantes de Mimosa pigra est actuellement pratiquée par la DPN. À ce titre, depuis 2022, quatre importantes mares ont été restaurées : Oudassi en 2022, Simenti, Kountadala et Nianaka en 2023 (État Partie du Sénégal, 2024). Le Projet SENRM de la Banque Mondiale envisage en mars et avril 2025, de réhabiliter six autres mares partiellement infestées (État Partie du Sénégal, 2025). Néanmoins, la régénération de cette espèce à partir des souches est rapide (UICN, 2015). Des actions énergiques ont été conduites mais leurs résultats restent mitigés : les conditions de contrôle de ces espèces ne sont pas toutes entre les mains des gestionnaires (IUCN Consultation, 2020). Les aménagements en cours permettent de rendre accessibles les mares, très importantes pour la biodiversité et pour le tourisme de vision.
Un autre danger a été relevé avec l'envahissement en particulier dans la moitié Ouest du bien de nombreuses forêts claires et savanes boisées par le Mesosphaerum suaveolens (plante exotique) (Chardonnet, 2011). Les causes de ces menaces sont complexes (changement climatique, baisse de l'alimentation des mares, activités humaines, diminution des effectifs d’éléphants, gestion des feux etc.) (UICN, 2010, 2015).
Roads, Trails & Railroads
(Corridor international Tambacounda – Kédougou – Mali)
Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Le corridor international Tambacounda – Kédougou – Mali est aussi une menace pour le Parc avec une augmentation de l’intensité du trafic, surtout les camions et autobus (bruit, accidents, etc) (IUCN Consultation, 2020).
Toutefois, la réhabilitation de la route nationale N°7 a beaucoup contribué à la réduction de la menace. En effet, 30 panneaux de signalisation sont mis en place pour sensibiliser les usagers sur les risques de collision avec la faune sauvage. En plus de ces mesures, 6 ralentisseurs ont été construits pour la limitation de la vitesse des véhicules, ainsi que la mise en place de deux aires de repos pour les usagers et d’une brigade routière de contrôle et de sensibilisation.
Terrestrial Animal Farming, Ranching & Herding
(Pâturage)
High Threat
Inside site
, Scattered(5-15%)
Le site (notamment à l’Ouest et au Nord) est soumis à une haute pression de pâturage en relation avec un élevage extensif, une population en hausse et la présence de bétail sédentaire et transhumant ne disposant plus suffisamment de pâturage ou de points d'abreuvement en périphérie du site (APC/Sénégal, 2006; UICN, 2010). Des incursions de bétail ont eu lieu à environ 10 km à l'intérieur du bien, en particulier à la carrière de Mansadala (État Partie du Sénégal, 2024), ainsi que dans les parties du Parc à proximité des villages de Dienoudiala, Darsalam, Missirah Gounass, Kalifourou et Koulountou (DPN/Panthera, 2022). Ce pâturage expose également la faune et la flore au risque de transmission de maladie, notamment entre les bovidés domestiques et sauvages (IUCN Consultation, 2017). De plus, ce pâturage dans le parc crée un conflit entre le bétail et les grands carnivores, qui augmente le risque de braconnage de grands carnivores par les bergers en représailles, comme observé ailleurs en Afrique de l’Ouest (Brugière et al., 2015; Henschel et al., 2014). Traditionnellement, les gestionnaires du Parc toléraient de légers dépassements de la zone tampon en période de cultures, dans une marge d'environ 1 à 2 km (État Partie du Sénégal, 2025). Cependant, cette année, en raison de la complexité de la situation, cette pratique a été officiellement suspendue. Tous les troupeaux retrouvés à l'intérieur du parc doivent être déplacés et leurs propriétaires sommés de quitter les lieux. À cet effet, l’État Partie est en train de mobiliser d’importants efforts d’abord par le renforcement de moyens de lutte, et ensuite par le développement des actions limitant la divagation du bétail par la sensibilisation des acteurs et la réalisation de forages pastoraux (36 infrastructures hydrauliques prévues) dans les communes riveraines et les Réserves naturelles communautaires (État Partie du Sénégal, 2024, 2025).
Hunting, Collecting & Controlling Terrestrial Animals
(Braconnage)
High Threat
Inside site
, Throughout(>50%)
Le braconnage apparaît toujours comme la menace principale pour le site et semble être généralisé, comme le montre la distance de fuite des animaux dans certaines parties du Parc. La densité d'animaux reste assez faible, comparé avec des Parcs nationaux ailleurs en Afrique, surtout dans l’extrême Ouest du Parc, dans la zone de Koulountou, et au nord de la RN7 (DPN/Panthera, 2022). Si le braconnage reste important, une réduction (arrestations, saisies, taux de rencontre des signes de braconnage tel que mesuré dans le SMART, etc.) de cette pratique a été récemment observée (IUCN Consultation, 2020; État Partie du Sénégal, 2024). En revanche, une croissance de la distribution et de l’abondance de la grande et moyenne faune a été constatée au cours des dernières années, y compris pour les espèces fortement menacées tels que le lion et l’éland de Derby (Strampelli et al., in prep; Stehlíková, 2023). L’État partie a considérablement amélioré les moyens de surveillance. Le personnel du PNNK a connu une évolution de 82,31% entre 2015 et 2023. À cela s’ajoute, l’érection de trois nouveaux postes de garde qui passe de 22 en 2018 à 25 en 2023 et le renforcement de trois nouvelles brigades mobiles qui passe de trois 3 en 2018 à 6 en 2023.
Dams & Water Management/Use
(Construction de barrage)
High Threat
Outside site
Un barrage est en train d’être réalisé à Sambangalou (fleuve Gambie) en accord avec la Gambie et la Guinée. Les impacts négatifs possibles sur le site pourraient être: la réduction des surfaces de forêt-galeries et de rôneraies, obstacles à la traversée du fleuve par la grande faune et l’alimentation insuffisante en eau des cuvettes d'inondation et des mares (UICN, 2010, 2015). Les travaux préparatoires du projet ont été lancés fin septembre 2022, ouvrant la voie à quatre années de travaux de construction (Hydroreview, 2023). Toutes les mesures ont été prises par l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG) pour minimiser ou réduire les impacts négatifs du barrage hydroélectrique de Sambangalou sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien (État Partie du Sénégal, 2024, 2025). L'analyse préliminaire et les inspections sur place n'ont pas révélé d'impacts négatifs directs du barrage sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Cependant, une fois que le réservoir derrière le barrage sera rempli, des effets négatifs indirects potentiels sont prévus, en particulier sur la distribution de la faune mammalienne de grande et moyenne taille et l'altération de l'habitat du parc en raison des changements dans le régime hydrologique du fleuve Gambie. Le projet dispose déjà d’une étude actualisée d’impact environnementale et sociale, d’un plan de gestion environnemental en lien avec la gestion du PNNK, et d’une stratégie adaptative de débit environnemental du projet (État Partie du Sénégal, 2024, 2025). Il est impératif de procéder à une analyse approfondie du rapport de l'ESIA.
Gathering, Harvesting & Controlling Terrestrial Plants & Fungi
(Exploitation du bois de Pterocarpus erinaceus)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Pterocarpus erinaceus est l'espèce végétale la plus utilisée par les chimpanzés pour la construction de leurs nids de repos. L'exploitation de cette espèce végétale représente donc une sérieuse menace pour la survie du chimpanzé au Sénégal.
High Threat
Les activités minières et la pollution de l'eau représentent de sérieuses menaces pour la préservation du site. La carrière de basalte de Mansadala, en activité depuis plus de dix ans malgré l'engagement de fermeture de l'État partie, ainsi que la récente autorisation d'exploitation d'or à proximité, renforcent l'idée que l'extraction minière peut être autorisée dans cette zone protégée.
Water-borne & other effluent Pollution
(Pollution de l'eau (eaux souterraines et eaux de surface) due à l'exploitation minière)
Low Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Puisque l’exploitation minière contrôlée (industrielle) s’intensifie à proximité du bien, le risque de pollution des eaux souterraines et de surface persiste. Les activités de contrôle de la qualité de l'eau se poursuivent sur des sites de surveillance clés en amont et en aval de la mine d'or de PMC à Mako, le long du fleuve Gambie et de ses affluents dans la zone opérationnelle. Le suivi mensuel de la qualité des eaux de surface et souterraines autour de la mine à proximité du bien montre le respect général des normes d’eau potables et de rares dépassements des concentrations requises (État Partie du Sénégal, 2024). Les rejets d’eau industrielles et le cyanure sont traités conformément aux normes de sécurité et près d’un million de m3 a été prélevé dans le fleuve Gambie en 2019 pendant les hautes eaux pour l’extraction minière. Il n’est pas connu, actuellement, si la présence des sites miniers de Sabodala et de Massawa, situés dans la zone des sources de la rivière Niokolo, aurait un incidence sur la qualité d’eau de ladite rivière. Ceci reste à être étudié en détail.
Mining & Quarrying
(Mines et carriers)
Very High Threat
Outside site
L’intensification de l’exploitation minière contrôlée (industrielle) à proximité du bien est source d’inquiétude. L'existence d'une carrière de basalte depuis plus de dix ans à l'intérieur du site et la récente autorisation d'exploitation d'or en périphérie immédiate sont de très mauvais points pour le bien tant pour les pressions concernant les valeurs naturelles que par le renforcement de l'idée que l'extraction minière peut être faite dans le site. Sur le site de Mako, l’évolution de la conduite de cette exploitation est en train de montrer l’intérêt d’expérimenter la relation conservation-développement telle que suggérée dès 2000.
Dams & Water Management/Use
(Perturbation sur le réseau hydrographique du parc)
Data Deficient
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
Les nombreuses activités anthropiques qui ont lieu en dehors du parc (exploitations minières, maraîchage, agriculture, aménagements d'infrastructures de développement comme les routes et édifices) entrainent souvent des perturbations du fonctionnement du réseau hydrographique qui vont se répercuter sur la biodiversités animale et végétale et même sur le paysage.
Involvement of stakeholders and rightsholders, including indigenous peoples and local communities, in decision-making processes
Some Concern
Les relations avec la population locale a souffert de l'absence de politique claire concernant la zone tampon. Quoique la coopération avec les acteurs impliqués dans la gestion du site et sa zone périphérique a été renforcée et des résultats positifs existent (création de réserves naturelles communautaires (RNC), gestion conjointe avec la population locale; APC/Sénégal, 2006; UICN, 2010), la population locale a continué néanmoins de se plaindre du manque d’espaces disponible dans la zone périphérique, des dégâts causés par la faune (phacochères en particulier), de l’absence de retombées économiques en provenance du parc, de leur non-implication dans les activités du parc (aménagement, surveillance, tourisme, suivi écologique). Les complaintes, parfois contradictoires, masquaient beaucoup de convoitises qui conduisent régulièrement à des remises en question des consensus réalisés auparavant (IUCN Consultation, 2020).
Les relations avec la population locale semblent s'améliorées ces dernières années à travers des actions d’éducation environnementale et de sensibilisation, ainsi que la promotion d’initiatives de développement communautaire (UNESCO, 2024; État Partie du Sénégal, 2025). La réactualisation des limites du bien avec le géoréférencement a été faite de manière participative avec les différentes parties prenantes (État Partie du Sénégal, 2025).
Legal framework
Serious Concern
Les lois et textes réglementaires existent mais sont probablement mal relayés auprès de la plupart des acteurs. Sur un autre plan, la mise à jour des textes s’avère très lente au regard des urgences sur le terrain (IUCN Consultation, 2020).
Le rôle de la zone tampon n'est pas clair et ceci produit quelques difficultés avec la population locale dans la proche périphérie du site (APC/Sénégal, 2006).
Un problème majeur qui persiste est le cadre juridique relativement faible, en ce qui concerne la protection de la faune sauvage au Sénégal. Même les braconniers arrêtés dans le parc pour des infractions capitales en matière de la faune, comme le braconnage d'une espèce intégralement protégée, reçoivent généralement des peines de prison très faibles, de plusieurs semaines, voire six mois au maximum, tandis que d'autres sont libérés prématurément avant le terme de leur peine. La législation relative est actuellement en cours de révision, et il reste à voir si des peines de prison plus lourdes pour les actes de braconnage, qui auraient un effet dissuasif important, seraient définies.
Governance arrangements
Some Concern
Le bien est placé sous l'autorité de la Direction des Parcs Nationaux, elle-même placée sous la tutelle du Ministère de l'Environnement et de la Transition écologique (METE). Il s'agit donc d'une gouvernance de type étatique. La coopération avec les acteurs impliqués dans la gestion du site et sa zone périphérique a été renforcée mais pourrait être encore améliorée.
Integration into local, regional and national planning systems (including sea/landscape connectivity)
Some Concern
Les plans d'intérêt national/régional/sectoriel affectant le site sont identifiés, mais ne sont pas toujours intégrés pour assurer la conservation du bien.
Boundaries
Some Concern
Pour la plupart des limites du bien, des bornes étaient implantées tous les 5 km (UICN, 2010). Depuis, l’Etat partie a implanté 102 bornes supplémentaires avec une distance entre les bornes de 1 km. Les limites problématiques du PNNK concernaient les zones Nord et Est du parc, ce qui a déterminé une étude de délimitation (1999-2000) à l’origine du décret présidentiel de 2002 officialisant des limites intangibles car calées sur les points GPS avec un intervalle kilométrique.
En 2024, 60 % des limites du parc sont entièrement marqués avec près de 200 bornes disponibles. L'État Partie a communiqué sa décision d'accélérer le processus de densification des limites du bien en Mars 2025, adoptant une approche concertée, participative et inclusive (État Partie du Sénégal, 2025).
Overlapping international designations
Data Deficient
Le bien est également une réserve de biosphère dont les limites notamment de la zone tampon restent à clarifier. Actuellement il n'y a pas d'information sur la coordination entre les deux désignations.
Implementation of World Heritage Committee decisions and recommendations
Mostly Effective
Il y avait une difficulté réelle pour l'État et les gestionnaires du site à mettre en œuvre les décisions du Comité du patrimoine mondial et ses recommandations. Au cours des années suivantes, le Comité du patrimoine mondial a suivi les progrès réalisés par le Sénégal pour faire face à ces menaces. Sur la base des recommandations de l'UNESCO et de l'UICN, qui ont effectué quatre missions de suivi réactif et d'autres missions thématiques entre 2007 et 2024, le Sénégal a mis en œuvre des mesures correctives, notamment en intensifiant les efforts de lutte contre le braconnage, le suivi écologique et l'implication des communautés. Malgré des défis permanents tels que l'exploitation minière illégale, les menaces pesant sur l'habitat et la nécessité de mettre à jour le plan de gestion, les efforts de conservation fructueux du PNNK ont finalement abouti à son retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2024 (World Heritage Committee, 2024). L'engagement du Sénégal en faveur de la conservation et de la collaboration internationale a été déterminant pour le rétablissement du PNNK.
Climate action
Data Deficient
Pas de stratégie d'adaptation au changement climatique disponible.
Management plan and overall management system
Some Concern
Le plan de gestion général 2019-2023 (DPN, 2018) a expiré et nécessite une mise à jour urgente. Grâce à l’appui financier de l’UNESCO et l’ULB-Coopération, le bien a démarré le processus de mise à jour du Plan d'aménagement et de gestion (État Partie due Sénégal, 2025). Le bien est géré par une équipe dédiée de la DPN et basée sur le terrain. Des opérations conjointes de surveillance terrestre et aérienne ont été menées avec les forces armées sénégalaises en 2022 et 2023, avec une moyenne de 12 heures de vol au-dessus du PNNK (État Partie du Sénégal, 2024). Cet arrangement a permis d'augmenter l'effort de patrouille, avec l'acquisition d'un avion ULM et de quatre drones pour la zone protégée. Un programme d'urgence de lutte contre les espèces invasives a permis de restaurer quatre étangs : Oudassi en 2022, Simenti, Kountadala et Nianaka en 2023 (État Partie du Sénégal, 2024). Par ailleurs, 89 km de pistes ont été réalisés pour réhabiliter les pistes impraticables, permettre l'accès tout au long de la saison à la moitié sud-est du bien, et lutter contre l'orpaillage illégal et le braconnage. Depuis 2016, l'Etat partie a renforcé le système de suivi écologique du parc, contribuant à plusieurs observations directes et indirectes d'espèces menacées cruciales pour la valeur universelle exceptionnelle du bien.
Law enforcement
Mostly Effective
La mise en œuvre du dispositif de lutte anti-braconnage du Bien et la forte implication des autorités administratives et judiciaires ont réduit de manière significative (63,33%) les cas d’infractions liées à l’orpaillage ente 2020 et 2022 (État Partie du Sénégal, 2024). Les brigades mobiles sont passées de 3 en 2022, de 6 en 2023; le taux de couverture du bien à travers l'outil SMART est de 47,5% en 2024, contre 33% en 2023 et 11% en 2019 (État Partie du Sénégal, 2025). Ce taux pourrait être revu à la hausse en tenant compte des surfaces couvertes parles missions conjointes avec les autres forces de défense et de sécurité et les agents affectés dans les postes de garde. Actions d’éducation environnementale et de sensibilisation impactant plus de 3000 personnes, ainsi que la promotion d’initiatives de développement communautaire impactant plus de 3000 personnes ont permis d’obtenir des résultats notables dans la lutte contre le braconnage et l’orpaillage illégal (État Partie du Sénégal, 2025), se traduisant par l’arrestation de contrevenants, et la saisie/destruction de leur matériel (UNESCO, 2024)
Sustainable finance
Some Concern
Le financement de l’Etat est composé de trois sources : la prise en charge du personnel (299 personnes), des frais de fonctionnement et un budget d’investissement annuel de plus 500 millions FCFA pour la construction de nouveaux postes de garde, pour des équipements de surveillance. Il faut ajouter à ces ressources celles qui proviennent de partenariats passés notamment avec les sociétés minières sur la base d’accords précis.
Il n’y a pas actuellement de projet de financement durable par un outil de type fiduciaire.
Staff capacity, training and development
Mostly Effective
Le personnel a connu une évolution de 82,31% entre 2015 et 2023 avec un effectif total actuel de 299 personnes (État Partie du Sénégal, 2024). Depuis 2017, le personnel du Bien a connu des renforcements de capacités très solides sur l’utilisation des outils modernes de technologie pour la gestion des aires protégées, et des sites du patrimoine mondial. Ceci a conduit à une amélioration très significative du système de collecte et la mise en place d’une base de données fiable sur le parc. L’État partie a ainsi consenti d’énormes efforts en termes de renforcement de la qualité de son personnel actuel sur l’utilisation des outils technologiques tels que SMART, CYBERTRACER, etc.
Education and interpretation programmes
Some Concern
Un programme d'éducation et de sensibilisation est prévu, partiellement mis en œuvre et efficace.
Alors que peu d'actions existaient dans les domaines de l'éducation et de l'interprétation (APC/Sénégal, 2006), la situation a significativement évolué avec l’accord de partenariat DPN/PMC/Panthera (2017-2018), prolongé en 2019, finalement renégocié et signé en 2020 (Consultation de l'UICN, 2020).
Tourism and visitation management
Some Concern
Les installations et les services destinés aux visiteurs sont adaptés au niveau actuel de fréquentation, mais pourraient être améliorés. Seule la zone autour de Simenti (trois postes de gardes, deux campements touristiques) est fréquentée. La sécurité et la conservation relativement correcte d'un petit noyau de faune autour des mares permet d'attirer quelques touristes. Le tourisme reste limité dans le site (2.000 à 6.000 visiteurs par an) en raison de l'accès relativement difficile depuis Dakar et le peu de pistes en bon état qui pourraient permettre une bonne vision de la faune (APC/Senegal, 2006) (UICN/Sénégal, 2011a). Des changements notables ont été observés avec la reprise de l’hôtel de Simenti par un particulier, la construction en cours de l’écolodge au Grand-Mirador (le Niokolodge) et la réfection en cours du campement du poste de Niokolo sont en train de modifier l’offre des réceptifs et de cibler des clients depuis l’étranger. En outre, Simenti fait partie des 4 aérodromes dont le programme de rénovation prioritaire est envisagé prochainement, ce qui va réduire considérablement les temps de parcours depuis Dakar (IUCN Consultation, 2020).
Sustainable use
Some Concern
Il y a peu d’informations sur l’utilisation durable des ressources du bien. La collecte par la population locale, de matériaux de construction ainsi que de fruits et du miel est possible. La collecte de bambous à l’intérieur du parc leur est d’ailleurs permise par la DPN (UICN, 2015). L'utilisation contrôlée de certaines ressources est en général tolérée et s’effectue dans les limites de la zone tampon, parfois même à l’intérieur du bien en fonction de la sensibilité des ressources convoitées (IUCN Consultation, 2020). Des mécanismes de gestion existent pour contrôler toutes les utilisations et activités inappropriées dans le site du patrimoine mondial, mais leur application efficace pose problème.
Monitoring
Mostly Effective
Il y a suffisamment d'informations sur les habitats, les espèces et les valeurs culturelles critiques du bien du patrimoine mondial pour soutenir la planification et la prise de décision dans certains domaines, et il existe des plans (par exemple de recherche et de suivi) pour combler les lacunes. Un nouveau dispositif de suivi, basé sur des pièges photographiques, permet de collecter d’importantes données sur les espèces clés y compris le lycaon, l’éland de Derby, le lion, le léopard, et l’éléphant (État Partie du Sénégal, 2024). Les données sur la dynamique des populations de ces espèces clés, notamment la taille de population, la structure démographique et le taux de croissance de populations sont maintenant disponibles, et les résultats en cours de publication. Pour les autres espèces plus communes, un système de suivi par photo-piège qui couvre le parc entier a été mis en place en 2022 (DPN/Panthera, 2022). Ce dispositif standardisé permet un suivi de la distribution et de l’abondance relative de toutes les espèces terrestres de grande et moyenne taille sur l’étendu complet du parc. L’intégration de ces programmes de suivi écologique est prévue dans le cadre de la mise à jour du nouveau plan de gestion. L’équipe en place à la direction du PNNK a opérationnalisé une structure (Bureau de Suivi Ecologique) qui effectue un suivi considéré comme efficient pour la mesure des tendances pour les principales espèces de la grande faune mammalienne. Pour certaines espèces phares, tel que le lion, il existe aussi un dispositif de suivi par collier émetteur pour plusieurs groupes et individus. La pose de colliers sur les lycaons est prévue également. Au-delà des activités de suivi planifiées, toutes les autres observations non systématiques de faune faites par les agents lors des patrouilles de surveillance, sont aussi collectées et traitées par le bureau suivi écologique (État Partie du Sénégal, 2025).
Research
Some Concern
Il existe quelques études et recherches limitées orientées vers les besoins de la gestion des sites du patrimoine mondial.
La recherche est insuffisamment développée dans le site pour comprendre l'évolution des habitats : couverture de la végétation, espèces envahissantes, évolution des mares (WCMC, 2011) qui sont autant de problèmes d’actualités dans le parc. Il n’existe pas réellement de recherche sur les mammifères, mais plutôt des initiatives isolées de suivi de certaines espèces comme par exemple les grands carnivores (ONG Panthera, 2011). Les résultats ont été publiés pour les lions (Henschel et al., 2014). Le groupe de recherche sur l’éthologie cognitive du centre allemand des primates à Goettingen a mené de longues études de terrain sur les babouins de Guinée et les singes verts. Des recherches intéressantes sont actuellement entreprises par des équipes locales peu médiatisées ; elles portent sur les primates (surtout le chimpanzé, des recherches sont aussi menées par des chercheurs de l’Université de Dakar et de l’Iowa (État Partie du Sénégal, 2020).
Effectiveness of management system and governance in addressing threats outside the site
Some Concern
Les communautés locales ont une certaine influence sur les discussions relatives à la gestion, mais ne participent pas directement à la prise de décision.
La zone à l'extérieur du site est sous forte pression (démographie, agriculture) et le rôle peu clair de la zone tampon de la Réserve de Biosphère ne facilite pas les relations avec la population locale. Les projets socio-économiques réalisés n'ont pas eu les effets prévus mais 12 réserves naturelles communautaires, représentant environ 150 000 ha, ont été créées dans la périphérie du bien et font partie de la réserve de Biosphère. Il reste à les doter d’une réelle gouvernance et à les faire fonctionner pour la gestion des ressources naturelles (Chardonnet, 2011). La question de la zone-tampon et de la zone périphérique, en particulier dans le secteur de Mako, fait l’objet de préoccupations provenant notamment de PMC qui déroule un programme de compensation exécuté par l’ONG AWF. De même, dans toute la périphérie du PNNK, la DPN déploie actuellement le projet PFNAC (2017-2022) qui appuie spécifiquement les projets communautaires qui contribuent à la protection et la valorisation des ressources. Une ferme intégrée a été installée dans le village de Dar salam (porte d’entrée du parc) sur financement de la Fondation OCP. En 2023 douze (12) projets agroécologiques ont financés à hauteur de 195 millions FCFA par le PMF/FEM (PNNK, 2023).
Effectiveness of management system and governance in addressing threats inside the site
Some Concern
L’absence de progrès significatifs concernant la limitation des impacts négatifs des activités extractives et du développement infrastructurel à l’intérieur et à la périphérie du bien, continue de susciter de vives inquiétudes (UNESCO, 2024). Le bien est géré par une équipe dédiée de la DPN et basée sur le terrain. Des opérations conjointes de surveillance terrestre et aérienne ont permis d'augmenter l'effort de patrouille Un programme d'urgence de lutte contre les espèces invasives a permis de restaurer quatre étangs. Par ailleurs, 89 km de pistes ont été réalisés pour réhabiliter les pistes impraticables, permettre l'accès tout au long de la saison à la moitié sud-est du bien, et lutter contre l'orpaillage illégal et le braconnage. Depuis 2016, l'Etat partie a renforcé le système de suivi écologique du parc, contribuant à plusieurs observations directes et indirectes d'espèces menacées cruciales pour la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le plan de gestion général 2019-2023 a expiré et nécessite une mise à jour urgente.
Actuellement il est important de préciser qu’un Plan d’Aménagement et de Gestion du bien est en cours de réactualisation pour la période 2026-2035 intégrant un ensemble de mesures correctives. Un draft de ce plan existe accompagné d’un draft de plan de suivi écologique comme recommandé lors de la dernière décision 46 COM_7A.54.
La zone à l'extérieur du site est sous forte pression (démographie, agriculture) et le rôle peu clair de la zone tampon du bien ne facilite pas les relations avec la population locale. Les projets socio-économiques réalisés n'ont pas eu les effets prévus mais 12 réserves naturelles communautaires, représentant environ 150 000 ha, ont été créées dans la périphérie du bien et font partie de la réserve de Biosphère. Leur mise en place a fait l’objet de délibération dans le cadre de la loi sénégalaise (sept-1996) n’ont pas fait l’objet d’une mise en œuvre correcte par le PGIES et d’une appropriation efficiente par les collectivités qui les ont acceptées. Il reste à les doter d’une réelle gouvernance et à les faire fonctionner pour la gestion des ressources naturelles. Une étude portant « Actualisation de l'étude d'impact sur la biodiversité et les milieux naturels du projet d'aménagement hydroélectrique de Sambangalou (PAHS) » et adossée à un Plan d’action de la biodiversité – Parc National du Niokolo-Koba, a été faite en 2021.
Good practice examples
Parmi les bonnes pratiques, il faut noter le role de la recherche au niveau du support technique à la gestion, ainsi qu'à la formation. Par exemple, la mise en place de projet de recherches scientifique sur le chimpanzé dans le parc depuis 2015 a permis de former plusieurs jeunes sénégalais sur l'écologie et le comportement du chimpanzé. Il existe une importante production scientifique sur les données collectés à Assirik et environs et la zone "Antenne" et environs. Les connaissances acquises à la suite des études de terrain et les publications sont partagées à temps réel avec les autorités du PNNK. Le projet a par ailleurs permis de relever le niveau des connaissances des agents du PNNK qui accompagne les chercheurs et assistants de recherches pendant les prospectives (comm. pers.).

Ecosystèmes exceptionnels de la zone bioclimatique soudano-guinéenne.

High Concern
Trend
Data Deficient
Un certain nombre de problèmes liés aux activités humaines à l'intérieur du site menacent les habitats (carrières, pâturage, récolte et abattage de bois). Des plantes envahissantes endommagent les écosystèmes terrestres aussi bien que les mares, et l’assèchement de ces dernièeres est un problème supplémentaire. La répétition des feux précoces favorise l’augmentation des ligneux aux dépens des herbacées qui constituent l’alimentation des espèces paisseuses. La diminution des effectifs d’éléphants semble contribuer à la propagation du Mitragyna (plante non exotique) dans les plaines herbeuses.

Diversité remarquable de faune et de flore.

High Concern
Trend
Stable
Les densités des principales espèces de grands mammifères sont faibles. Les effectifs de certaines espèces sont réduits à des chiffres de l’ordre de l'un ou des dizaines : lycaons, lions (Panthera, 2011), mais au cours des dernièeres années, leurs effectifs augmentent (Strampelli et al., in prep.). L’éléphant reste présent dans le parc, mais à l'échelle de 1-3 individus, selon des données préliminaires. Le suivi multi-espèce par photopièges démontre une croissance dans la distribution et l’abondance relative des autres grandes herbivores, tels que les buffles, bubales, hippotragues et élands (DPN/Panthera, 2022, données non-publiées). Un point important est qu’aucune espèce n’a disparu du bien, même si la présence de l’Eléphant est particulièrement critique.
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Stable
Un certain nombre de problèmes liés aux activités humaines à l'intérieur du site menacent les habitats et des plantes envahissantes endommagent les écosystèmes terrestres aussi bien que les mares. Les valeurs concernant le critère (x) sont aussi sérieusement menacées dans le site. La faune a diminué dans des proportions dramatiques même si le déclin semble être enrayé. Récemment le fort déclin de la faune semble être stabilisé, en réponse à l’augmentation du nombre de gardes et de patrouilles depuis 2012. Un point important est qu’aucune espèce n’a disparu du bien, même si la présence de l’Eléphant est particulièrement critique. Un suivi par photo-piège systématique qui couvre le parc entier clarifie le statut démographique de certaines espèces emblématiques qu’on prédisait sur le déclin et qui se reconstituent numériquement comme le buffle, le bubale et l’hippotrague. La taille de populations de grands carnivores est également connue, et en croissance, même si les effectifs des espèces les plus menacées, lions et lycaons, restent faibles. Les menaces subsistent mais en forte réduction pour la plupart. Hormis l’éléphant (en situation critique, et sur lequel peu de données sont disponibles), les autres espèces caractéristiques de la VUE, notamment le lion, l’éland de Derby, le bubale et le lycaon, semblent être dans un bon état de conservation. Les plantes envahissantes, les activités humaines et la gestion des feux posent des problèmes moins difficiles à circonscrire avec le temps. Néanmoins, l’extraction minière est en cours d’intensification dans la périphérie Est du bien et ses conséquences sur la biodiversité locale et la ressource en eau (qualité et quantité) à l’aval sont encore peu connues et peuvent affecter les valeurs du site.
Assessment of the current state and trend of other important values
Low Concern
Stable
Le site fait partie du complexe écologique transfrontalier Niokolo-Badiar et partage plusieurs corridors de migration avec le Mali et les deux guinées au Sud

Additional information

Outdoor recreation and tourism
Le tourisme est peu développé dans le site en raison de l'absence de politique efficace de valorisation du bien, de la longue distance à parcourir depuis Dakar, de l'état des pistes pour la vision de la faune. Les avantages pour les communautés locales sont peu importants, et se réduisent aux guides qui accompagnent les touristes, mais peuvent être développés en même temps que l'amélioration de la faune. Les emplois pourraient concerner également les aménagements du parc, la surveillance et la participation au suivi écologique. (UICN, 2015). Des changements notables ont été observés avec la reprise de l’hôtel de Simenti par un particulier, la construction en cours du écolodge au Grand-Mirador (le Niokolodge) et la réfection en cours du campement du poste de Niokolo-koba sont en train de modifier l’offre des réceptifs et de cibler des clients depuis l’étranger. En outre, Simenti fait partie des 4 aérodromes dont le programme de rénovation prioritaire est envisagé prochainement, ce qui va réduire considérablement les temps de parcours depuis Dakar.
Sustainable extraction of materials (e.g. coral, shells, resin, rubber, grass, rattan, etc)
L’utilisation des ressources naturelles est possible pour les populations de la périphérie et concerne les matériaux de construction tels que le bambou et la paille, ainsi que les fruits et le miel. La collecte de bambous à l’intérieur du parc leur est d’ailleurs permise par la DPN. (UICN, 2015).
Les avantages pour les communautés locales pourraient être plus importants, mais se limitent actuellement à quelques emplois de guides touristiques et à la récolte de certaines ressources naturelles comme le bambou, la paille, les fruits, le miel et les rôniers. La participation rémunérée des populations pourrait également concerner d’autres emplois parmi lesquels la surveillance, l’aménagement du parc, et la participation au suivi écologique.
Organisation Brief description of Active Projects Website
1 Women's group of Dar Salam Horticultural production
2 Park Staff Partnership has been established with Niokolodge, a private tourism operator contributing to conservation activities. Within this framework, an area of around 5 ha in the Oudassi pond, which had been completely invaded by Mimosa pigra, has been rehabilitated. An additional guard post around 500m from the lodge has also been built to control poaching, and an observatory to inventory wildlife in the concession area.
3 Université Cheikh Anta Diop de Dakar et Université de Purdue (USA) C'est un projet de recherche qui porte sur le suivi du chimpanzé à long terme, ses espèces sympatriques et ses habitats dans le PNNK.
4 DPZ Allemagne C'est un projet de recherche à long terme dont le focus porte sur le babouin de Guinée mais des données sont également collectées sur toutes les autres espèces animales, en particulier les moyens et grands mammifères.

Références

Références
1
APC/Sénégal, 2006, Plan d'Urgence pour le sauvetage du PNNK et orientations pour une stratégie de gestion à long terme, 115 p.
2
DPN/PANTHERA/PMC, 2019, Offre de protection intensifiée d’une zone cruciale pour la faune sauvage dans le Sud-Est du Parc National du Niokolo-Koba. Octobre 2019, 11p.
3
Brugière, D., Chardonnet, B., & Scholte, P. (2015). Large-scale extinction of large carnivores (lion Panthera leo, cheetah Acinonyx jubatus and wild dog Lycaon pictus) in protected areas of West and Central Africa. Tropical Conservation Science, 8(2).
4
DPN (2018). Plan d’aménagement et de gestion du Parc national du Niokolo-Koba et de sa périphérie - 2019-2023. Direction of National Parks (DPN), Ministre de l’Environnement et du Développement Durable.
5
DPN 2016. Rapport 2015 sur l’état de conservation du bien intitulé Parc National du Niokolo Koba
6
DPN 2017. Rapport 2016 sur l’état de conservation du bien intitulé Parc National du Niokolo Koba
7
DPN/Panthera 2022, Rapport suivi écologique : Session de piégeage photographique Avril-Aout 2022. 33 pages. Tambacounda, Senegal.
8
Henschel, P., Coad, L., Burton, C., Chataigner, B., Dunn, A., MacDonald, D., Saidu, Y., & Hunter, L. T. B. (2014). The lion in West Africa Is Critically Endangered. PLoS ONE, 9(1), e83500. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0083500
9
Hydroreview (2023). Work has begun to construct 128 MW Sambangalou hydroelectric in Senegal. [en ligne] Disponible à l’adresse : https://www.hydroreview.com/business-finance/business/work-… [Consulté le 18 décembre 2024]
10
Stehlíková, K. (2023). Population structure of critically endangered Western Derby eland (Tragelaphus derbianus derbianus) in Niokolo Koba National Park, Senegal. Master’s Thesis. Prague, Czech Republic.
11
Strampelli, P. et al. (in prep.). Increased management investments lead to ongoing recovery of one of West Africa’s last lion populations. In preparation.
12
UICN (2010). Rapport de mission au Parc de Niokolo Koba, 39 p.
13
UICN/Sénégal (2011a). Compte rendu de mission de surveillance aérienne, 5 p.
14
UNESCO & UICN (2015). Mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN au Parc national du Niokolo-Koba, Sénégal, 52 pages.
15
UNESCO & UICN (2024). Mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN au Parc national du Niokolo-Koba, Sénégal, 47 pages. 2.2
16
UNESCO (2024). État de conservation Parc national du Niokolo-Koba. [en ligne] Disponible à l’adresse: https://whc.unesco.org/fr/soc/4578/ [Consultè le 20 décembre 2024]
17
État Partie du Sénégal (2020). Rapport sur l’état de conservation du bien du patrimoine mondial du Parc National du Niokolo Koba, Direction des Parcs Nationaux, pp. 1-832. Disponible à : http://whc.unesco.org/document/180870
18
État Partie du Sénégal (2024). Rapport sur l’état de conservation du bien du patrimoine mondial du Parc National du Niokolo Koba, Direction des Parcs Nationaux, pp. 1-832. Disponible à : https://whc.unesco.org/document/127151
19
État Partie du Sénégal (2024). Rapport sur l’état de conservation du bien du patrimoine mondial du Parc National du Niokolo Koba, Direction des Parcs Nationaux.

Indigenous Heritage values

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