Comoé National Park

Country
Côte d'Ivoire
Inscribed in
1983
Criteria
(ix)
(x)
The conservation outlook for this site has been assessed as "good with some concerns" in the latest assessment cycle. Explore the Conservation Outlook Assessment for the site below. You have the option to access the summary, or the detailed assessment.
One of the largest protected areas in West Africa, this park is characterized by its great plant diversity. Due to the presence of the Comoé river, it contains plants which are normally only found much farther south, such as shrub savannahs and patches of thick rainforest. © UNESCO
© Peter Howard

Résumé

2020 Conservation Outlook

Finalised on
02 Dec 2020
Bonnes avec quelques préoccupations
Pendant la longue période de crise socio-politique, le site a été pratiquement abandonné, ce qui a entraîné une intensification des activités illégales à l'intérieur du site, telles que le braconnage, le pâturage du bétail et l'agriculture. La combinaison de ces menaces a eu un impact sévère sur les valeurs naturelles déjà perturbées du site, en particulier sur les populations de grands mammifères. La végétation et les divers habitats du bien ont subi des perturbations et une fragmentation importante en raison des activités humaines illégales, en particulier le pâturage du bétail et l'agriculture, ainsi que des feux de brousse.
La stabilisation de la situation politique a permis la reprise de certaines activités de gestion et de contrôle avec des réalisations remarquables. L'état général des valeurs du site s'est beaucoup amélioré, mais une vigilance et des efforts soutenus sont nécessaires pour éliminer certaines menaces majeures telles que le braconnage et l'orpaillage clandestin. L'ampleur des pressions humaines qui rendait difficile la restauration et la conservation des populations des grandes espèces de mammifères se réduit progressivement à en croire les indicateurs de performance établis dans le plan de gestion (2015 – 2024).
La menace d'infiltration du site par la population locale facilitée par leur proximité au site est moins importante que par le passé grâce à une implication plus forte des autorités coutumières à travers une plateforme des chefs traditionnels de la périphérie du bien. Il est toujours possible de conserver la faune du site et de faciliter davantage son rétablissement en améliorant la surveillance, en instaurant une éducation environnementale, en améliorant l'application des lois, des programmes de surveillance et de recherche et en sensibilisant les populations locales. En effet, la plupart des animaux représentatifs du Parc sont toujours présents et relativement abondants à l'exception du lion et du lycaon qui ont probablement disparu du Parc et dont le statut est très critique en Afrique de l'Ouest, de façon générale.

Current state and trend of VALUES

Low Concern
Trend
Improving
La longue période de crise socio-politique dans le pays a eu de graves conséquences sur l'état du site. Les habitats avaient subi des altérations et des perturbations critiques dues aux activités humaines illégales, telles que le pâturage du bétail et l'agriculture, et les feux de brousse associés. L'inventaire aérien de 2010 a montré une très faible densité de nombreuses espèces de grands mammifères, y compris une densité extrêmement faible de chimpanzés et d'éléphants. L'état général des valeurs du site qui était critique s'améliore progressivement à l'évaluation des indicateurs de performance établis dans le plan d'aménagement et de gestion en cours (2015-2024).
Les résultats des l'inventaires aériens (2014 et 2016) indiquent que les pressions majeures comme la transhumance sont mieux contrôlées et que la plupart des espèces animales représentatives du parc sont toujours présentes et relativement abondantes.
Ceux de l'inventaire 2019 ne sont pas encore disponibles. Toutefois les inventaires pédestres réalisés régulièrement depuis 2015 grâce aux financements allemands concernant des groupes cibles tels que les grands carnivores, l'éléphant, etc., ainsi que des recherches indépendantes sur d'autres espèces telles que les chimpanzés, le buffle, les oiseaux, etc. indiquent un relatif état satisfaisant du bien. L'utilisation de caméras-piège depuis 2015 a confirmé la présence d'éléphants dans le parc et leur nombre a été estimé à un minimum de 80 individus pendant la saison sèche et 119 individus pendant la saison des pluies. Le nombre de chimpanzés vivant dans le parc est estimé à 150 individus, celui des hippopotames à 113 individus et celui des buffles à 1186 individus. Cependant la présence du lion et du lycaon, quoique toujours en discussion, n'a pas encore été indiscutablement confirmée jusqu'à présent dans le parc.
L'état général des valeurs du site peut désormais être considéré comme se rétablissant bien et de nouvelles améliorations devraient être possibles car la plupart des menaces ont été considérablement réduites grâce à divers efforts. En raison de la dynamique actuelle de rétablissement et surtout des progrès importants réalisés par l'État partie en ce qui concerne l'amélioration de son mécanisme de surveillance, l'application des lois, la participation active des communautés locales à la gestion du bien, ainsi que les mesures supplémentaires nécessaires prévues pour renforcer les capacités et techniques humaines pour lutter contre l'orpaillage, les valeurs du site sont actuellement évaluées comme de préoccupation mineures.

Overall THREATS

High Threat
Le braconnage de grands mammifères, tels que les éléphants, les bubales, les buffles, les cobes de buffon, les hippopotames, ainsi que les chimpanzés a entraîné un déclin critique des populations de ces espèces pendant la période de guerre civile. Pour les principales espèces, ce déclin a été estimé entre 50 et 80% (ou perte complète, comme pour le lion et le Lycaon qui ont probablement disparu avant 2010 (Henschel et al., 2010, Ouindeyama et al., 2018). Néanmoins, la stabilisation de la situation politique dans le pays a permis le rétablissement de l'autorité de l'État sur le site et a permis le lancement de mesures correctives. Cela a entraîné une diminution très importante des activités illégales dans le parc (WCF, 2014; GIZ, 2016). A cet effet la mission IUCN /Unesco (2017) a conclu que les attributs des critères (ix) et (x) ont été bien réhabilités, ce qui a conduit au retrait du bien de la liste en péril en 2017. Toutefois, certaines activités illégales telles que l'orpaillage clandestin (qui constitue à l'heure actuelle l'une des principales menaces), le braconnage, la transhumance nécessitent une vigilance continue.
Aucun permis de recherche minière n'a été accordé par l'État partie à l'intérieur du Parc mais dans sa zone périphérique (SOC, 2014; 2015, 2019) et à ce jour, aucune exploitation minière n'est signalée dans cette zone. Toutefois, une quelconque activité minière constituerait certainement une menace pour le site. Par ailleurs, à cause de l'accroissement démographique et la fixation des terres par des cultures de rente telles que la noix de cajou, il est probable que les infiltrations dans le parc, l'usage des herbicides constituent de probables menaces à prendre au sérieux. Les potentiels effets des changements climatiques doivent également être documentés.

Overall PROTECTION and MANAGEMENT

Mostly Effective
Pendant la crise socio-politique du pays qui a débuté en 2002, le bien a subi une longue période d'absence presque totale de gestion. Des activités telles que les programmes de surveillance, de recherche et d'éducation ont été arrêtées. La stabilisation de la situation a permis le rétablissement du système de gestion et de contrôle du site et la mise en place de mesures correctives grâce à l’appui technique et au financement internationaux. En 2014, des efforts importants ont été déployés pour restaurer un système de gestion opérationnel; un nouveau plan de gestion a été validé en 2015 et est en cours de mise en œuvre. Malgré la reprise des activités de surveillance (patrouilles), le braconnage est toujours en cours dans le bien, ainsi que du pâturage du bétail. Financièrement, le parc a besoin du soutien international. Le suivi et l'évaluation régulière de la mise en œuvre du plan de gestion décennal (2015-2024) en cours tant par des mécanismes nationaux que par des outils internationaux (IMET, METT, etc.) permettront de renforcer son efficacité.

Full assessment

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Finalised on
02 Dec 2020

Description of values

Variété remarquable d'habitats

Criterion
(ix)
Par sa situation géographique, le parc national de la Comoé est une unité écologique d'une importance particulière. Sa géomorphologie laisse entrevoir de grandes plaines avec de véritables gouttières creusées par le fleuve Comoé et ses affluents (Bavé, Iringou, Kongo), permettant la remontée vers le nord d’une végétation ombrophile, source de présence d’espèces animales de la zone forestière. Le site contient également des intrusions de roches vertes alignées du nord au sud, surmontées de barres rocheuses qui forment au centre et au nord, des massifs isolés et de petites chaînes de 500 à 600 mètres d'altitude (Comité du patrimoine mondial, 2010). Outre le fleuve Comoé et ses affluents, le parc contient de petites rivières et ruisseaux ainsi que des lacs et des étangs temporels.

Habitats de transition de la savane à la forêt humide

Criterion
(ix)
Le Parc national de la Comoé renferme une variété remarquable d’habitats, notamment des savanes boisées, des forêts-galeries, des forêts ripicoles et des bowé qui constituent un exemple exceptionnel d’habitats de transition entre la forêt et la savane. Tous les types de savane y existent. La forêt est composée de nombreux Leguminosae arborés. Les forêts galeries sont dominées par Cynometra vogelii; les parcelles de forêt sèche dense de Isoberlinia doka, Anogeissus leiocarpus, Cola cordifolia, Antiaris africana, Milicia excelsa, menacé au niveau national et le comestible akée (Blighia sapida), ainsi que les plaines inondables par Hyparrhenia rufa (Comité du patrimoine mondial, 2010)

Site important pour la conservation des espèces de la savane soudano-guinéenne

Criterion
(x)
Le site contient 36 des 38 espèces du biome de la savane sudano-guinéenne inventoriées dans le pays ainsi que des populations résidentes d'espèces devenues rares en Afrique de l'Ouest, comme le Jabiru Ephippiorhynchus senegalensis.

Variété d'espèces animales

Criterion
(x)
Un grand nombre d'espèces sont présentes dans le site, y compris des espèces de mammifères comprenant 14 espèces de primates (tels que le babouin olive, le singe vert, le Cercopithèque diane, le mone, le Cercopithèque blanc-nez, le mangabey à collier blanc, le colobe noir et blanc et le chimpanzé); 17 espèces de carnivores; le pangolin géant, l'Oryctérope et le daman; et 17 espèces d'artiodactyles, notamment le potamochère, le phacochère, l'hippopotame, le guib harnaché, le buffle, le céphalophe à flancs roux, le bubale, le cobe de Buffon, l'hippotrague et l'ourébi. Un ensemble de 509 espèces d'oiseaux ont été enregistrées dans le parc. Quatre des six espèces de cigognes ouest-africaines et cinq des six espèces de vautours ouest-africains ont été documentées (Comité du patrimoine mondial, 2010). Au total, 35 espèces d'amphibiens et 71 espèces de reptiles, dont une espèce de serpent endémique, ont été trouvées dans le parc (réf. Rapports internes de la station de recherche Comoé). Lors des enquêtes effectuées depuis 2008, aucun signe de lions n'a été retrouvé.

Habitat d'espèces rares et menacées d'extinction

Criterion
(x)
Du fait de sa situation phytogéographique et du passage du fleuve Comoé sur une longueur de 230 kilomètres, le Parc national de la Comoé regorge d’une grande variété d’espèces animales et végétales. Plusieurs espèces d’oiseaux dont la protection est d’intérêt mondial sont présentes, parmi lesquelles l’outarde de Denham (Neotis denhami), le calao à casques jaunes (Ceratogymna elata) et le calao à joues brunes (Bycanistes cylindricus). En ce qui concerne les reptiles, trois espèces de crocodiles se trouvent dans le parc - dont le crocodile nain (Osteolaemus tetraspis) - qui sont sur la Liste rouge de l'UICN. Le bien contient également trois autres espèces menacées qui sont le chimpanzé d'Afrique de l'Ouest (Pan troglodytes verus) et l'éléphant (Loxodonta africana africana) (WHC / Rapport de mission Unesco, 2012, Comité du patrimoine mondial, 2012).

Grande diversité de plantes

Criterion
(x)
Le parc contient une variété remarquable d'habitats et d'associations de plantes trouvés, le plus souvent, plus au sud, comprenant les savanes arbustives, les ilots forestiers et des savanes herbeuses ripicoles. Le bien contient environ 1.200 espèces végétales. Des zones de végétation spécialisée se trouvent sur les inselbergs rocheux et dans les habitats aquatiques (Comité du patrimoine mondial, 2010).

Assessment information

High Threat
Le braconnage de grands mammifères, tels que les éléphants, les bubales, les buffles, les cobes de buffon, les hippopotames, ainsi que les chimpanzés a entraîné un déclin critique des populations de ces espèces pendant la période de guerre civile. Néanmoins, la stabilisation de la situation politique dans le pays a permis le rétablissement de l'autorité de l'État sur le site et a permis le lancement de mesures correctives. Cela a entraîné une diminution très importante des activités illégales dans le parc (WCF, 2014; GIZ, 2016). A cet effet la mission IUCN /Unesco (2017) a conclu que les attributs des critère (ix) et (x) ont été bien réhabilités, ce qui a conduit au retrait du bien de la liste en péril en 2017. Toutefois, certaines activités illégales telles que l'orpaillage clandestin (qui constitue à l'heure actuelle l'une des principales menaces), le braconnage, la transhumance nécessitent une vigilance continue.
Other
(Commercial and subsistence poaching)
High Threat
Inside site
, Scattered(5-15%)
Le braconnage constitue toujours l'une des principales menaces pesant sur les valeurs du site. Certaines études estiment la perte de populations de cobes et d'éléphants au moins à environ 75-80%, tandis que les populations de buffles, de bubales rouges, d'antilopes, de Cobes de buffon, d'hippopotames et de babouins olives ont diminué d'au moins 40 à 50% (Lauginie, 2007). La pêche illégale dans la rivière Comoé a également été signalée (WCF, 2010; UICN / UNESCO, 2017). La reprise des activités de lutte anti-braconnage et la mise en œuvre d'autres mesures correctives depuis la normalisation de la situation politique (SOC, 2014) ont entraîné une baisse significative du niveau de braconnage (SOC, 2015). Par ailleurs, l'intensification du suivi écologique engagé depuis 2017 avec la poursuite de l'inventaire des éléphants et les chimpanzés montre par exemple que de nouveaux espaces sont explorés par ces pachydermes et que leur population est dans une bonne dynamique (Rapport de l'Etat Partie, 2019). Toutefois la superposition des données de surveillance et celles de l’inventaire de l’éléphant (OIPR, 2018a) montre que la plupart des activités humaines illégales bien que observées dans plusieurs endroits du parc, sont en dehors des zones de fréquentation des éléphants. Cependant, leur présence de façon répétée est préoccupante et nécessite que des dispositions soient prises pour parer à toute éventualité. 
Crops
(Agricultural encroachment)
Very Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
La longue période de troubles civils et l'absence de contrôle qui en résulte ont conduit à l'intensification de l'empiètement agricole sur le site. Selon l'inventaire aérien entrepris en 2010, l'empiètement agricole était répandu dans la partie ouest du parc (SOC, 2011). Les rapports SOC de 2014 et 2015 indiquent qu'il n'y a presque plus d'empiètement agricole dans le parc, ce qui a été confirmé par une mission conjointe UICN / UNESCO début 2017. Par ailleurs, les limites du bien par Décret 02018-497 du 23 mai 2018 portant redéfinition des limites du Parc national de la Comoé, ont été précisées. Les nouvelles limites donnent une superficie de 1 148 756 ha du bien (rapport SP, 2019) ce qui exclut presque totalement la présence de plantations dans le bien. Toutefois, la pression foncière à la périphérie du bien, avec par exemple une augmentation de 19% (de 86 630 ha en 2014 à 102 976 ha en 2017; OIPR, 2019a) laisse craindre des intrusions agricoles dans le parc. Il est par conséquent urgent que des actions de stabilisation des exploitations agricoles soient entreprises dans les meilleurs délais pour garantir l’intégrité du bien.
Livestock Farming / Grazing
(Overgrazing by large herds of local and transhumant cattle in the northern part of the property)
Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
La longue période de troubles civils et l'absence de contrôle ont ouvert le parc aux bergers locaux et transhumants. l'inventaire aérien de 2010 a révélé que 90% de tous les mammifères présents dans le bien sont des animaux domestiques et que le pâturage des bovins est responsable d'une dégradation importante des écosystèmes du site (SOC, 2011). Le nombre d'animaux domestiques observés lors du relevé aérien de 2010 (plus de 6000) a diminué de 100 fois en 2014 (environ 60), tandis que le nombre d'animaux sauvages observés a augmenté de 1,39 fois au cours de la même période, passant de 752 à 1047 individus (WCF, 2014). Dans la même veine, le processus participatif et inclusif de la signature des accords locaux dans 7 localités périphériques nord et est du bien, zone de pâturage et de transhumance, a permis de noter une réduction considérable du bétail à l'intérieur du bien. En 2017 et 2018, seulement 26 troupeaux d'environ 30 à 50 têtes en moyenne ont été aperçus au cours des patrouilles pendant la saison sèche (rapport SP, 2019). Toutefois, les résultats attendus de l'inventaire aérien de 2019 devraient confirmer et préciser ces tendances.
Fire/ Fire Suppression
(Bushfires associated with illegal activities)
Very Low Threat
Inside site
, Localised(<5%)
Outside site
Les feux de brousse signalés sur le site sont souvent associés à des activités illégales (braconnage, élevage illégal de bétail). Les zones touchées par les incendies se trouvent dans différentes parties du site, avec des dommages importants ou moyens à certains endroits, mais elles sont concentrées dans la ceinture centrale légèrement décalée vers l'est qui traverse le site du nord au sud (WCF, 2010; 2014). Un relatif statu quo existe apparemment entre formations ouvertes et fermées avec toutefois, depuis quelques années, un buissonnement des formations savanicoles, lié à des passages moins fréquents du feu au cours de la dernière décennie, à une forte diminution des densités d’herbivores brouteurs et à un assèchement plus long des bassins versants des principales rivières lié aux changements climatiques (Malan et al., 2017). Néanmoins, la multiplication de saisons sèches plus longues risque de fragiliser les formations denses en diminuant leur résistance naturelle au feu, en particulier au niveau des lisières (OIPR, 2019). Face à ces constats, le gestionnaire a entamé la formation de ses agents à la mesure des paramètres de feu, l'acquisition des équipements de mesure, la mise en œuvre du plan de brûlis et son évaluation à l'aide du logiciel FIREMAPS (rapport SP, 2019).
Mining/ Quarrying
(Artisanal mining)
High Threat
Inside site
, Widespread(15-50%)
Outside site
La mission conjointe UICN / UNESCO de 2017 notait que, des différentes menaces sur le bien, l’orpaillage semblait être la seule qui ne connaisse pas  de recul continu. En effet, l’orpaillage traditionnel est pratiqué depuis des générations dans la région de Téhini (nord-est du parc) mais cette activité, en majeure partie aux mains d’étrangers, s’est récemment intensifiée pour s’étendre à une grande partie de la périphérie du parc. Il se pratique de façon clandestine à l’intérieur du bien où les zones touchées durant les trois dernières années (2017, 2018, 2019) se concentrent toujours au nord-est et sud-est (OIPR, 2019b). Toutefois, le renforcement des patrouilles dans les zones d'agressions, le renforcement de l'application de la loi, la multiplication des séances de sensibilisation par les autorités préfectorales et autres membres du Comité de Gestion Locale du bien à l'endroit des communautés riveraines, la collaboration étroite avec le service des mines qui participe aux activités de gestion, le renforcement du rôle des autorités coutumières par l'appui à la mise en place d'une plateforme des rois et chefs de village autour du bien ont contribué significativement à la réduction des agressions (Rapport SP, 2019). Cependant, les activités minières en périphérie du bien sont susceptibles de causer la pollution des cours d’eaux situés en aval de ces activités ou à proximité. Certaines parcelles agricoles sont même utilisées pour des fouilles d’orpaillage. Le bassin versant du fleuve Comoé fortement drainé ainsi que ses affluents pourraient être fortement menacés (OIPR, 2019). Toutefois, à ce jour, aucune donnée scientifique publiée concernant l'impact de l'orpaillage sur les valeurs du site, n'est disponible.
Very Low Threat
Aucun permis de recherche minière n'a été accordé par l'État partie à l'intérieur du Parc mais dans sa zone périphérique (SOC, 2014; 2015, 2019) et à ce jour, aucune exploitation minière n'est signalée dans cette zone. Toutefois, une quelconque activité minière constituerait certainement une menace pour le site. Par ailleurs, à cause de l'accroissement démographique et la fixation des terres par des cultures de rente telles que la noix de cajou, il est probable que les infiltrations dans le parc, l'usage des herbicides constituent de probables menaces à prendre au sérieux. Les potentiels effets des changements climatiques doivent également être documentés.
Mining/ Quarrying
(Mining)
Very Low Threat
Outside site
L'Etat partie a toujours affirmé au Comité du patrimoine mondial que les questions relatives aux projets miniers dans les environs du bien sont suivies et font l'objet d'une attention particulière (SOC 2014; 2015; 2019). Sur la base des connaissances géologiques antérieures, sept périmètres potentiellement aurifères ont été définis dans la grande région entourant le PNC. Toutefois, à ce jour, aucun projet minier n'est en exploitation dans la périphérie immédiate du bien. A ce sujet, les services régionaux du ministère de l'industrie et des mines et les gestionnaires du bien collaborent étroitement pour surveiller, prévenir et encadrer toutes les activités minières dans la périphérie immédiate du bien (Rapport SP, 2019). En tout état de cause, les dispositions sont prises pour que les EIES de tous les projets miniers tiennent compte des préoccupations liées aux valeurs du bien.
Habitat Shifting/ Alteration, Droughts
(Climate change)
Data Deficient
Inside site
, Extent of threat not known
Outside site
Les changements de couverture terrestre en Afrique tropicale et subtropicale ont conduit à accentuer les sécheresses (Paeth et al. 2009). La baisse des précipitations et l'augmentation des températures sont susceptibles d'affecter le régime hydrologique et la biodiversité du site. Selon Goetze et al. (2006), grâce à sa remarquable stabilité globale, le schéma du paysage à l'intérieur du bien a réagi avec résilience à diverses influences (en particulier les variations climatiques) et perturbations (par exemple, herbivorie de masse épisodique). Une possible succession naturelle de la savane à la forêt ne semble se dérouler que très lentement en raison des effets contraires des feux de savane annuels et de l'humidité climatique plus faible dans la zone. Toutefois, il se produit au sein des nombreuses plaines alluviales du parc telles que celle de la Lola, un boisement progressif. Ce processus s’est installé, il y a de nombreuses années et devrait continuer, quoique lentement. La densité et la distribution des différentes espèces végétales inféodées à ces milieux particuliers semblent être conditionnées par la nature du substrat sablo-argileux profond et périodiquement inondé. Ainsi, le feu combiné à d’autres facteurs tels que l’assèchement du bassin des rivières (réduisant l'hydromorphie des plaines alluviales) pendant une certaine période, la réduction de la présence des grands mammifères (qui contribuent à la dispersion des Poaceae entre autres) aurait favorisé l'accroissement des ligneux (Malan et al., 2017). Étant donné que 12% des espèces d'oiseaux, d'amphibiens et de mammifères du parc sont considérées comme vulnérables au changement climatique (http://parcc.protectedplanet.net/9545), son étendue et son impact sur le site ne sont toujours pas connus et devraient être urgemment étudiés.
Other
(Conflit homme - faune)
Very Low Threat
Outside site
Les conflits enregistrés sont ceux relatés par des populations de la destruction de leurs cultures par des troupeaux d’éléphants dans le sud-ouest du PNC dans les années 2012. Dans la sous-préfecture de de Sikolo, en 2017 et 2018, il y a eu la présence de troupeaux d’éléphants, qui, dans leurs déplacements ont causé de nombreux dégâts. Quelques fois, des singes sortent du parc et se nourrissent des pommes de cajou tombées dans les parcelles voisines durant la période de mars-avril (OIPR, 2019b)
Water Pollution, Agricultural effluents
(démographie et pollution des eaux)
Very Low Threat
Outside site
Les activités agricoles en périphérie du site sont susceptibles de causer la pollution des cours d’eaux situés en aval de ces activités ou à proximité. La croissance démographique, l’utilisation d’intrants chimiques pour les activités agricoles et une main d’œuvre agricole qui se rarifie au profit de l’orpaillage sont autant de causes qui accentuent le risque de pollution à l’intérieur comme à l’extérieur du bien (OIPR, 2019). Toutefois, les effets de cette pollution ne sont pas encore documentés.
Le braconnage de grands mammifères, tels que les éléphants, les bubales, les buffles, les cobes de buffon, les hippopotames, ainsi que les chimpanzés a entraîné un déclin critique des populations de ces espèces pendant la période de guerre civile. Pour les principales espèces, ce déclin a été estimé entre 50 et 80% (ou perte complète, comme pour le lion et le Lycaon qui ont probablement disparu avant 2010 (Henschel et al., 2010, Ouindeyama et al., 2018). Néanmoins, la stabilisation de la situation politique dans le pays a permis le rétablissement de l'autorité de l'État sur le site et a permis le lancement de mesures correctives. Cela a entraîné une diminution très importante des activités illégales dans le parc (WCF, 2014; GIZ, 2016). A cet effet la mission IUCN /Unesco (2017) a conclu que les attributs des critères (ix) et (x) ont été bien réhabilités, ce qui a conduit au retrait du bien de la liste en péril en 2017. Toutefois, certaines activités illégales telles que l'orpaillage clandestin (qui constitue à l'heure actuelle l'une des principales menaces), le braconnage, la transhumance nécessitent une vigilance continue.
Aucun permis de recherche minière n'a été accordé par l'État partie à l'intérieur du Parc mais dans sa zone périphérique (SOC, 2014; 2015, 2019) et à ce jour, aucune exploitation minière n'est signalée dans cette zone. Toutefois, une quelconque activité minière constituerait certainement une menace pour le site. Par ailleurs, à cause de l'accroissement démographique et la fixation des terres par des cultures de rente telles que la noix de cajou, il est probable que les infiltrations dans le parc, l'usage des herbicides constituent de probables menaces à prendre au sérieux. Les potentiels effets des changements climatiques doivent également être documentés.
Management system
Highly Effective
Un nouveau plan de gestion a été élaboré et validé pour la période 2015-2024. Une stratégie de surveillance, de suivi écologique et un plan d'action d'urgence pour lutter contre le braconnage ont été élaborés et mis en œuvre depuis 2012 et intensifiés depuis 2014. Un plan de gestion des risques de catastrophes a été élaboré qui identifie clairement les aléas et les facteurs de vulnérabilité du bien. La mise en œuvre de ces plans est régulièrement soumis à l'examen des différentes parties prenantes (collectivités, administrations intervenant dans la périphérie du parc, etc.).
Management effectiveness
Highly Effective
Les objectifs du plan de gestion ainsi que les indicateurs sont régulièrement examinés dans un processus de planification trimestrielle en cours pour tous les parcs et réserves de Côte d'Ivoire. Ainsi, pour le site, la gestion suit la planification élaborée dans le plan de gestion. Par ailleurs, des évaluations de l'efficacité de la gestion ont été entreprises en utilisant les outils tels que Enhance our Heritage (2010) et récemment Integrated Management Effectiveness Tool (IMET) de Biopama en janvier 2020. Les résultats de l'évaluation de 2020 ne sont pas encore disponibles. Toutefois
un rapport d’évaluation METT  donne un score de 82 sur 99 soit 83 % en 2018. Ce score dénote d’une tendance positive dans la gestion de ce parc par rapport à celle de 2017 dont le score était de 75 sur 98 soit 77 % (rapport annuel FPRCI, 2018). Depuis 2018, le bien a intégré le processus d'inscription à la Liste Verte de l'UICN (Site n°S-0254).
Boundaries
Mostly Effective
Depuis 2018, par décret 2018-497 du 23 mai 2018 portant sur la redéfinition des limites du Parc national de la Comoé, la superficie du bien a été précisée. Le bien a désormais une superficie de 1 148 756 ha contre 1 150 000 ha initialement proposée au patrimoine mondial. Cette modification tient compte d'un processus participatif initié depuis 2014 avec l'appui financier de l'UNESCO pour la matérialisation des limites ouest du bien et l'intégration des monts Kongoli dans les nouvelles limites. Toutefois, un rapport sur l'impact de cette réduction de superficie sur les valeurs du bien est attendu par le Comité au 1er décembre 2020 (Décision 43 COM 7B.32).
Concernant la zone tampon, le bien lors de son inscription n'en a pas proposé de précis. Toutefois, selon la loi n° 2002-102 du 11 février 2002 relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et des réserves naturelles le bien dispose d'une "zone périphérique"  qui s'entend comme la zone géographique environnante du parc, constituée de l’entière superficie des terroirs, des sous-préfectures et, le cas échéant, des forêts classées, aux fins de circonscrire une communauté avec laquelle l’autorité chargée de la gestion de l’aire protégée peut établir et formaliser des relations en vue de la réalisation des objectifs de gestion. Dans les faits de gestion, la zone périphérique de gestion tient lieu de zone tampon. Cependant, les nouvelles limites et cette zone tampon devraient être cartographiées et proposées au Comité au plus tard 1er décembre 2020 (Décision 43 COM 7B.32).
Integration into regional and national planning systems
Highly Effective
Le parc national de la Comoé est intégré au plan d'action stratégique régional de Bounkani (Bouna). Ce document a été validé en 2015. De plus, le parc est intégré au programme PAPE (Programme Entente des aires protégées) de l'UEMOA / UE. C'est également une réserve de biosphère et fait partie du réseau AfriMab.
Relationships with local people
Mostly Effective
Le gestionnaire du bien a déjà établi une stratégie pour les actions à mener en périphérie du parc national mais celle-ci reste à préciser et valider, notamment pour mieux s’assurer du nécessaire renforcement de l’adhésion des acteurs aux activités de conservation. Ses grandes lignes sont toutefois déjà bien définies et des actions ont été menées en ce sens, notamment avec le fort appui aux radios locales. Récemment, il a été mis en place, la Plateforme des chefs traditionnels de la périphérie du Parc national de la Comoé (PACT-PNC) regroupant 38 chefs de village des départements de Nassian, Téhini, Bouna, Kong et Dabakala (http://www.oipr.ci/index.php/actualites-comoe/activites/item/774-assemblee-generale-constitutive-de-la-plateforme-des-chefs-traditionnels-de-la-peripherie-du-parc-national-de-la-comoe). Le bien dispose d'une cellule chargée des mesures dites riveraines avec des activités régulièrement évaluées. Cette cellule met en œuvre essentiellement de microprojets destinés aux populations riveraines. le Comité de gestion locale du bien fait partie des plus dynamiques du réseau d'aires protégées de la Côte d'Ivoire. Il lui a été décerné en 2019, le prix d’excellence 2019 du meilleur Comité de Gestion Locale des Aires Protégées de Côte d’Ivoire.
Legal framework
Highly Effective
Désigné parc national en 1968 (décret N 68-81), le Parc national de la Comoé est situé dans le nord-est de la Côte d’Ivoire dans 5 régions administratives. Le parc est administré par l'Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) sous la tutelle du ministère de l'Environnement et du Développement durable (rapport SP, 2012). Le bien est géré conformément aux dispositions de la loi n° 2002-102 du 11 février 2002 relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et des réserves naturelles. Depuis 2018, les limites du bien ont été formellement précisées par décret 2018-497 du 23 mai 2018 portant sur la redéfinition des limites du Parc national de la Comoé. Le bien a désormais une superficie de 1 148 756 ha contre 1 150 000 ha initialement proposée au patrimoine mondial (Rapport SP, 2019).
Enforcement
Mostly Effective
Le cadre juridique est effectivement appliqué à travers une collaboration étroite entre les services de gestion du bien et les services judiciaires de la ville de Bouna (siège du gestionnaire). Par exemple, en 2018, 37 individus appréhendés pour orpaillage illégal contre 49 individus en 2017. En ce qui concerne la surveillance, les résultats en 2017 indiquent 12 274 Homme jour (HJ) d'effort de patrouilles ayant permis d'interpeller 75 individus dont 58 condamnés par la justice contre respectivement 9 852 HJ d'effort de patrouilles, 47 individus interpellés dont 40 condamnés en 2018 (Rapport SP, 2019).
Implementation of Committee decisions and recommendations
Highly Effective
L'application de mesures correctives a été appuyée par la mise en œuvre de deux projets financés par le FEM / Banque mondiale et par le gouvernement ivoirien (rapport de l'État partie, 2012) et plus tard par la GIZ et la KfW (SOC 2014; 2015; rapport de mission UICN / UNESCO, 2017 ). Plusieurs actions ont été entreprises pour expulser les éleveurs de bétail du bien et lutter contre le braconnage, notamment une surveillance renforcée et des campagnes de sensibilisation. En 2017, la situation s'est améliorée. La population locale est informée des activités de l'OIPR et la transhumance a considérablement diminué. Le nouveau plan de gestion du parc a été finalisé et est en cours de mise en œuvre. Un programme de biosurveillance est également mis en œuvre avec le soutien de la GIZ, y compris des levés aériens avec une conception améliorée. Par ailleurs, les gestionnaires du bien participent aux sessions annuelles du Comité et soumettent régulièrement des rapports sur l'état de conservation du site.
Sustainable use
Some Concern
Collecte de produits forestiers (les arbres, les pailles,  les lianes et les plantes médicinales) : les populations de la périphérie prélèvent, dans le parc, diveres espèces d’arbres ou des parties de ces arbres pour leurs soins, pour la construction d’habitations, de greniers ou pour d’autres usages courants (fabrication de manches de daba (houe) et de faucille, de mortiers, pilons etc.). Sont aussi concernés, des produits tels que le miel, le beurre  de karité (Vitellaria paradoxa), le néré (Parkia biglobosa) et la maniguette (Aframomum melegueta). Toutefois, ces prélèvements sont considérés comme illégaux car aucun mécanisme d'utilisation durable n'est prévu par la loi sur les parcs et réserves.
D'autre part, pendant la saison sèche, les éleveurs nomades Peuhl en quête de pâturage et de points d’eau se déplacent avec leurs troupeaux du nord vers le sud du PNC en passant par les bordures Nord, Est et Ouest. Ces intrusions sont considérées comme illégales (PAG, 2015-2024).
Sustainable finance
Mostly Effective
L'application de mesures correctives et la mise en place d'un système de gestion efficace dépendent fortement de l'aide et du financement internationaux. Le FEM et la Banque mondiale ont fourni une aide financière de 2,54 millions de dollars pour la mise en œuvre du projet PARC-CI (Projet d’appui à la relance de la conservation des parcs et réserves de Côte d’Ivoire). Le gouvernement ivoirien a fourni 200 millions XOF pour la reprise des activités de patrouille (SP Report, 2012). Le parc a également bénéficié d’un financement  de 16,4 millions XOF de la Facilité d'intervention rapide. Désormais grâce aux fonds français d’allégement de la dette, le Parc reçoit 300 millions de francs CFA par an de la Fondation des Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire pour les activités courantes de gestion. La KfW a donné 15 millions d'euros pour les études sur la biodiversité en 2017-2020; L'AFD contribue pour 500 millions XOF pour soutenir des activités alternatives à la périphérie du parc (2015-2017), en complément du programme PROFIAB de la GIZ. Pour la mise en œuvre entière du Plan d'Aménagement, les négociations avec la Fondation pour les parcs et réserves de Côte d'Ivoire (FPRCI) ont permis d'augmenter annuelle de 300 millions XOF à 373,920 millions XOF à partir de 2019 (Rapport SP, 2019).
Pour l’exercice 2018 par exemple, la FPRCI a octroyé au Parc national de la Comoé 457 317 Euros (Rapport annuel FPRCI, 2018).
D'autres partenaires tels que le Fonds pour le patrimoine mondial africain (AWHF) ont appuyé le bien dans la réalisation de son plan de gestion des risques de catastrophes.
Staff training and development
Mostly Effective
En plus des patrouilles et de l'équipement des agents, la mission de 2013 a noté une formation à la lutte contre le braconnage pour les commandos forestiers et les éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire, une formation sur les procédures juridiques pour le personnel de l'organe de gestion, une formation au suivi écologique pour villageois auxiliaires, agents OIPR et agents SIG et suivi écologique pour la base de données MIST (SOC, 2013). Les activités de formation se poursuivent et sont plus systématisées avec le soutien de la GIZ et comprennent des analyses de données biologiques et divers autres modules pour différentes catégories d'agents. La mission conjointe UNESCO / IUCN (2017) a noté que le personnel du suivi écologique bénéficie d’équipements performants permettant d’obtenir des informations actualisées et très encourageantes sur l’état de conservation de la grande et moyenne faune (notamment l’éléphant, le chimpanzé, le bubale et le buffle). En 2017 et 2018, les agents de surveillance ont bénéficié de dotation annuelle en équipement de surveillance et de 12 sessions de formations diverses telles que les techniques de survie, le secourisme, les procédures judiciaires, droits de l'homme et de l'enfant (rapport SP, 2019)
Education and interpretation programs
Mostly Effective
Depuis la normalisation du contexte sociopolitique du pays, un programme d'éducation environnementale est régulièrement mis en œuvre à la périphérie du Parc en collaboration avec différentes organisations à base communautaire (Comités de surveillance villageois, Comités de suivi écologique, Comités d'informations, de sensibilisation, et d'éducation environnementale, Comités d'alphabétisation, Comités d'hygiène, santé, Comités des guides touristiques, Groupements et coopératives villageois). Le programme a été amélioré grâce aux recommandations d'une étude financée par l'AFD en 2015. En outre, les radios communautaires jouent un rôle extrêmement important dans les programmes d’Information, d’Education Environnementale et de Communication du parc. Cet important travail de concertation avec les communautés est appuyé par un programme d’éducation environnementale à travers les émissions radios. En effet, chaque année au moins 3 contrats sont signés avec les radios de proximité de Bouna (voix de la Savane), Nassian (Boutourou) et Dabakala (Seneyo). En plus de diffuser des éléments de sensibilisation prêts à être diffusés, ces radios couvrent l’ensemble des activités de la DZNE (Rapport mission conjointe Unesco / IUCN, 2017). Par ailleurs, un Centre de documentation a été aménagé au sein de la Direction de Zone Nord-Est (entité de l'OIPR qui gère le bien basée à Bouna). Un autre centre d'information et d'éducation environnementale a été construit à Kakpin en périphérie du bien (rapport SP, 2019). Mais ces centres attendent d'être équipés et ne sont pas totalement fonctionnels.
Tourism and visitation management
Mostly Effective
Les troubles civils ont entraîné l'arrêt du tourisme dans la région et, par conséquent, une réduction des avantages économiques associés. Depuis 2012, les activités touristiques ont repris et le nombre de touristes visitant le parc augmente chaque année (149 visiteurs en 2015, 242 en 2016 et 533 en 2017 selon le rapport annuel FPRCI, 2018). Il convient de noter que les touristes locaux (principalement les enseignants et les élèves) constituent la majorité des touristes, mais le nombre de touristes internationaux augmente également (75 au total en 2017). Le plan de gestion (2015-2024) comprend un chapitre dédié au tourisme avec des objectifs et deux indicateurs mesurables que sont : 1) Le PNC est visité par au moins 500 personnes en année 3 (2017) et 1 500 en année 6 (2020); 2) Au moins 75 % des ressources propres du PNC proviennent des recettes touristiques à partir de l’A5 (2019). Pour l'instant, le faible nombre de visiteurs enregistré n'entraine pas d'impacts négatifs sur les valeurs du bien. Pour relancer la destination, l'Officce Ivoirien des Parcs et Réserves a particpé à la 40ème édition du Marché International Français du Voyage, en abrégé IFTM Top Resa, avec les parcs nationaux de Taï et de la Comoé comme produits phares.
Monitoring
Highly Effective
Pendant la période de troubles civils, les activités de surveillance ont été abandonnées, ce qui a conduit à un manque de connaissances sur l'état actuel des valeurs naturelles. Depuis lors, trois enquêtes ont été menées respectivement en 2010, 2014 et 2016 (WWF, 2010; 2014; GIZ, 2016). En outre, une enquête spécifique sur les éléphants est menée avec le soutien de l'UNESCO. Les résultats des inventaires des éléphants et des oiseaux réalisés en 2018 ainsi que ceux de l’étude préliminaire sur le léopard sont très encourageants. L’observation de la Cigogne épiscopale, une espèce d’oiseau qui était pratiquement invisible au PNC depuis longtemps, dénote de la bonne conservation des écosystèmes du parc (rapport annuel FPRC, 2018). Depuis 2017, les activités de suivi écologique se sont renforcées, en collaboration avec des institutions de recherche, et les résultats confirment une évolution positive de la population d'éléphants. Un inventaire des léopards a été réalisé au cours de l'année 2018 et 2019 et devra se poursuivre en 2020 dans le cadre d'un programme d'étude sur les grands carnivores, financé par la KfW. En 2019, un inventaire aérien a été réalisé toutefois, les résultats ne sont pas encore disponibles.
Research
Mostly Effective
Pendant la période de troubles civils, la Station de recherche internationale de l'Université de Würzburg (Allemagne) a été détruite et abandonnée. Il n'y a eu aucune activité de recherche au cours des 10 dernières années (WCF, 2008; UICN, 2008). Actuellement, la station est restaurée grâce à des sources financières allemandes et les activités de recherche ont repris avec plusieurs doctorants et étudiants en sciences sous la supervision d'au moins trois scientifiques expérimentés. Les travaux de ces chercheurs sont disponibles au lien suivant : https://www.biozentrum.uni-wuerzburg.de/comoe-research-station/publications/2010-onward/
Le gestionnaire du bien a établi des conventions de partenariat avec les principales universités de la Côte d'Ivoire (Université Félix Houphouët -Boigny, Université Nangui Abrogoua, entres autres). Ces protocoles portent sur le suivi des habitats, de la faune, le suivi des feux, etc. le gestionnaire formule régulièrement ces besoins prioritaires de recherche. Par exemple en 2018 seuls 2 sur 9 des besoins de recherche exprimés par les gestionnaires ont été traités (FPRCI, 2018). En dehors des besoins exprimés par le gestionnaire le bien abrite pour la période 2018-2021 au moins trois études doctorales (suivi des oiseaux, suivi des buffles, dynamique de la végétation).
 
Pendant la crise socio-politique du pays qui a débuté en 2002, le bien a subi une longue période d'absence presque totale de gestion. Des activités telles que les programmes de surveillance, de recherche et d'éducation ont été arrêtées. La stabilisation de la situation a permis le rétablissement du système de gestion et de contrôle du site et la mise en place de mesures correctives grâce à l’appui technique et au financement internationaux. En 2014, des efforts importants ont été déployés pour restaurer un système de gestion opérationnel; un nouveau plan de gestion a été validé en 2015 et est en cours de mise en œuvre. Malgré la reprise des activités de surveillance (patrouilles), le braconnage est toujours en cours dans le bien, ainsi que du pâturage du bétail. Financièrement, le parc a besoin du soutien international. Le suivi et l'évaluation régulière de la mise en œuvre du plan de gestion décennal (2015-2024) en cours tant par des mécanismes nationaux que par des outils internationaux (IMET, METT, etc.) permettront de renforcer son efficacité.
Assessment of the effectiveness of protection and management in addressing threats outside the site
Data Deficient
Les informations sur cette question sont insuffisantes, mais l'une des principales menaces semble être liée au bétail transhumant du Burkina Faso, ce qui pourrait entraîner des conflits avec les éleveurs locaux et une pression supplémentaire sur le parc national. Par ailleurs, l'accroissement des activités d'orpaillage clandestin en dehors du parc peut contribuer à augmenter la pression sur le bien. Toutefois, il n'existe pas de données officielles sur l'ampleur de ce phénomène dans la région.
Best practice examples
L'OIPR, avec l'appui de l'UICN et du Fonds pour le Patrimoine Mondial Africain, a formalisé la création de la plateforme des chefs traditionnels de la périphérie du Parc (PCT-PNC) à l'initiative du Chef de province de Yalo, à la périphérie est du bien. C'est un formidable outil pour atteindre les objectifs de gestion participative, de conservation et de développement du bien. Cette plateforme comprend 38 chefs de village des départements de Nassian, Téhini, Bouna, Kong et Dabakala jouissant encore d'une forte autorité au sein des populations locales. Le Président élu de cette plateforme, membre de la Chambre des Rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire, est associé à toutes les activités et rencontres organisées par le gestionnaire.
World Heritage values

Variété remarquable d'habitats

Low Concern
Trend
Stable
En 2010, les activités humaines illégales à l'intérieur du bien, telles que le pâturage du bétail, l'agriculture, et associées à ces activités, les feux de brousse ont généré de fortes perturbations dans le fonctionnement des écosystèmes. Depuis 2014, le contrôle des activités humaines illégales s'est considérablement amélioré. En 2016, une carte d’occupation des sols dans le parc et sa zone périphérique a été réalisée (Schweter, 2016) suite à l’analyse et l’interprétation des images satellitaires SPOT de 2014. Les unités thématiques de la végétation ont été étudiées sur le terrain (Malan et al., 2017). De façon périodique la dynamique de la végétation dans le parc et à la périphérie est suivie (OIPR, 2019a). Ces études montrent que le bien dispose toujours d'une remarquable variété d'habitats liée à son hydrographie. Toutefois, il est observé une nouvelle dynamique avec le boisement de certaines plaines alluviales et la réduction de la superficie des forêts ripicoles, dans le parc et l'accroissement des vergers d'anacardier à la périphérie du bien, passant de 11 743 hectares en 2002 à 29 872 hectares en 2014 (Sangne et al. 2019). Un protocole d'étude de la dynamique de la végétation a été proposé (Malan et al. 2017) et le suivi est en cours.

Habitats de transition de la savane à la forêt humide

Low Concern
Trend
Stable
En 2010, les activités humaines illégales à l'intérieur du bien, telles que le pâturage du bétail, l'agriculture, et associées à ces activités, les feux de brousse ont généré de fortes perturbations dans le fonctionnement des écosystèmes.
Depuis 2014, il y a eu une certaine amélioration dans le contrôle des activités humaines illégales, mais les effets de celui-ci doivent encore être évalués. Des images satellites récentes (2014) montrent que le paysage est toujours dominé par les savanes. Un protocole de suivi de la végétation et de sa dynamique a été proposé grâce un financement de la GIZ, incluant le renforcement des capacités des agents. A l'aide d'images Landsat, gratuites, l'évolution des différentes formations végétales est étudiée avec un pas de 3 à 5 ans. Le rapport de 2019 (OIPR, 2019a) montre que le PNC reste toujours dominé par les formations végétales de types savanicoles avec plus 90% de sa superficie. Ces résultats révèlent également que les formations forestières constituées par les forêts galeries sont en légère diminution depuis les années 2000.

Site important pour la conservation des espèces de la savane soudano-guinéenne

Low Concern
Trend
Improving
De nombreuses espèces de l'écosystème soudano-guinéen sont toujours présentes dans le parc national de la Comoé. L’inventaire aérien de 2016 de la Comoé (Bouché, 2016) a montré que la grande faune est bien présente en densité certainement plus modeste qu’à l'inscription du bien. Néanmoins, les populations semblent stables dans la plupart des cas voire en augmentation depuis 2010. La confirmation de ces tendances est attendue avec les résultats de l'inventaire aérien réalisé en 2019 et dont les résultats ne sont pas encore disponibles. En outre, des inventaires pédestres, à l'aide de caméras-piège, ont été réalisés sur des groupes cibles tels que l'éléphant (2016, 2017, 2018), les grands carnivores (2018, 2019) et les oiseaux (2019). D'autres recherches indépendantes ont montré une amélioration de la situation de la faune à l'exception du lion et du lycaon dont la présence dans le parc est encore douteuse. Par exemple, selon Salewski (2017) les grandes antilopes (Hippotrague, Hippotragus equinus, le bubale Alcelaphus buselaphus) étaient apparemment beaucoup plus fréquentes dans le sud-ouest par rapport aux années 1990 et que le nombre de vautours (principalement des vautours à dos blanc, mais aussi des palmiers -Vautours à noix, vautours à capuchon et vautours à tête blanche) observés étaient étonnamment élevés avec une forte proportion d'oiseaux immatures indiquant un bon succès de reproduction ces dernières années. L'observation d'une densité relativement élevée de vautours, avec un bon succès de reproduction, est contraire à la tendance décrite pour l'Afrique en général et l'Afrique de l'Ouest en particulier.

Variété d'espèces animales

High Concern
Trend
Improving
Les résultats des relevés aériens de 2014 et 2016 montrent une augmentation du nombre d'observations d'espèces sauvages par rapport au relevé aérien de 2010. La confirmation de ces tendances est attendue avec les résultats du survol de 2019.
Il convient de noter que les céphalophes et autres grands herbivores sont encore relativement abondants et largement distribués dans le parc. C'est le cas pour les babouins et les singes patas. En outre, comme indiqué ci-dessus, le parc contient également des populations viables d'éléphants, de chimpanzés, d'hippopotames et de buffles. Plusieurs carnivores (Léopard, Panthera pardus; Hyène tachetée, Crocuta crocuta; Serval, Leptailurus serval; Chat doré, Caracal aurata; Chacal, Canis adustus, etc.) ont été enregistrés par des caméras-piège installés dans le parc. Cependant la présence du lion, quoique toujours en discussion, n'a pas encore été indiscutablement confirmée jusqu'à présent dans le parc.

Habitat d'espèces rares et menacées d'extinction

Low Concern
Trend
Improving
Les populations de nombreuses espèces menacées ont connu un déclin spectaculaire depuis la fin des années 1970. L'utilisation de caméras-piège depuis 2015 a confirmé la présence d'éléphants dans le parc. Concernant cette espèce la collecte de données en 2018 a permis de confirmer une fois de plus que le Parc national de la Comoé et principalement ses formations forestières reste encore un lieu de vie pour des populations d’éléphants estimé à environ 80 individus. Cette valeur qui est relativement importante par rapport à l’estimation de 2017 se justifie par l’utilisation de nouveaux taux de production et de dégradation des crottes calculé pour le PNC dans le cadre d’une autre étude. Concernant les primates, Lapuente et al. (2017) confirmaient la présence de 10 espèces sur 14 initialement présentes lors de l'inscription. Il s'agit du chimpanzé, du babouin (Papio anubis), du patas (Erythrocebus patas), du mangabey à nuque blanche (Cercocebus lunulatus), du Cercopithèque de Lowe (Cercopithecus lowei), du pétauriste (Cercopithecus petaurista), du singe vert (Chlorocebus sabaeus), du galago de Demidoff (Galagoides demidoff), du galago du Sénégal (G. senegalensis) et de potto commun (Perodicticus potto). Pour les chimpanzés, à partir des dénombrements de nids sur les transects et de vidéos de cameras-pièges, Lapuente et al. (2017) ont trouvé des communautés de chimpanzés (estimées à un minimum de 54 individus dont 20 sevrés) bien structurées composées de toutes les classes de sexe / âge dans leurs blocs d'étude.
Concernant les grands prédateurs sur le site, la présence de lion (Panthera leo) n'a pas été confirmée après 2002, mais les léopards (Panthera pardus) et les hyènes tachetées (Crocuta crocuta) sont courants. Dans la rivière Comoé et dans la rivière Comoé et ses principaux affluents, le crocodile ouest-africain, Crocodylus suchus et le crocodile à museau mince C. cataphractos sont toujours présents (Lapuente et al., 2017). On retrouve régulièrement depuis quelques années dans le parc des oiseaux rares tels que la Cigogne épiscopale Ciconia episcopus, le Gobemouche de Cassin, (apperçu en 2019, après 20 ans (Salewski com. pers.). Un rapport préliminaire d'une visite au parc (2016-2017) par Selewski a remarqué que le nombre de vautours (principalement les vautours à dos blanc, mais aussi les vautours à noix de palme, les vautours à capuchon et les vautours à tête blanche) vus étaient étonnamment élevés avec un proportion élevée d'oiseaux immatures indiquant un bon succès de reproduction ces dernières années. L'observation d'une densité relativement élevée de vautours, avec un bon succès de reproduction va à l'encontre de la tendance décrite pour l'Afrique en général et l'Afrique de l'Ouest en particulier faisant du parc un refuge pour les vautours.

Grande diversité de plantes

Low Concern
Trend
Improving
La végétation du bien a souffert d'activités humaines illégales, en particulier le pâturage du bétail, l'agriculture, ainsi que les feux de brousse (WCF, 2010). Depuis 2014, des efforts importants ont été déployés pour contrôler les activités illégales.
Concernant la végétation, le parc contient une variété remarquable d’habitats et d’associations végétales typiques des savanes méridionales de l'Afrique de l'Ouest. Cette diversité de formation végétales entraine également une grande diversité d'espèces de plantes (Malan et al., 2017), même si cette diversité reste toujours peu étudiée et donc peu connue.
Assessment of the current state and trend of World Heritage values
Low Concern
Trend
Improving
La longue période de crise socio-politique dans le pays a eu de graves conséquences sur l'état du site. Les habitats avaient subi des altérations et des perturbations critiques dues aux activités humaines illégales, telles que le pâturage du bétail et l'agriculture, et les feux de brousse associés. L'inventaire aérien de 2010 a montré une très faible densité de nombreuses espèces de grands mammifères, y compris une densité extrêmement faible de chimpanzés et d'éléphants. L'état général des valeurs du site qui était critique s'améliore progressivement à l'évaluation des indicateurs de performance établis dans le plan d'aménagement et de gestion en cours (2015-2024).
Les résultats des l'inventaires aériens (2014 et 2016) indiquent que les pressions majeures comme la transhumance sont mieux contrôlées et que la plupart des espèces animales représentatives du parc sont toujours présentes et relativement abondantes.
Ceux de l'inventaire 2019 ne sont pas encore disponibles. Toutefois les inventaires pédestres réalisés régulièrement depuis 2015 grâce aux financements allemands concernant des groupes cibles tels que les grands carnivores, l'éléphant, etc., ainsi que des recherches indépendantes sur d'autres espèces telles que les chimpanzés, le buffle, les oiseaux, etc. indiquent un relatif état satisfaisant du bien. L'utilisation de caméras-piège depuis 2015 a confirmé la présence d'éléphants dans le parc et leur nombre a été estimé à un minimum de 80 individus pendant la saison sèche et 119 individus pendant la saison des pluies. Le nombre de chimpanzés vivant dans le parc est estimé à 150 individus, celui des hippopotames à 113 individus et celui des buffles à 1186 individus. Cependant la présence du lion et du lycaon, quoique toujours en discussion, n'a pas encore été indiscutablement confirmée jusqu'à présent dans le parc.
L'état général des valeurs du site peut désormais être considéré comme se rétablissant bien et de nouvelles améliorations devraient être possibles car la plupart des menaces ont été considérablement réduites grâce à divers efforts. En raison de la dynamique actuelle de rétablissement et surtout des progrès importants réalisés par l'État partie en ce qui concerne l'amélioration de son mécanisme de surveillance, l'application des lois, la participation active des communautés locales à la gestion du bien, ainsi que les mesures supplémentaires nécessaires prévues pour renforcer les capacités et techniques humaines pour lutter contre l'orpaillage, les valeurs du site sont actuellement évaluées comme de préoccupation mineures.

Informations complémentaires

Importance for research
Le site pourrait être un bon endroit pour expliquer l'importance de ces écosystèmes, leur conservation et leurs relations avec la vie quotidienne locale et nationale. Le retour de la stabilité et de la sécurité dans le parc a permis l'élaboration et la mise en œuvre de plusieurs programmes de recherche, notamment sur les primates, les termites et autres insectes sociaux, les oiseaux, etc. Plusieurs résultats de portée internationale ont même été fournis notamment dans le comportement des chimpanzés (Lapuente, 2017), des fourmis (Frank & Linsenmair, 2017a et b; Frank et al., 2018) et des termites (Elsner et al., 2018; Koné et al., 2018), faisant du bien un des écosystèmes les plus importants dans la sous-région.
Factors negatively affecting provision of this benefit
Climate change
Impact level - High
Trend - Increasing
la planification de plusieurs études dépend des prévisions météorologiques en partie. Or, dans un contexte de changement climatique, les saisons semblent être bouleversées. Toutefois, c'est aussi une opportunité d'observation de l'adaptation des espèces tant animales que végétales à ces changements.
Access to drinking water
La qualité et la quantité de l'eau sont l'une des principales préoccupations des communautés locales. Le parc n'est l'un des principaux outils de conservation des ressources en eau que si toutes ses valeurs naturelles sont maintenues.
Factors negatively affecting provision of this benefit
Climate change
Impact level - Moderate
Trend - Increasing
Pollution
Impact level - Moderate
Trend - Increasing
Habitat change
Impact level - Moderate
Trend - Continuing
l'utilisation de pesticides et d'herbicides pour l'entretien des plantations devient croissant. Ces herbicides impactent progressivement la qualité de l'eau. On constate un assèchement plus prolongé des petites rivières réduisant ainsi l'approvisionnement en eau.
Outdoor recreation and tourism
Le tourisme se développait lentement avant les troubles civils. Cette activité complémentaire à l'économie locale a repris après la longue crise socio-politique et s'améliore progressivement.
Provision of jobs
Dans le cadre de l’intégration du bien au processus de développement régional, 33 microprojets ont été mis en œuvre et la collaboration entre le parc et les conseils régionaux a été étendue aux deux conseils régionaux du Hambol et du Tchologo jusque-là restés en marge des activités du parc (rapport FPRCI, 2018).
Factors negatively affecting provision of this benefit
Habitat change
Impact level - High
Trend - Continuing
La fixation des terres environnant le parc par l'accroissement des plantations d'anacardier, couplé à l'accroissement démographique sont deux facteurs qui augmentent la pression foncière autour du parc, l'isolant un peu plus chaque année.  Pour une population essentiellement agricole, ceci amenuise les sources de revenus et amplifie les tensions sociales.
Les principaux bénéfices actuels pour les communautés locales se trouvent dans le développement socio-économique apporté par les actions spécifiques concernant la périphérie du parc. La rivière Comoé est l'un des 4 principaux fleuves de la Côte d'Ivoire et alimente la région d'Abidjan: tout changement dans le fonctionnement des écosystèmes du parc aura des effets sur la qualité et la quantité de l'eau à l'échelle locale et nationale. Le tourisme et la formation se développent progressivement, mais doivent être renforcés u vu des enjeux économiques actuels dans les régions périphériques au bien.
Organisation Project duration Brief description of Active Projects
1 OIPR, CRE Étude socio-économique sur le braconnage. L'objectif est d'analyser cette activité et de trouver des solutions pour atténuer ou stopper son impact sur la faune
2 UICN Espace Comoé –Côte d'Ivoire-Burkina Faso: Projet 3C Cogestion et Conservation des Corridors. L'objectif de ce projet est de trouver des solutions pour connecter la faune des différentes zones protégées de la région.
3 World Bank/GEF L'objectif du projet est d'aider la Côte d'Ivoire après une longue agitation civile à restaurer les capacités des aires protégées.
4 Development of an interpretation plan Le tourisme dans le parc serait un complément à l'économie locale mais devrait définir des zones d'observation et d'interprétation des valeurs naturelles.
5 GIZ /BMZ Promotion des filières agricoles et de la biodiversité (PROFIAB) Le programme PROFIAB II, exécuté au nom du BMZ, a pour objectif d‘appuyer les populations rurales dans l‘utilisation des potentialités économiques des ressources naturelles disponibles afin d’augmenter de manière significative leurs revenus issus de l’agriculture, tout en visant plus particulièrement la durabilité écologique, dans un contexte d’amélioration des conditions de conservation de la biodiversité dans les aires protégées.
6 AFD Projet de Conservation des Ressources Naturelles (CORENA) financé par l’Agence Française de Développement (AFD). Un volet important de ce projet a porté sur l’appui aux communautés riveraines du Parc national de la Comoé, par la réalisation de microprojets
7 UNIVERSITÄT WÜRZBURG Projets de recherche La recherche sur le terrain se concentre sur les domaines frontaliers de l'écologie, par ex. écophysiologie, écologie comportementale, chimique et évolutive. Ces recherches aident à renforcer les attributs du critère (ix) du bien car ils démontrent que le parc est un&nbsp;exemple éminemment représentatif de processus écologiques et biologiques en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d'animaux terrestres.&nbsp;
8 KfW/ Etat de Côte d'Ivoire Projet de Protection de la biodiversité du parc national de la Comoé. Démarré en janvier 2017, ce projet qui prend fin en 2020 a été financé par la Coopération financière allemande (KFW) et l’Etat de Côte d’Ivoire à hauteur de plus de 10 milliards de francs CFA. Il vise à assurer la gestion durable du PNC en étroite collaboration avec la population riveraine et d’autres partenaires locaux pour contribuer à la conservation de la biodiversité. La surveillance, le suivi écologique, l’appui à la population riveraine et la réalisation d’infrastructures constituent, entre autres, les axes majeurs de ce plan d’opérations 2017-2020.
9 NABU/BirdLife/BfN/BMU Projet AfriBiRds (African Biosphere Reserves as pilot sites for monitoring and conservation of migratory birds). Ce projet est une collaboration entre NABU et BirdLife, mis en place de décembre 2016 à août 2019 et est soutenu par l'Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature (BfN) avec des fonds du ministère fédéral allemand de l'environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire (BMU). Ce projet vise à développer et à mettre en œuvre un programme pilote de surveillance à long terme des populations d'oiseaux, y compris les migrateurs paléarctiques dans les réserves de biosphère africaines, en tant que modèle à répliquer dans d'autres réserves de biosphère et dans un paysage plus large
10 Nitidæ, Filières & territoires /UE PAP-Bio Comoé - Gestion durable, participative et intégrée des territoires périphériques du Parc National de la Comoé&nbsp;(2020 -2023) Ce projet a pour objectif général de promouvoir un développement économique endogène, inclusif et durable des zones périphériques du Parc National de la Comoé, principalement du Mont-Tingui. De façon spécifique, le projet intervient à trois niveaux : Au niveau régional :&nbsp;Renforcer la gestion concertée des ressources naturelles par la mise en place d’un dialogue structuré entre parties prenantes : institutions publiques, associations sectorielles, autorités traditionnelles, collectivités locales, secteur privé. Au niveau villageois :&nbsp;Accompagner les villages cibles dans l’élaboration et la mise en œuvre de Plans de Développement Locaux (PDL) harmonieux et inclusifs, s’appuyant sur des limites officielles. Au niveau des exploitations familiales :&nbsp;Améliorer la valorisation sociale et économique des ressources naturelles et humaines permettant une meilleure résilience des populations face aux changements climatiques.

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