Mount Nimba Strict Nature Reserve

Country
Côte d'Ivoire,
Guinea
Inscribed in
1981
Criteria
(ix)
(x)
The conservation outlook for this site has been assessed as "critical" in the latest assessment cycle. Explore the Conservation Outlook Assessment for the site below. You have the option to access the summary, or the detailed assessment.
Located on the borders of Guinea, Liberia and Côte d’Ivoire, Mount Nimba rises above the surrounding savannah. Its slopes are covered by dense forest at the foot of grassy mountain pastures. They harbour an especially rich flora and fauna, with endemic species such as the viviparous toad and chimpanzees that use stones as tools. © UNESCO
© IUCN/Thierry Lefebvre

Résumé

2025 Conservation Outlook

Finalised on
11 Oct 2025
Critiques
La Perspective de conservation de la réserve naturelle intégrale du Mont Nimba reste très préoccupante, en raison de la combinaison de menaces élevées et de lacunes persistantes dans la gestion. Les pressions externes, telles que l’exploitation minière à proximité, la déforestation périphérique et les feux anthropiques, fragilisent l’intégrité écologique du site. Bien que les habitats centraux (forêts de montagne, savanes) restent relativement stables, leur isolement croissant et la dégradation des zones tampons réduisent leur résilience face aux changements climatiques et aux activités humaines. Les projets miniers, notamment celui de la SMFG en Guinée, représentent une menace majeure pour les espèces endémiques et les écosystèmes aquatiques, avec des risques de pollution et de fragmentation. En Guinée, l'acquisition en 2023 par la compagnie Equatorial Resources d'un permis minier (Nimba West) , qui semble chevaucher avec la partie ouest du bien en Guinée, est de grande préoccupation. Majeurs informations sur ce projet sont urgemment requises. Malgré des efforts de surveillance renforcés (utilisation d’outils SMART, patrouilles conjointes), l’efficacité de la protection reste limitée par le manque de ressources financières et de coordination transfrontalière.

Bien que des initiatives comme les projets PAPFOR et MAKORE ainsi que les soutiens du Fond du patrimoine mondial aient amélioré le suivi écologique et impliqué partiellement les communautés locales, la gestion manque de vision intégrée et de pérennité. La dépendance aux financements internationaux et l’absence de mécanismes durables pour l’écotourisme ou la gestion participative affaiblissent les résultats. La reprise potentielle de l’exploitation minière et l’absence d’étude d’impact stratégique sur les effets cumulatifs aggravent les incertitudes. Pour inverser la tendance, une collaboration renforcée entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, un plan directeur harmonisé, et l’intégration des droits coutumiers dans la gestion sont essentiels. Sans action urgente pour contrer les menaces et consolider la gouvernance, la valeur universelle exceptionnelle du site risque de se dégrader irréversiblement, justifiant une perspective de conservation critique à moyen terme.

Current state and trend of VALUES

High Concern
La Réserve naturelle intégrale du mont Nimba conserve une variété d’habitats exceptionnelle, allant des forêts sempervirentes aux savanes, avec une dynamique écologique unique. Bien que ces habitats restent globalement intacts, leur état est inquiétant en raison de menaces persistantes. Les feux de brousse (ayant affectés 8% du bien en 2024), majoritairement d’origine humaine, affectent régulièrement les crêtes herbeuses, bien que les forêts de montagne et les galeries restent épargnées. L’isolement écologique de la réserve s’aggrave en raison de la déforestation périphérique liée à l’agriculture sur brûlis et à l’exploitation minière, notamment en Guinée et en Côte d’Ivoire. La tendance est stable pour les habitats centraux, mais la pression externe compromet leur connectivité et leur résilience à long terme. Toutefois, l’état global de ces habitats dans le bien est resté stable, indiquant que, bien que les menaces persistent, aucune dégradation accélérée n’a été observée à ce jour.

La richesse faunistique et floristique, caractérisée par des espèces endémiques comme le crapaud vivipare (Nimbaphrynoides occidentalis) et le micropotamogale (Micropotamogale lamottei), est en détérioration. Si les populations de chimpanzés (Pan troglodytes verus) semblent se maintenir dans le bien, celle de Bossou, hors du périmètre, s’effondre (7 individus en 2019). Le crapaud vivipare, déjà en danger critique, est menacé par les projets miniers qui fragmentent son habitat. Les activités de braconnage et la dégradation des zones tampons accentuent les risques pour les ongulés et les primates. Malgré le développement de Plans de Gestion et les initiatives comme les projets PAPFOR et MAKORE, le manque de suivi écologique intégré et la reprise des exploitations minières limitent les progrès. En dépit de quelques signes ponctuels d’amélioration dans certains indices, la dynamique globale de la biodiversité montre une dégradation, soulignant l’urgence de mesures de conservation renforcées pour inverser cette tendance négative.

Overall THREATS

Very High Threat
La RNIMN fait face à des menaces de grande envergure qui pourraient compromettre sur la durée sa valeur universelle exceptionnelle. Parmi les menaces les plus graves figurent la déforestation rapide causée par l'agriculture et l'exploitation forestière illégale en périphérie du site, menaçant l'intégrité des écosystèmes. L'acquisition par la compagnie Equatorial Resources d'un permis minier (Nimba West) en 2023 (Equatorial Resources Limited, 2023), qui semble chevaucher avec la partie ouest du bien en Guinée, est de grande préoccupation. Majeurs informations sur ce projet sont urgemment requises. En générale, l’exploitation minière suscite des inquiétudes en raison de ses impacts potentiels sur les habitats sensibles et la pollution des cours d’eau. De plus, la pression du braconnage reste élevée, touchant plusieurs espèces emblématiques et endémiques comme les chimpanzés et le crapaud vivipare. La multiplication des feux de brousse, souvent liés aux pratiques agricoles et au braconnage, aggrave encore la dégradation des habitats. Ces menaces, combinées aux changements climatiques, risquent de perturber durablement les écosystèmes du mont Nimba.

Bien que certaines mesures de conservation aient été mises en place, la gestion et la protection du site rencontrent de nombreuses lacunes. Les capacités de surveillance et de patrouille sont insuffisantes pour couvrir l’ensemble du territoire, et la coopération transfrontalière entre la Guinée et la Côte d'Ivoire et même le Libéria doit être renforcée pour une gestion plus efficace. L’absence de zone tampon clairement définie en Côte d'Ivoire et les pressions humaines croissantes en périphérie fragilisent davantage le site. L'intégration des communautés locales dans la gestion du bien demeure partielle, ce qui limite l’efficacité des actions de conservation. Sans des efforts concertés et des financements accrus pour renforcer la protection du site, la biodiversité exceptionnelle du mont Nimba pourrait être irrémédiablement compromise.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Some Concern
La protection et la gestion du Mont Nimba reposent sur un cadre juridique solide et une coopération transfrontalière entre la Guinée et la Côte d'Ivoire, avec des institutions telles que l’OIPR et le CEGENS jouant un rôle central dans la surveillance et l’administration du site. Des initiatives récentes, bien que très dépendantes des financements de la coopération internationale, notamment la mise en place de projets comme le PAPFOR, projet MAKORE et les soutiens financiers du Fond du patrimoine mondial, ainsi que l’adoption de technologies modernes de suivi (comme le système SMART), témoignent d’efforts concertés pour renforcer la gouvernance et améliorer la coordination entre les parties prenantes.

Cependant, malgré ces avancées, plusieurs lacunes persistent dans la mise en œuvre opérationnelle de la gestion. Le manque d'un plan de gestion fonctionnel, de ressources financières, le déficit de personnel formé et l’insuffisance des infrastructures, en particulier dans la partie guinéenne, limitent la capacité à surveiller efficacement le site et à répondre rapidement aux menaces internes et externes telles que l’exploitation minière, le braconnage et les feux anthropiques. Par ailleurs, le niveau de pauvreté élevé et une intégration incomplète des communautés locales ainsi qu'une définition parfois floue des zones tampons compliquent davantage la gestion globale, soulignant la nécessité de renforcer la stratégie et les capacités de gestion pour assurer la préservation durable de la valeur universelle exceptionnelle du Mont Nimba.

Full assessment

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Description of values

Une importante variété d'habitats

Criterion
(ix)
Faisant partie des rares véritables chaînes montagneuses de l’Afrique de l’ouest, le Mont Nimba s’élève abruptement jusqu’à une altitude de 1 752 m au-dessus d’un panorama ondulant de plaines forestières de basse altitude. C’est un refuge isolé couvert de forêt de montagne qui constitue dans le paysage du Golfe de Guinée un site exceptionnel au plan écologique, renfermant des habitats particuliers (Lamotte & Roy, 2003). Ses caractéristiques géomorphologiques et son climat subéquatorial montagnard aux forts contrastes saisonniers et altitudinaux lui confèrent une riche variété de microclimats. Cette dernière a contribué à l’individualisation d’un peuplement végétal et d’une faune insolites, ainsi qu’à un écosystème dynamique et exceptionnellement varié. Les formations végétales qui occupent les vallées ou qui sont situées sous les plateaux sont des forêts sempervirentes, souvent des forêts primaires. Les savanes des régions inférieures, pauvres en matière ligneuse, occupent des plateaux latéritiques et constituent de vastes espaces ouverts au pied du site (Comité du patrimoine mondial, 2012).

Une richesse faunistique et floristique exceptionnelle avec de nombreuses espèces endémiques et/ou menacées

Criterion
(x)
Sa position géographique et climatologique unique combinée avec son historique biogéographique font que la chaîne de Nimba dispose d’une des plus remarquables diversités biologique de toute la région ouest africaine, avec un fort potentiel d’endémisme (Lamotte & Roy, 2003 ; Sandberger et al., 2010 ; Granier et al, 2011 : Denys & Aniskine, 2012 ; Monadjem et al. 2016). La grande diversité d’habitats de la réserve avec ses nombreuses niches permet au bien d’abriter d’une part plus de 317 espèces de vertébrés dont 107 de mammifères, et d’autre part plus de 2 500 espèces d’invertébrés (Comité du patrimoine mondial, 2012). Plusieurs espèces sont endémiques du mont Nimba ou de l'Afrique de l'Ouest. C’est notamment le cas de deux espèces de crabes d’eaux douces (Liberonautes lugbe (CR) et Liberonautes nimba (VU)), d’une espèce de libellule (Paragomphus kiautai) et de l’unique crapaud vivipare (Nimbaphrynoides occidentalis (CR)), tous endémiques du Mont Nimba. On y trouve également deux espèces de mammifères endémiques de la sous-région, à savoir le micropotamogale (Micropotamogale lamottei) et la chauve-souris Hipposideros lamottei (CR) (Monadjem et al. 2016). Ces derniers auteurs ont récemment évalué la richesse en chauve-souris du Mont Nimba à 97 espèces. Le site renferme également des espèces emblématiques telles que des chimpanzés (Pan troglodytes verus (CR)) capablent d’utiliser des outils. La réserve abrite une flore très importante, avec une forêt dense couvrant la base du massif jusqu'à 1 000 m d’altitude, remplacée plus haut par une forêt montagnarde riche en épiphytes. Plus de 2 000 espèces de plantes vasculaires, dont plusieurs endémiques ou quasi-endémiques, y ont été recensées (Comité du patrimoine mondial, 2012; Marshall & Haw-Thorne, 2013).

Assessment information

Very High Threat
Les menaces pesant sur la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba en 2025 sont multiples et variées, avec des impacts significatifs sur ses valeurs écologiques. L’exploitation minière constitue une menace très élevée, notamment en raison des projets d’extraction de fer à proximité immédiate des limites du bien, risquant de perturber les écosystèmes et les espèces endémiques comme le crapaud vivipare (Nimbaphrynoides occidentalis) et la chauve-souris Hipposideros lamottei. La compagnie Equatorial Resources vient d'acquérir en 2023 un permis minier (Nimba West) qui semble chevaucher la partie ouest du bien (Equatorial Resources Limited, 2023) en Guinée. Dans la documentation officielle de la Société minière, le permis est adjacent à la réserve naturelle intégrale du mont Nimba, mais la comparaison des données géospatiales montre qu'il y a un chevauchement. Majeurs informations sur ce projet sont urgemment requises. Le braconnage, affecte plusieurs espèces emblématiques, dont le chimpanzé (Pan troglodytes verus) et des ongulés, malgré les efforts de patrouilles. Les feux d’origine anthropique, principalement liés à l’agriculture sur brûlis et à la chasse, menacent les habitats, avec un pic de 44 départs de feu détectés en 2024. La déforestation en périphérie, due à l’agriculture et à l’exploitation du bois, isole progressivement la réserve, fragilisant sa connectivité écologique.

D’autres pressions incluent les conflits homme-faune, comme l’incident de 2024 à Bossou où des tensions ont éclaté après une attaque de chimpanzé, exacerbant les défis de coexistence entre les populations locales et la biodiversité. Les infrastructures routières, notamment le projet Lola-Danané, risquent de fragmenter les habitats en zone tampon et ainsi faire augmenter le niveau de ménace sur la VUE du bien. Les changements climatiques, bien que mal quantifiés, pourraient altérer les microclimats et les régimes pluviométriques, affectant la biodiversité. Globalement, ces menaces cumulées, combinées à des lacunes dans les données et la gestion transfrontalière, placent la réserve dans une situation critique, exigeant des interventions urgentes et coordonnées.
Logging, Harvesting & Controlling Trees
(Déforestation)
Very High Threat
Outside site
La pression démographique croissante dans la périphérie du bien conduit à une dégradation rapide de la couverture forestière dans la zone tampon et dans l’aire de transition, principalement liée à l'agriculture sur brûlis et à l'exploitation extensive du bois en Guinée, et à la culture du cacao en Côte d’Ivoire. La déforestation conduit à l'isolement progressif du bien et impacte la fonctionnalité écologique de la réserve de biosphère dont dépendent certaines espèces clefs : la forêt de Déré a été presque entièrement dégradée et la connectivité des collines de Bossou avec les Monts Nimba est très menacée (UNESCO et UICN, 2019).
Fire & Fire Management
(Feux liés aux activités humaines)
Very High Threat
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
Les feux naturels surviennent au début et à la fin de la saison des orages mais ils sont rares et essentiellement localisés sur les sommets, où la végétation semble adaptée. La majorité des feux qui menacent les valeurs du bien sont d'origine anthropique. Certains échappent au contrôle des paysans, qui les déclenchent dans le piémont pour développer l'agriculture et l'élevage (feux de défrichement) et la production de charbon de bois. Mais la plupart des feux observés dans le bien pendant la saison sèche sont produits par les braconniers, pour faciliter la chasse et pour le fumage de la viande. Leur répétition pourrait conduire à un changement de composition floristique et impacter à terme l'ensemble des valeurs naturelles du bien. Entre 2022 et 2024, le système FIRMS de la NASA a détecté des départs de feu dans la RNIMN : 5 en 2022, 3 en 2023, et un pic de 44 en 2024, où 8 % de la réserve a été affectée, contre 95 % préservée les années précédentes. Les feux, partis de la frontière guinéo-ivoirienne sur le flanc sud-est du Mont Richard Molard, ont principalement brûlé le tapis herbacé de la crête, sans atteindre les forêts de montagne, les galeries forestières ou les forêts de basse altitude (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024).
Roads, Trails & Railroads
(Infrastructure routière)
High Threat
Outside site
La route construite à l'intérieur de la partie guinéenne du bien par le PNUD a été abandonnée. La route Lola (Guinée) - Danané (Côte d'Ivoire), qui empiète sur une partie de la zone tampon de la RNIMN en Guinée, fait l'objet de travaux d'élargissement et de bitumage. En 2024, le Comité du patrimoine mondial a exprimé sa vive inquiétude quant aux potentiels impacts directs et indirects du projet routier Lola-N’zo – Danané qui traverse la zone tampon dans la composante guinéenne sur la VUE du bien (UNESCO, 2024). Deux compagnies minières (i.e., Ivanhoe Atlantic et NDC) étudient la possibilité de routes dans la zone tampon de la RNIMN pour exporter leur minéral de fer.
Hunting, Collecting & Controlling Terrestrial Animals
(Braconnage commercial et chasse de subsistance)
Other targeted species names
Céphalope noir (Cephalophus niger), Chevrotain aquatique (Hyemoschus aquaticus), Antilope royale (Neotragus pygmaeus), Chimpanzé d'Afrique de l'Ouest (Pan troglodytes verus), Cercopithèque diane (Cercopithecus diana), other Duiker and primate species, etc
Very High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Le braconnage constitue une des principales menaces dans les deux pays, et dans certaines zones, le braconnage est répandu (Consultation de l'UICN, 2020). Une diminution a été observée en Côte d'Ivoire, probablement liée au renforcement des patrouilles, toutefois le phénomène reste difficile à quantifier faute de données de suivi homogènes sur l'ensemble du bien (UNESCO et UICN, 2019). Malgré la mise en place de la Brigade Mobile Ouest opérationnelle depuis mars 2016, par la mise à disposition d’une trentaine d’agents de lutte anti-braconnage (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024), plusieurs espèces d'ongulés sont chassées pour la consommation locale, en particulier le Céphalope noir (Cephalophus niger), le Chevrotain aquatique (Hyemoschus aquaticus), l'Antilope royale (Neotragus pygmaeus), classées en catégorie "préoccupation mineure" (LC) mais dont les effectifs diminuent dans la majeure partie de leurs aires de répartition (Liste rouge de l’UICN, 2020). La pression de braconnage s'exerce également sur certains Primates menacés localement et à l'échelle régionale, comme le Colobe de Van Beneden (Procolobus verus, VU) et le Cercopithèque diane (Cercopithecus diana, EN), qui sont
particulièrement sensibles aux perturbations de leur environnement.
D'autres espèces plus petites sont également chassées malgrés leur valeur écosystémique comme l'aulacode (Thryonomys swinderianus), le rat toto (Cricetomys gambianus/emini), le porc épic (Atherurus africanus), les carnivores du genre Crossarchus, les pangolins (Bene et al., 2013).
Annual & Perennial Non-Timber Crops
(Empiètements agricoles)
Very High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Les limites du bien sont globalement respectées et aucune activité agricole n'est présente dans le bien. La zone défrichée illégalement en 2013 dans le village de Gbapleu, à la hauteur du point K, est en voie de régénération naturelle. En revanche, une très forte pression s'exerce toujours en périphérie. En Guinée, les activités agropastorales sont particulièrement importantes dans la zone tampon au sud et dans la zone frontalière avec le Libéria. En Côte d'Ivoire, l'absence de zone tampon est d'autant plus problématique que la pression foncière est croissante entre le domaine agricole en périphérie et celui de l'Etat, et certaines cultures sont adjacentes aux limites du bien (UNESCO et UICN, 2019; Consultation de l'UICN, 2020; Etats parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2020).
Other Human Disturbances
(Conflits homme-faune )
High Threat
Outside site
La réduction des habitats naturels pousse les chimpanzés à s'aventurer dans les zones habitées à la recherche de nourriture, entraînant des affrontements avec les populations locales. En septembre 2024, un incident tragique s'est produit à Bossou, où un chimpanzé a attaqué un nourrisson humain, provoquant des tensions accrues entre les communautés locales et la faune sauvage. La forêt de Bossou fait partie de la réserve naturelle des monts Nimba. En représailles, des locaux ont pris d’assaut les installations d'un centre de recherche sur les chimpanzés, et détruit une partie du matériel technologique, comme des drones, des ordinateurs, et des centaines documents (TRT Afrika, 2024).
Mining & Quarrying
(Exploitation minière)
Very High Threat
Outside site
Un permis minier semble chevaucher avec le bien, et deux projets d'exploration de fer sont présents à proximité de la partie guinéenne. La compagnie Equatorial Resources vient d'acquérir en 2023 un permis minier dormant (Nimba West) qui chevauche la partie ouest du bien (Equatorial Resources Limited, 2023) en Guinée. La Société mène des activités d'exploration pour le fer. Dans la documentation officielle de la Société, le permis semble etre adjacent à la réserve naturelle intégrale du mont Nimba, mais la comparaison des données géospatiales montre qu'il y a un chevauchement. Majeurs informations sur ce projet sont urgemment requises. La concession de la Société des mines de fer de Guinée (SMFG) pour l'exploitation du gisement de fer du mont Nimba, occupe une enclave de 1550 hectares dans la partie septentrionale du bien, et le permis de la Société Nimba Development Company (NDC) (ex Western Africa Exploitation (WAE) et Zali Mining SA) est située dans la zone tampon en limite nord-ouest, dans un écosystème de savane qui participe à la diversité et aux activités écologiques de la réserve des Monts Nimba. En 2019, le projet minier de la SMFG a été repris par un nouvel investisseur, High Power Exploration (HPX)/ Ivanhoe Atlantic, et en 2024, l’examen de la description succincte de la phase 1 du projet d’extraction de minerai de fer de Nimba par la SMFG par l'UICN, montre que le projet, bien que partiellement décrit, laisse présager plusieurs menaces potentielles sur les écosystèmes environnants en général et la VUE du bien en particulier, en raison de la proximité de la zone du projet et de ses infrastructures connexes avec le bien ainsi qu’au tracé de la ligne de transport du minerai (UNESCO, 2023). Concernant le permis d'exploitation de NDC, le certificat de conformité environnementale pour le bloc minier immédiatement adjacent au bien est périmé depuis 2023 et le Comité du patrimoine mondial a demandé la revision des EIES identifient pleinement et quantifient les effets potentiels du projet sur la VUE du bien, à chaque phase de son cycle, y compris la construction et l’exploitation, en tenant compte des impacts synergiques et collatéraux également liés à la transformation sur site du minerai et à son transport, ainsi que des évolutions socioéconomiques à prévoir et qu'elles soient soumises au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN, avant toute décision de renouvellement (UNESCO, 2023, 2024).

En Côte d'Ivoire, les projets miniers à proximité de la réserve intégrale du Mont Nimba ont été abandonnés. La partie ivoirienne du bien pourrait cependant être impactée indirectement par les pollutions des rivières liées aux activités minières dans les deux autres pays frontaliers (Guinée, Libéria).
Les multiples projets miniers potentiels pourraient occasionner des impacts importants (pollutions lumineuses et sonores, pollution des eaux) susceptibles d'affecter les espèces peu mobiles et de déranger les espèces territoriales comme les chimpanzés. En raison des préoccupations concernant les impacts cumulatifs de l'exploitation minière sur le bien, le Comité du patrimoine mondial a demandé à plusieurs reprises qu’aucun nouveau permis d’exploration ou d’exploitation minière située autour du bien ne soit accordée sans qu’une Etude d‘impact environnementale stratégique (EIES) soit réalisée afin d’évaluer les impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, y compris les effets cumulatifs de ces projets (UNESCO, 2015-2024). Les impacts cumulatifs sur la VUE restent à évaluer.
Data Deficient
Les menaces potentielles pour la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba incluent des risques liés à l’expansion des activités minières et à l’infrastructure associée. Les projets d’exploitation de fer à proximité du bien, notamment ceux de la Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG) et de NDC, pourraient avoir des impacts indirects importants. Ces projets risquent de provoquer des pollutions des eaux, des perturbations sonores et lumineuses, ainsi que des fragmentations d’habitats, affectant des espèces sensibles comme le crapaud vivipare et les chimpanzés. La construction d’un chemin de fer et des routes pour l’exportation du minerai pourraient également fragmenter les habitats et accroître les pressions anthropiques dans la zone tampon. Ces infrastructures associées pourraient aussi intersecter et compromettre le corridor vert qui relie Bossou au bien.

Les changements climatiques représentent une autre menace potentielle, avec des projections indiquant une augmentation des températures et une modification des régimes de pluies d’ici 2100. Ces changements pourraient altérer la structure des écosystèmes et les aires de répartition des espèces, bien que les données spécifiques sur leurs impacts dans la réserve restent limitées. La résurgence de maladies zoonotiques, comme Ebola ou le COVID-19, pourrait compromettre les efforts de conservation en perturbant les activités de gestion et en affectant potentiellement certaines espèces de primates. Enfin, les espèces invasives comme Melinis minutiflora et Chromolaena odorata représentent une menace faible mais croissante, nécessitant une surveillance accrue. Ces menaces potentielles, bien que non immédiates, nécessitent une vigilance accrue et une planification proactive pour atténuer leurs impacts futurs sur la valeur universelle exceptionnelle du site.
Roads, Trails & Railroads
(Construction d'un chemin de fer)
Data Deficient
Outside site
La construction d'un chemin de fer est envisagée en Guinée pour l'exportation de fer du Mont Nimba vers le Libéria. Le tracé prévu n'est pas connu, mais une option de tracé situé à l'extérieur du bien semble préconisée.
Changes in Temperature Regimes
(Augmentation de températures)
Data Deficient
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Les projections climatiques pour l'Afrique de l'Ouest prévoient d'ici 2100 une augmentation des températures moyennes annuelles de 3 à 6°C et une modification du régime des pluies en saison humide, avec toutefois une faible confiance. Si elles se confirmaient ces évolutions pourraient impacter la structure des écosystèmes ainsi que les aires de répartition des espèces. Hormis quelques relevés météorologiques, il n'existe à ce jour pas de suivi spécifique du changement climatique et de ses impacts sur la biodiversité (UNESCO et UICN, 2019).
Pathogens
(Ebola and COVID)
High Threat
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Le bien est situé dans une zone fortement exposée aux maladies potentiellements transmissibles des animaux vers les humains et vise versa (zoonoses) notamment la maladie à virus Ebola et le COVID 19. La résurgence des la maladies a eu un impact négatif non seulement sur les activités de gestion dans le bien entre 2020 et 2021, mais potentiellement sur certaines espèces de primates dans le bien. Les Etats Parties n'étant pas bien équipés et préparés pour faire face à ces types de défis, une eventuelle résurgence dans le futur pourrait compromettre significativement les efforts de conservation dans le bien.
Invasive Non-Native/ Alien Species
(Plantes invasives)
Invasive/problematic species
Chromolaena odorata
Other invasive species names
Melinis minutiflor
Very Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
L'apparition de plantes invasives, observée dans les deux pays, constitue une menace potentielle pour le bien. Certaines colonisent rapidement les zones minières en se propageant le long des routes (Melinis minutiflor en Guinée) et d'autres sont favorisées par les feux de brousse et se propagent dans les savanes de moyenne altitude et les lisières de forêt (Chromolaena odorata) (UNESCO et UICN, 2019).
Involvement of stakeholders and rightsholders, including indigenous peoples and local communities, in decision-making processes
Some Concern
La Réserve naturelle intégrale du mont Nimba a réalisé des progrès dans l'identification et la consultation des parties prenantes et des détenteurs de droits, y compris les peuples autochtones et les communautés locales, mais des lacunes subsistent. Des consultations ont été menées avec des groupes locaux, tels que les communautés Manon et Guerzé, pour discuter des questions de gestion et de conservation. Cependant, ces consultations ne sont pas toujours systématiques ni inclusives, et certains groupes marginalisés, notamment les femmes et les jeunes, restent sous-représentés. Cela a parfois conduit à des tensions, notamment concernant l'accès aux ressources naturelles et les restrictions imposées par la réserve.
Les structures de gouvernance reconnaissent en principe les droits légitimes des peuples autochtones et des communautés locales, mais leur respect dans la pratique est inégal. Les droits coutumiers d'accès aux terres et aux ressources ne sont pas toujours respectés, en particulier dans le contexte des activités minières illégales et des restrictions de conservation. Par exemple, les communautés locales ont exprimé des préoccupations concernant la limitation de leurs activités agricoles et de collecte de ressources forestières. Bien que des mécanismes de dialogue existent, comme les comités locaux de gestion, leur influence sur les décisions majeures reste limitée. Les pratiques traditionnelles et les institutions de gouvernance autochtones, telles que les systèmes de gestion communautaire des forêts, ne sont pas encore pleinement intégrées dans le système de gestion de la réserve, malgré leur potentiel pour renforcer la conservation.
Les relations avec les parties prenantes et les détenteurs de droits pourraient être améliorées pour faciliter une conservation plus efficace des valeurs du site. Bien que des initiatives, comme les programmes de sensibilisation de la Wild Chimpanzee Foundation, aient renforcé la collaboration avec les communautés, les besoins de ces dernières ne sont pas toujours adéquatement pris en compte. Une approche plus collaborative et inclusive contribuerait à la fois à la conservation du site et au bien-être des communautés locales.
Legal framework
Mostly Effective
La Réserve naturelle intégrale des Monts Nimba a été créée le 5 juillet 1944 par un décret de l'autorité coloniale française, mais son statut juridique a connu par la suite des évolutions propres à chaque législation nationale.
En Côte d'Ivoire, la RNIMN a un statut de protection intégrale, renforcé par la loi 2002-102 du 11 février 2002 relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et réserves naturelles, qui lui confère la qualité de domaine public inaliénable. Les limites actualisées de la RNIMN ont été définies par le Décret 2018-459 du 9 mai 2018.
En Guinée, la RNIMN a été reconnue par la réglementation en 1958 mais il a fallu attendre l'année 2010 pour actualiser l’acte de classement en tant que réserve naturelle intégrale par la publication d’un Décret (Décret N°2010/185/PRG/SGG). La zone tampon est dotée du statut de réserve naturelle gérée, qui permet de restreindre certaines activités (chasse, pâturage, utilisation des produits du sol et du sous-sol). Ces dispositions juridiques sont globalement respectées.
Governance arrangements
Some Concern
La Réserve naturelle intégrale du mont Nimba est gérée conjointement par la Guinée et la Côte d'Ivoire. Les structures responsables incluent l'Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) et le Centre de Gestion de l'Environnement des Monts Nimba-Simandou (CEGENS) en Guinée. Ces entités collaborent pour assurer une gouvernance légitime et fonctionnelle du site. En 2021, un projet d'appui a été mis en œuvre pour renforcer les capacités de gestion, impliquant des partenaires nationaux tels que l'OIPR et le CEGENS, avec un financement de 33 242 dollars US sur une période de six mois. Le processus de planification pour la conservation du mont Nimba intègre la participation des parties prenantes et des détenteurs de droits. Des consultations régulières sont organisées avec les communautés locales pour s'assurer que leurs préoccupations et suggestions sont prises en compte dans les décisions de gestion. Par exemple, en septembre 2023, des ateliers ont été tenus pour sensibiliser les populations riveraines aux enjeux de conservation et recueillir leurs avis sur les projets en cours. Ces initiatives visent à promouvoir une gouvernance équitable et transparente, où les rôles et responsabilités de chaque acteur sont clairement définis.

Un programme de sensibilisation et de communication a été mis en place pour engager les parties prenantes, y compris des ateliers communautaires, des émissions radiophoniques et des supports éducatifs (Guinée News, 2025). Un mécanisme de règlement des griefs a également été introduit en 2021, permettant aux communautés de signaler des problèmes tels que les conflits liés à l'utilisation des ressources ou les abus de pouvoir. En 2023, ce système avait résolu 70 % des plaintes, bien que des retards aient été signalés dans le traitement des cas complexes (UNESCO, 2023). Malgré ces progrès, des lacunes subsistent dans les zones reculées, où l'accès à l'information et aux services de communication reste limité.

Integration into local, regional and national planning systems (including sea/landscape connectivity)
Some Concern
Le dialogue entre la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Libéria a été engagé à partir de l’année 2001 sous la forme d’ateliers tri-nationaux pour mettre en place une gestion intégrée du massif des Monts Nimba. Cette dynamique d’échanges a été fortement perturbée par une série de crises politiques et sanitaires, et elle reste conditionnée aux financements internationaux.
La gestion du bien a évolué vers une approche plus intégrée du paysage, tenant compte des priorités de développement durable et des coutumes locales. Historiquement, la réserve a été gérée de manière isolée, ce qui a exacerbé les conflits avec les communautés locales dépendantes des ressources naturelles. Depuis les années 2000, des efforts ont été déployés pour intégrer la réserve dans des initiatives régionales, comme le Programme Man and Biosphere (MAB) de l'UNESCO, qui promeut une gestion équilibrée entre conservation et développement (UNESCO, 2003). En 2023, un projet tri-national soutenu par l'UNESCO a renforcé cette approche en harmonisant la conservation de la biodiversité avec les moyens de subsistance des communautés locales, notamment par la promotion de pratiques agricoles durables et d'activités écotouristiques (UNESCO, 2023). Cependant, des tensions persistent, notamment en ce qui concerne l'exploitation minière et l'agriculture extensive, nécessitant des solutions équilibrées et inclusives.

Le bien est partiellement intégrée dans les systèmes de planification locaux, nationaux et régionaux, mais des lacunes subsistent en ce qui concerne l'évaluation des impacts des projets de développement. Par exemple, en 2022, un projet minier à la frontière guinéenne de la réserve a suscité des inquiétudes quant à ses impacts potentiels sur les écosystèmes et les espèces endémiques. Bien que des études d'impact environnemental aient été menées, leur rigueur a été critiquée par l'UICN et l'UNESCO, qui ont appelé à des normes plus strictes et à une meilleure application des procédures (UICN, 2023).

Le contexte social et économique est pris en compte dans l'élaboration des objectifs de gestion du site. Les plans de gestion intègrent des analyses des caractéristiques régionales susceptibles d'être affectées par l'inscription au patrimoine mondial et par les pratiques de gestion actuelles. Par exemple, des efforts sont déployés pour promouvoir des activités génératrices de revenus compatibles avec la conservation, telles que l'écotourisme et l'agroforesterie. Cependant, la mise en œuvre effective de ces initiatives requiert des ressources financières et humaines adéquates, ainsi qu'un engagement politique fort pour harmoniser les objectifs de conservation avec les aspirations de développement des communautés locales.
Boundaries
Some Concern
Les limites du bien recouvrent celles de la RNIMN, définies par son décret de création (1944), et matérialisées dès son origine par une haie vive de bambous. Elles n’ont pas été modifiées depuis l’origine de ce texte, à l’exclusion de l’enclave minière de 1 550 ha, réservée pour des activités minières. En Guinée, le CEGENS a procédé au géoréférencement et au bornage des limites de l’aire centrale de la réserve de biosphère, tandis qu'en Côte d’Ivoire, la limite de la réserve est définie par un chemin pédestre.
La notion de zone tampon est cruciale pour la protection du bien. En Guinée, une zone tampon a été créée dans le cadre de la réserve de biosphère. Cependant, son efficacité est limitée en raison d'une réglementation insuffisante et d'une mise en œuvre inopérante avec des limites sont difficilement reconnaissables; en Côte d'Ivoire, la réglementation ne permet pas de créer de zone tampon autour des aires protégées mais l'Etat ivoirien a négocié avec les communautés locales la mise en place d’une étroite zone de protection de 20 mètres en périphérie immédiate du bien, matérialisée par des bornes sur le domaine rural. En 2021, une initiative financée par l'Union européenne a permis l'installation de panneaux de signalisation et de barrières dans certaines zones critiques, mais ces mesures restent insuffisantes pour couvrir l'ensemble du périmètre. En 2025, le projet MAKORE prévoit des activités de délimitation et de matérialisation des limites de la zone périphérique, équivalente à une zone tampon, conformément à La loi n° 2002-102 du 11 février 2002, ainsi que l’élaboration d’une carte d’occupation des sols (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024).
Globalement, les limites du bien ne sont pas clairement marquées ou clôturées sur l'ensemble du site, ce qui rend difficile la prévention des intrusions illégales. En renforçant la régulation de la zone tampon, en améliorant le marquage des limites et en impliquant davantage les communautés locales, la réserve peut mieux préserver son patrimoine naturel unique.
Overlapping international designations
Mostly Effective
En Guinée, le mont Nimba a été désigné comme Réserve de biosphère dans le cadre du Programme sur l'Homme et la biosphère (MAB) de l'UNESCO en 1980, avant même son inscription au patrimoine mondial. Cette double désignation reflète l'importance du site pour la conservation de la biodiversité et la promotion du développement durable.
La zone centrale de la réserve de biosphère correspond largement à la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba, tandis que les zones tampon et de transition englobent les zones périphériques où vivent les communautés locales.
Le gestionnaire du site du patrimoine mondial gère également la réserve de biosphère (Etats Parties de Côte d'ivoire et de Guinée, 2021). Il n'existe plus d'information sur la qualité de coordination entre les deux designations.
Implementation of World Heritage Committee decisions and recommendations
Some Concern
La plupart des décisions du Comité sont mises en œuvre dans les limites de la situation sécuritaire qui prévaut dans la région et de la disponibilité des ressources.
Climate action
Some Concern
La Réserve naturelle intégrale du mont Nimba, fait face à des défis liés au changement climatique qui menacent sa valeur universelle exceptionnelle (VUE). Bien que des efforts aient été entrepris pour élaborer un plan de gestion commun pour le massif, incluant des mesures de conservation et de développement durable, il n'est pas clairement établi si ce plan intègre des dispositions spécifiques pour protéger la VUE contre les impacts négatifs du changement climatique. L'absence de telles dispositions pourrait compromettre l'efficacité des stratégies de préservation face aux aléas climatiques.
Concernant la surveillance des effets du changement climatique, il n'est pas précisé si un système spécifique de mesure et de suivi des impacts climatiques sur la VUE a été instauré. Par ailleurs, depuis 2021, des partenariats avec des institutions de recherche, comme l'Institut de recherche pour le développement (IRD), ont permis de collecter des données sur les variations de température, les précipitations et les modifications des habitats. Par exemple, une étude menée en 2023 a révélé une augmentation de la fréquence des sécheresses dans la région, affectant les sources d'eau et les écosystèmes aquatiques. Ces données sont utilisées pour ajuster les stratégies de gestion, mais le manque d'équipements modernes, comme des stations météorologiques automatisées, limite la précision et la portée de la surveillance. Pourtant, le bien contribue à la réponse mondiale au changement climatique en renforçant l'atténuation, l'adaptation et l'innovation climatique. La réserve joue un rôle clé dans la séquestration du carbone grâce à ses forêts denses, qui stockent d'importantes quantités de CO₂.
Management plan and overall management system
Some Concern
Le Plan d’aménagement et de gestion (PAG) de la Réserve côté Côte d'Ivoire, a été validé lors d’un atelier national à Danané en mai 2022. Du côté de la Guinée, le PAG de la réserve de biosphère a été validé par les autorités guinéennes lors d’un atelier en 2024, avec l’appui du projet PAPFOR.
Parallèlement, l’Etat parti de la Guinée a obtenu un appui financier du Fonds du Patrimoine Mondial en 2024 pour élaborer et valider le plan directeur conjoint. Ce plan directeur suivra l’achèvement et la validation des PAG respectifs et vise à harmoniser les stratégies de gestion pour l’ensemble des aires protégées des deux pays. Des consultations bilatérales sont prévues pour finaliser ce document, et il est attendu que le Plan directeur soit finalisé d'ici fin 2025 (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024).
Law enforcement
Some Concern
Les opérations de surveillance ont été renforcées depuis la dernière évaluation dans les deux Etats : en Guinée, le CEGENS dispose d’un effectif total de 106 écogardes et de 12 cadres, répartis dans 16 postes; en Côte d’Ivoire, l’OIPR a rétabli après la crise de 2002-2007 ses activités de surveillance dans l’ensemble de la réserve, qui reposent sur 39 agents opérationnels. Les écogardes sont appuyés dans leurs missions de surveillance par des auxiliaires villageois bénévoles, mais en Guinée la plupart sont inactifs. L’outil SMART, mis en œuvre depuis 2016 en Côte d’Ivoire pendant les missions de patrouilles et en cours de déploiement en Guinée, contribue à renforcer les protocoles de surveillance. Des patrouilles locales, complétées par des patrouilles d’envergure (deux fois par an en Côte d’Ivoire), permettent d’assurer une présence régulière, en particulier dans les zones de basse altitude, soumises à d’importantes pressions. En 2022, le taux de couverture a atteint 70 %, progressant à 82 % en 2023, avant de se stabiliser à 80 % en 2024.
Par ailleurs, les indices d’activités humaines illégales montrent une tendance générale à la régression. En effet, ces dernières années, les pressions anthropiques telles que le braconnage et la pêche ont diminué de manière constante, à l’exception de l’année 2021, où une légère augmentation de ces indices a été observée.
Cependant, les moyens sont insuffisants pour assurer une surveillance
permanente de l’ensemble du bien, en particulier du fait du manque de personnel, d’infrastructures et de la sous-dotation en équipement. L’organisation de patrouilles conjointes (OIPR/CEGENS) dans les zones frontalières du bien nécessite d’être renforcée.
Sustainable finance
Some Concern
La gestion du bien dans les deux États parties est fragilisée par l’insuffisance de ressources financières et elle reste très dépendante de bailleurs internationaux (UNESCO, USAID, UNOPS/UE, PNUD, GEF Mano, FADCI, AFD), des projets de recherche et de conservation en partenariat avec les autorités locales pour réaliser les études et le suivi écologiques (Consultation de l'UICN, 2020), ou de contributions volontaires (SMFG en Guinée). En Guinée, Le budget moyen annuel du salaire de conservateurs de la nature a doublé et est environ de Quatre Milliards Quarante Millions de francs guinéens (4.040.000.000 GNF) et le budget d’investissement 2024 est de Cinq Milliards Cinq Cent Millions de francs guinéens (5.500.000.000 GNF) prévus sur le Budget National de Développement (BND) a connu de fortes améliorations (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024). Si les dépenses de personnel sont couvertes par des contributions nationales, en revanche, les ressources financières actuelles sont insuffisantes pour mettre en œuvre pleinement les mesures de gestion nécessaires à la préservation des valeurs du site. De plus, les salaires et les équipements des gardes forestiers restent inadéquats, ce qui pourrait affecter leur motivation et leur efficacité. Les fonctions de gestion de la composante ivoirienne du bien ont été soutenues de 2017 à 2021 par un programme de 250 millions de FCFA (38 millions pour 2021) financé par l'AFD dans le cadre du deuxième Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024).

Par ailleurs, quelques possibilités de financements sont en place pour appuyer la mise en oeuvre des actions de gestion, incluant la surveillance, le suivi écologique, l’appui aux populations riveraines, ainsi que des activités transfrontalières et des actions d'aménagement.. En effet, après la fin du programme Filières Agricoles Durables de Côte d'Ivoire (FADCI), financé par l'Agence Française de Développement (AFD) dans le cadre du 2e Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), ces activités ont pu se poursuivre avec un appui financier des projets PAPFOR et MAKORE (3e C2D). Le projet PAPFOR, qui a commencé sa phase opérationnelle en 2022 est prévu pour prendre fin en mars 2025. Quant au projet MAKORE qui est le prolongement du projet FADCI, il est opérationnel depuis mi- 2024. Dans le cadre de la mise en oeuvre du projet MAKORE financé par l’AFD sur le 3ème Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), l’OIPR a mis en place un guichet de fonds de dotation auprès de la Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire (FPRCI) pour le financement pérenne des coûts récurrents de gestion de la réserve à partir de 2026 (Etat Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024).
Staff capacity, training and development
Some Concern
La capacité, la formation et le développement du personnel de la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba, présentent des lacunes importantes malgré certains efforts récents. Le manque de ressources financières et logistiques limite la capacité du personnel à gérer efficacement ce site transfrontalier complexe. Bien que des gardes forestiers et des équipes de surveillance soient en place, leur nombre est insuffisant pour couvrir l'étendue du site, qui s'étend sur deux pays (Guinée, et Côte d'Ivoire). De plus, les équipes manquent souvent d'équipements adéquats et de formations spécialisées pour faire face à des défis tels que le braconnage, l'exploitation minière illégale et la fragmentation des habitats. Des initiatives de formation ont été menées avec le soutien d'organisations comme la Wild Chimpanzee Foundation, mais elles restent sporadiques et ne répondent pas pleinement aux besoins actuels.

Pour renforcer les capacités du personnel, une collaboration accrue avec des institutions académiques, des organisations internationales et des détenteurs de connaissances locales est essentielle. Par exemple, des programmes de formation continue sur les techniques de surveillance modernes, comme l'utilisation de drones et de systèmes de géolocalisation, pourraient améliorer l'efficacité des patrouilles anti-braconnage. De plus, des partenariats avec des universités locales et des centres de recherche pourraient faciliter le transfert de compétences et l'intégration des connaissances scientifiques et traditionnelles dans la gestion du site. Il y a également la nécessité de développer des programmes de formation transfrontaliers pour harmoniser les pratiques de gestion entre les deux pays. En investissant dans le développement professionnel du personnel et en améliorant les conditions de travail, la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba pourrait renforcer sa résilience face aux menaces croissantes et préserver sa valeur universelle exceptionnelle à long terme.
Education and interpretation programmes
Some Concern
Le Bien est inscrit au programme "L'Homme et la Biosphère" (MAB) de l'UNESCO, qui vise à promouvoir une meilleure compréhension et une gestion durable des écosystèmes. L'OIPR comme le CEGENS assument des missions d'éducation auprès des populations riveraines, toutefois il n'existe pas de programme de sensibilisation et d'interprétation à l'échelle du bien. En Guinée, l’Institut de Recherche Environnementale de Bossou (IREB) mène des actions d’éducation environnementale avec les populations riveraines.
Tourism and visitation management
Some Concern
En raison de son statut de réserve naturelle intégrale, l'accès au site est strictement réglementé pour minimiser l'impact humain sur ses écosystèmes fragiles et ses espèces endémiques, comme le crapaud du Nimba (Nimbaphrynoides occidentalis) et le chimpanzé occidental (Pan troglodytes verus). L'absence généralisée d'infrastructures touristiques adéquates et de plans de gestion touristique formalisés limite les opportunités de visites écotouristiques contrôlées. De plus, l'instabilité politique et les conflits dans la région ont découragé les investissements dans le développement touristique, malgré le potentiel du site à attirer des visiteurs intéressés par la biodiversité unique et les paysages spectaculaires du mont Nimba. Néanmoins, quelques initiatives touristiques sont en place. En Guinée, le PNUD soutient la définition d’une stratégie d’écotourisme (2019-2024). L’IREB met en œuvre un programme écotouristique, incluant des visites des chimpanzés de Bossou ainsi que des excursions au
sommet du Mont Nimba. Les recettes écotouristiques, évaluées à 500 000 francs CFA par visiteur (environ 50 euros), sont réparties entre la communauté villageoise, les guides et l’IREB pour les actions de reboisement.

Pour améliorer la gestion du tourisme, il serait essentiel de développer une stratégie écotouristique durable, en collaboration avec les communautés locales et les parties prenantes régionales. Par exemple, des circuits de randonnée guidés et des programmes d'interprétation environnementale pourraient être mis en place pour sensibiliser les visiteurs tout en générant des revenus pour la conservation et les communautés locales. Une approche équilibrée permettrait de concilier la préservation de la valeur universelle exceptionnelle du site et le développement socio-économique local.
Sustainable use
Some Concern
La RNIMN a un statut de protection intégrale et les documents de création et de gestion interdisent tout usage des ressources naturelles et en Guinée, la réglementation prévoit un contrôle strict des activités humaines dans la zone tampon. Les populations locales sont donc sédentarisées en périphérie du bien, zone qui subit une pression démographique croissante. Les deux pays ont mis en place des dispositifs d'association des villageois en appui aux missions de surveillance (12 comités villageois de surveillance ou CVS en Guinée, inactifs à ce jour, et des auxiliaires villageois bénévoles en Côte d'Ivoire). En Guinée, des accords ont été établis avec les communautés pour la gestion des feux. Toutefois, faute de représentants légaux, il n'existe pas de système de gestion participative des communautés aux actions de conservation et celles-ci ne génèrent pas de revenus alternatifs suffisants pour diminuer la pression sur les ressources naturelles. Des projets de lutte contre la pauvreté ont été mis en place dans certaines communautés riveraines (élevage porcin avec l'appui du PNUD, création de forêts communautaires dans
le cadre du projet Steward) mais ils restent limités. Un Programme d’Appui pour la Préservation des écosystèmes Forestiers du Mont Nimba (PAPFor) financé par l'UE vise notamment à renforcer l'implication des communautés locales dans la gestion (Etats parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2020).
Monitoring
Some Concern
Divers programmes de recherche scientifique sont en cours, mais actuellement il n'existe pas de programme complet de suivi écologique ni de bancarisation des données d'inventaires à l'échelle du bien. L'OIPR a lancé, fin 2019, le programme de suivi écologique à la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba, à la suite d'un atelier de validation du protocole de suivi écologique auquel ont participé la partie guinéenne ainsi que des enseignants-chercheurs membres du groupe de travail sur le suivi écologique en Côte d'Ivoire (Etats Parties de Côte d'ivoire et de Guinée, 2024).
En Côte d'Ivoire, l'OIPR associé à des structures scientifiques développe un dispositif de suivi de la faune dans la partie ivoirienne du bien. Dans le cadre du projet PAPFOR, les États parties ont élaboré et mis en œuvre des protocoles de suivi écologique reposant sur quatre axes stratégiques : le suivi de la faune, de la couverture végétale, des facteurs abiotiques, et la conduite d’études spécifiques.
Les données concernant les chimpanzés et le crapaud vivipare sont disponibles pour les deux aires protégées.
En revanche, face à l’insuffisance des données sur la micropotamogale, un programme de suivi spécifique a été mis en place grâce au soutien du Fonds du patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce projet, financé par l’aide à l’assistance 2024, vise à assurer la conservation durable de M. lamottei en renforçant les capacités des parties prenantes et en les accompagnant dans le suivi de cette espèce endémique, afin de garantir une gestion efficace et une protection optimale de l'espèce (Etats Parties de Côte d'ivoire et de Guinée, 2024).


Research
Some Concern
Historiquement, de nombreuses recherches scientifiques ont été menées avant la création de la RNIMN et dans ses premières décennies d'existence. Aujourd'hui, les principales activités de recherche sont conduites depuis 40 ans par l'IREB et KUPRI (Kyoto University Primate Research Institute) sur les chimpanzés de la forêt de Bossou. Il existe aussi une collaboration entre l'IREB et l'Université de Zurich pour l'étude des populations de chimpanzés à l'intérieur du bien. La station de recherche scientifique du Mont Nimba (Guinée) créée en 1946 compte 10 chercheurs titulaires spécialisés sur la biodiversité ; elle collabore avec le CEGENS, toutefois elle manque de moyens pour mener à bien ses missions scientifiques et bancariser les données d'inventaire, ainsi que de mettre les données dans le domaine publique pour plus de transparence. En Côte d'Ivoire, le Centre de Recherches en Ecologie (CRE) a mené des inventaires sur les populations de chauve-souris, de singes ainsi qu'une étude sur le crapeau vivipare et envisage la création d'une station de recherche en écologie dans la zone du Mont Nimba. Un appui financier d’un partenaire privé, Barry Callebaut en 2024 permettra en 2025 de garantir le suivi des cibles de conservation à travers plusieurs activités clés. Deux missions de collecte de données de la phase 3 seront réalisées entre mai et juin 2025. En outre, des études spécifiques seront menées, avec une mission mensuelle de pose et de retrait de caméras à déclenchement automatique tout au long de l’année 2025. Le projet inclut également deux missions de collecte de données sur la micropotamogale Lamottei et le crapaud vivipare en 2025. En résumé, bien que des progrès aient été réalisés, le renforcement des mécanismes de collecte et de partage des données entre les deux pays, ainsi que l'intégration des connaissances traditionnelles, contribueraient à améliorer la prise de décision et assurer la préservation à long terme des valeurs du site.
Effectiveness of management system and governance in addressing threats outside the site
Serious Concern
Le système de gestion et la gouvernance de la RNIMN, bien que structurés autour d'une coopération transfrontalière entre la Guinée et la Côte d'Ivoire, montrent des faiblesses notables pour contrer efficacement les menaces extérieures. En effet, malgré l'existence d'organismes tels que l'OIPR et le CEGENS et des initiatives visant à renforcer la capacité de gestion, l'absence de zones tampons clairement définies, associée à une coordination limitée avec les communautés locales et les autorités régionales, ainsi que la faiblesse des moyens financiers et des capacités techniques compromettent la maîtrise des pressions telles que la déforestation, les conflits homme-faune, l'exploitation minière illégale et les projets routiers en périphérie du site. Ces lacunes dans la gouvernance et la planification stratégique traduisent une réponse insuffisante aux menaces externes, appelant à une amélioration urgente des mécanismes de suivi, de coordination et d'intégration des parties prenantes pour assurer une protection efficace du patrimoine mondial.
Effectiveness of management system and governance in addressing threats inside the site
Serious Concern
Le système de gestion et la gouvernance à l’intérieur de la RNIMN disposent de mesures telles que des patrouilles renforcées et l’utilisation d’outils modernes (SMART) pour surveiller les feux anthropiques et le braconnage. Toutefois, leur efficacité est compromise par un manque de personnel et de ressources, notamment dans la partie guinéenne, ainsi que par des infrastructures limitées, qui empêchent une surveillance continue et intégrée de l’ensemble du site. Cette situation limite la capacité de réponse rapide face aux menaces internes, telles que les incendies incontrôlés et le braconnage, soulignant la nécessité d’améliorer la coordination, la formation et le renforcement des moyens pour mieux protéger les valeurs exceptionnelles du mont Nimba.
La protection et la gestion du Mont Nimba reposent sur un cadre juridique solide et une coopération transfrontalière entre la Guinée et la Côte d'Ivoire, avec des institutions telles que l’OIPR et le CEGENS jouant un rôle central dans la surveillance et l’administration du site. Des initiatives récentes, bien que très dépendantes des financements de la coopération internationale, notamment la mise en place de projets comme le PAPFOR, projet MAKORE et les soutiens financiers du Fond du patrimoine mondial, ainsi que l’adoption de technologies modernes de suivi (comme le système SMART), témoignent d’efforts concertés pour renforcer la gouvernance et améliorer la coordination entre les parties prenantes.

Cependant, malgré ces avancées, plusieurs lacunes persistent dans la mise en œuvre opérationnelle de la gestion. Le manque d'un plan de gestion fonctionnel, de ressources financières, le déficit de personnel formé et l’insuffisance des infrastructures, en particulier dans la partie guinéenne, limitent la capacité à surveiller efficacement le site et à répondre rapidement aux menaces internes et externes telles que l’exploitation minière, le braconnage et les feux anthropiques. Par ailleurs, le niveau de pauvreté élevé et une intégration incomplète des communautés locales ainsi qu'une définition parfois floue des zones tampons compliquent davantage la gestion globale, soulignant la nécessité de renforcer la stratégie et les capacités de gestion pour assurer la préservation durable de la valeur universelle exceptionnelle du Mont Nimba.

Une importante variété d'habitats

High Concern
Trend
Stable
Les principaux habitats du bien présentent un bon état de conservation mais ils restent menacés par la persistance des feux de brousse (avec 8 % de la réserve ayant été affectée en 2024) liés aux activités agropastorales extérieures et au braconnage, par le développement de projets miniers à proximité des limites, et par les pressions anthropiques croissantes qui s'exercent dans la périphérie du bien et qui contribuent à l'isolement écologique de la réserve dans son environnement (Fitzgerald et al., 2018).

Une richesse faunistique et floristique exceptionnelle avec de nombreuses espèces endémiques et/ou menacées

High Concern
Trend
Deteriorating
Les résultats du suivi écologique de l'année 2023 indiquent que le taux de rencontre des indices de présence de chimpanzés dans la RNIMN (IKA) est de 3,47 indices/km. Ce chiffre est supérieur à celui observé en 2021, mais reste inférieur à celui de 2022. L’abondance des chimpanzés sevrés pour cette période est estimée à 161 individus (intervalle de 47 à 219, avec un coefficient de variation de 45 %), dépassant ainsi les estimations des années précédentes, notamment celles de 2021. Ces données ne sont pas directement comparables, il est ainsi difficile de déterminer la tendance de la population dans la RNIMN. Ainsi, une étude à long terme est nécessaire pour suivre la tendance de la population. En revanche, la population de chimpanzés de Bossou, située à proximité du bien, présente un état de conservation défavorable et sa viabilité à court terme est compromise (7 individus en 2019). Environ un tiers de la population du crapeau vivipare ( estimée à 2.8 millions dans les années 2010) est présente dans le périmètre minier de la SFMG et l'exploitation pourrait fortement impacter l'habitat de cette espèce endémique au Mont Nimba, et dont le statut de conservation est en danger critique d’extinction. En 2022, dans le cadre du projet PAPFor, 99 observations directes de crapauds vivipares ont été enregistrées dans des transects rectangulaires, estimant une population totale de 9 600 individus. Parmi eux, 52 % étaient juvéniles, 15 % des femelles gravides, 26 % des femelles non gravides, et 7 % des mâles. En moyenne, on dénombre 48 individus par transect, soit 0,0024 individu/m². Le micropotamogale, endémique des Monts Nimba et du Putu au Libéria, est présent en faible densité mais il n'existe peu d'études permettant d'estimer sa population et sa densité. Cette espèce inféodée aux habitats d'eau douce pourrait être impactée par la pollution des rivières générées par les activités minières, en l'absence de mesure d'atténuation (Etats Parties de Côte d'Ivoire et de Guinée, 2024). Le Phyllorine de Lamotte (Hipposideros lamottei EN) vit dans les tunnels miniers abandonnés uniquement côté guinéen et sera menacée par la reprise des exploitations minières.

L'absence d'un dispositif de suivi écologique à l'échelle du bien ne permet pas d'estimer avec précision l'état et l'évolution de la biodiversité, toutefois les inventaires existants et les données issues des activités de surveillance témoignent de la relative bonne conservation de certaines espèces et une diminution significative des crapauds vivipares. Des menaces importantes subsistent, en particulier la pression de braconnage et les projets miniers, qui, s'ils étaient mis en oeuvre, pourraient impacter fortement les espèces de flore et de faune dans le bien.
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Stable
La Réserve naturelle intégrale du mont Nimba conserve une variété d’habitats exceptionnelle, allant des forêts sempervirentes aux savanes, avec une dynamique écologique unique. Bien que ces habitats restent globalement intacts, leur état est inquiétant en raison de menaces persistantes. Les feux de brousse (ayant affectés 8% du bien en 2024), majoritairement d’origine humaine, affectent régulièrement les crêtes herbeuses, bien que les forêts de montagne et les galeries restent épargnées. L’isolement écologique de la réserve s’aggrave en raison de la déforestation périphérique liée à l’agriculture sur brûlis et à l’exploitation minière, notamment en Guinée et en Côte d’Ivoire. La tendance est stable pour les habitats centraux, mais la pression externe compromet leur connectivité et leur résilience à long terme. Toutefois, l’état global de ces habitats dans le bien est resté stable, indiquant que, bien que les menaces persistent, aucune dégradation accélérée n’a été observée à ce jour.

La richesse faunistique et floristique, caractérisée par des espèces endémiques comme le crapaud vivipare (Nimbaphrynoides occidentalis) et le micropotamogale (Micropotamogale lamottei), est en détérioration. Si les populations de chimpanzés (Pan troglodytes verus) semblent se maintenir dans le bien, celle de Bossou, hors du périmètre, s’effondre (7 individus en 2019). Le crapaud vivipare, déjà en danger critique, est menacé par les projets miniers qui fragmentent son habitat. Les activités de braconnage et la dégradation des zones tampons accentuent les risques pour les ongulés et les primates. Malgré le développement de Plans de Gestion et les initiatives comme les projets PAPFOR et MAKORE, le manque de suivi écologique intégré et la reprise des exploitations minières limitent les progrès. En dépit de quelques signes ponctuels d’amélioration dans certains indices, la dynamique globale de la biodiversité montre une dégradation, soulignant l’urgence de mesures de conservation renforcées pour inverser cette tendance négative.

Additional information

Water provision (importance for water quantity and quality)
Le mont Nimba est une des principales réserves d'eau de l'Afrique occidentale avec un total annuel de précipitations compris entre 2000 et 3000 mm par an. La conservation des écosystèmes du Mont Nimba et sa topographie est cruciale pour maintenir le rôle du site comme "château d'eau" régional.
Factors negatively affecting provision of this benefit
Climate change
Impact level - Moderate
Habitat change
Impact level - Moderate
Outdoor recreation and tourism
Le développement du tourisme pourrait contribuer à l'économie locale mais il reste limité par le manque d'infrastructures d'accueil et de capacitation d'agents. S'il était plus structuré, ce secteur pourrait générer des revenus complémentaires pour les populations locales.
Du fait de sa riche biodiversité et de la présence de nombreuses espèces endémiques (flore en particulier), le site présente un potentiel important, mais non estimé, pour la recherche médicale.
Factors negatively affecting provision of this benefit
Pollution
Impact level - Low
Overexploitation
Impact level - Low
Importance for research
La RNIMN constitue un site privilégié pour le développement de connaissances scientifiques, notamment dans la compréhension de l’adaptation et de l’évolution des espèces. C’est le cas par exemple des études menées depuis plus de 40 ans par l'IREB sur les chimpanzés de la forêt de Bossou et Nimba, capables d'utiliser des pierres comme outils, et du crapaud vivipare (rare cas de viviparité chez un crapaud). Du fait de son intégrité écologique, le site constitue un modèle pour l'étude des impacts du changement climatique sur la biodiversité et l’adaptation des espèces aux milieux extrêmes.
Le principal service écologique issu de la RNIMN concerne la fourniture d'eau pour l'ensemble de la région. Ce bénéfice pourrait toutefois être impacté par le développement des projets miniers (pollution du réseau hydrographique, modification des conditions microclimatiques par l'ouverture de brèches sur les crêtes sommitales), par la disparition de la forêt de montagne suite à l'augmentation des feux de brousse. Le site présente également un fort potentiel pour le développement d'activités écotouristiques et la recherche scientifique, qui pourraient contribuer au développement de l'économie locale, mais les infrastructures existantes (routes, logements) et le manque de guides, constituent des facteurs limitants.
Organisation Brief description of Active Projects Website
1 Union européenne, UEMOA, ECOWAS, UICN Deux niveaux et trois objectifs Pour chaque paysage Une agence d’exécution met en œuvre des activités de terrain et appuie diverses initiatives, au travers différents partenaires, autour de trois objectifs majeurs : maintien du couvert forestier au travers du paysage, amélioration de la gestion des Aires Protégées, développement rural durable en périphérie des Aires Protégées Au niveau régional Une unité de coordination régionale, basée à Monrovia, promeut une dynamique régionale et assure la communication sur les avancées et enjeux de conservation des forêts guinéennes. En collaboration avec les administrations nationales et institutions régionales, elle se focalise sur trois résultats principaux : R1 “Reconnaissance des complexes d’Aires Protégées transfrontaliers” : renforcement par des accords régionaux et internationaux, R2 “Suivi Régional des Forêts : suivi et analyse de la conservation et l’exploitation des forêts en Afrique de l’Ouest, R3 “Suivi du Programme” : suivi des activités et résultats ; comités de pilotage ; communication
https://papfor.org/
2 Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, OIPR Le Projet d’appui à la préservation et à la valorisation des aires protégées de Côte d’Ivoire (projet MAKORE) s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du 3e Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) signé entre la Côte d’Ivoire et la France. Bénéficiant d’un montant de 15 milliards de FCFA et d’une durée de cinq (05) ans, il entend renforcer la gestion des aires protégées pour améliorer leur état de conservation et leur valorisation au profit des communautés riveraines, dans un contexte de vulnérabilité climatique accrue. C’est environ 192 000 hectares de biodiversité qui sera amélioré, ainsi que les conditions de vie de plus de 400 000 habitants des villages périphériques. Cinq (05) aires protégées sont ciblées. Il s’agit notamment, du Parc National des Iles Ehotilé et les Réserves de Lamto, du Mont Nimba, du Haut Bandama et de Mabi-Yaya.
https://environnement.gouv.ci/mise-en-oeuvre-du-projet-makore-les-differentes-activites-devoilees-aux-parties-prenantes/
3 UNESCO, Centre de Gestion de l’Environnement des Monts Nimba-Simandou (CEGENS) et l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR). L’objectif général du projet est de renforcer la gestion de la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba à travers l’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement Intégré et de Gestion (PDAIG) pour l’ensemble du bien. Trois (03) objectifs spécifiques sont définis dans cette demande d’assistance internationale et sont : 1. Soutenir les actions d’élaboration du Plan Directeur d’Aménagement Intégré et de Gestion (PDAIG) des deux (02) parties (Guinée-Côte d’Ivoire) ; 2. Renforcer les capacités logistiques et l’opérationnalisation de la structure de gestion du bien dans la partie guinéenne (CEGENS) ; 3. Sensibiliser le planteur d’hévéas contigu au bien, dans sa partie guinéenne, sur les exigences liées au statut de patrimoine mondial du bien, et s’assurer de la restitution et de la réhabilitation des parties de la plantation d’hévéa qui empiètent sur le bien.
https://whc.unesco.org/fr/assistanceint/3501/
4 UNESCO et l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR). L’objectif global du projet est de renforcer le système de surveillance et de suivi écologique de la Réserve Naturelle Intégrale du Mont Nimba. De façon spécifique, le projet vise à : - Réaliser un suivi écologique du micropotamogale de Lamotte ; - Réaliser une surveillance aérienne de la réserve ; - Renforcer les compétences des agents de surveillance et écologues de la réserve.
https://whc.unesco.org/fr/assistanceint/3491/

Références

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